IV. Quels examens faut-il faire ?
Le diagnostic d’EN est avant tout clinique : l’aspect et la localisation des lésions suffisent généralement à le reconnaître. Les examens sont ensuite réalisés pour tenter de déterminer sa cause précise.
L’étape la plus importante est l’interrogatoire : il recherche une infection récente (angine, diarrhée), une toux, de la fièvre, un amaigrissement, une prise de médicament, un voyage, une grossesse possible…
À partir de ces éléments, un bilan de base est utile dans la plupart des cas.
Il comprend généralement :
Une prise de sang avec une numération formule sanguine (analyse des cellules du sang), une mesure de l’inflammation (protéine C-réactive, dite CRP)
Un dosage des anticorps anti-streptocoque (antistreptolysines O, ou ASLO) et un prélèvement de gorge, à la recherche d’une infection à streptocoque
Une radiographie du thorax
Un test de grossesse chez toute femme en âge d’avoir des enfants
D’autres examens plus spécialisés peuvent être réalisés s’ils sont justifiés par les symptômes.
Lorsque le bilan de base est normal et qu’il n’existe aucun signe d’alerte, la recherche d’une maladie sous-jacente n’a généralement pas besoin d’être poussée plus loin.
La biopsie de la peau (prélèvement d’un fragment de peau examiné au microscope) est réservée aux cas atypiques. Lorsqu’elle est réalisée, elle doit être suffisamment profonde pour atteindre la graisse sous-cutanée.
Au microscope, l’érythème noueux se reconnaît à une inflammation des ‘cloisons’ qui séparent les lobules de graisse, sans inflammation de la paroi des vaisseaux.
V. Quels sont les traitements de l’EN2,3,7 ?
Le principe le plus important : traiter la cause lorsqu’elle est retrouvée. C’est elle qui guide la prise en charge, car soigner la maladie sous-jacente accélère la guérison des lésions de peau.
Ainsi, un médicament suspecté d’avoir déclenché l’érythème noueux sera arrêté et, si besoin, remplacé ; une infection sera traitée ; une maladie inflammatoire sera prise en charge.
Prise en charge spécifique des lésions d’EN : du repos et des antalgiques
L’érythème noueux guérit le plus souvent spontanément, en quelques semaines. Le traitement vise donc surtout à soulager la douleur et l’inconfort.
Il repose sur :
Le repos avec surélévation des jambes pour réduire la gêne et l’œdème. Le port de bas ou bandages de contention est préconisé.
Les antalgiques et/ou, dans certains cas, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont le traitement de première intention contre la douleur d’EN. Les AINS doivent toutefois être évités en cas de maladie inflammatoire de l’intestin et lors de certaines infections, car ils peuvent aggraver la maladie causale.
Lorsque les lésions persistent ou récidivent, d’autres traitements peuvent être proposés.