FAQ

Toutes vos questions sur la dermatologie

La peau au quotidien

La douche quotidienne n’est pas nécessaire pour tout le monde. Cela dépend de l’activité physique, de la transpiration et du type de peau. Une douche courte, avec une eau tiède et un produit lavant doux (nettoyant sans savon ou surgras), permet de limiter le dessèchement de la peau. En revanche, l’excès de lavage, et surtout l’utilisation répétée de produits lavants, peut fragiliser la peau.

Oui. Un lavage trop fréquent ou trop agressif, notamment avec des produits desséchants ou non adaptés, altère la barrière cutanée. Cela peut entraîner sécheresse, démangeaisons et inconfort. L’eau elle-même, surtout lorsqu’elle est trop chaude, contribue aussi au dessèchement de la peau.

Les savons classiques peuvent être trop décapants car ils enlèvent le film protecteur naturel (les lipides) qui protègent la peau. Cela favorise la sécheresse et l’irritation.
Les nettoyants sans savon ou surgras sont généralement mieux tolérés, en particulier pour les peaux sensibles ou sèches.

L’eau tiède est préférable. L’eau trop chaude dessèche la peau et peut aggraver les démangeaisons et l’irritation. Une douche tiède et courte est idéale pour préserver la barrière cutanée.

Cela dépend surtout du type de peau et d’éventuelles maladies de peau. En cas d’acné, un nettoyage matin et soir est souvent recommandé, avec des produits doux et non irritants.
À l’inverse, chez les personnes ayant une peau sèche ou de l’eczéma, multiplier les lavages peut aggraver la sécheresse. En pratique, le nettoyage du soir est généralement le plus important, notamment en cas de maquillage, de protection solaire ou d’exposition à un environnement pollué. 

C’est parfois possible mais ce n’est pas toujours recommandé. La peau du visage est plus fine et plus sensible que celle du corps.
Les produits pour le corps peuvent être trop agressifs pour le visage. Il est préférable d’utiliser un nettoyant spécifique visage, surtout en cas de peau sensible ou sèche.

La transpiration n’est pas mauvaise en soi : c’est un mécanisme normal de régulation de la température du corps.
En revanche, si elle stagne sur la peau, elle peut provoquer des irritations. Un rinçage ou une douche après une transpiration importante est généralement suffisant.

Oui, surtout chez les peaux sensibles ou sèches. Le frottement irrite et fragilise la barrière cutanée. Il est préférable de tamponner délicatement la peau avec une serviette.

Oui, c’est le moment idéal. L’eau hydrate temporairement la couche superficielle de la peau et la rend ainsi plus perméable, ce qui permet aux crèmes de mieux pénétrer et d’agir plus efficacement. 

Références :

  1. Leitenberger S, Simpson BM, Jacobson ME, Latour E, Simpson EL. Functional Skin Barrier Changes after Immersion Versus Showering and Impact of Petrolatum Application. Dermatitis. 2025 May-Jun;36(3):e317-e318. doi: 10.1089/derm.2024.0093. Epub 2025 Mar 21. PMID: 40117190.
  2. Idson B. Hydration and percutaneous absorption. Curr Probl Dermatol. 1978;7:132-41. PMID: 752449.

Si la peau ne présente ni sécheresse ni inconfort, l’hydratation n’est pas indispensable.
En revanche, dans de nombreuses maladies de peau (dermatite atopique, psoriasis…), l’hydratation quotidienne est essentielle pour améliorer l’efficacité des traitements et diminuer les démangeaisons et aider à renforcer la barrière cutanée.

Appliquer trop de crème n’est pas dangereux pour la santé, mais cela peut être désagréable et parfois irritant.
Des crèmes trop riches peuvent aussi favoriser l’obstruction des pores, notamment sur le visage, avec apparition de comédons.
La régularité est plus importante que la quantité.

Généralement oui. Une peau grasse n’est pas forcément bien hydratée. En cas d’acné, par exemple, la peau est souvent grasse mais reste déshydratée. En effet, le sébum (substance secrétée par les glandes présentes dans la peau et qui permet normalement qu’elle soit correctement hydratée) a une composition modifiée en cas d’acné et ne protège pas correctement la peau. Une hydratation adaptée, avec un produit non comédogène, c’est à dire ne provoquant pas d’acné, est essentielle, d’autant plus que les traitements de l’acné peuvent être irritants.

La différence tient à la composition et à la texture du produit, ce que l’on appelle en dermatologie ‘la galénique’.
Les lotions sont très fluides, adaptées aux peaux normales à grasses. Les laits sont riches en eau, les crèmes contiennent davantage de corps gras. Les baumes et cérats sont les plus riches, indiqués pour les peaux très sèches.
Le plus important reste de choisir une texture agréable pour soi pour pouvoir l’appliquer régulièrement.

Chez les peaux sensibles ou sujettes aux allergies, il vaut mieux limiter les changements afin d’éviter de nouvelles substances potentiellement allergisantes.
Dans tous les cas, il est préférable d’introduire un produit à la fois pour mieux identifier une éventuelle réaction.

Non, la peau ne “s’habitue” pas aux produits. Un soin qui convient bien peut être utilisé sur le long terme, c’est-à-dire pendant des années.
En revanche, de nombreux facteurs (climat, stress, maladies, traitements, mode de vie) peuvent modifier les besoins de la peau. Un produit efficace à un moment peut donc devenir moins adapté plus tard.

En l’absence de problème de peau particulier, ce n’est pas toujours nécessaire.
Cependant, en hiver, la peau est souvent plus sèche et fragile, nécessitant des soins plus riches. En été, des textures plus légères suffisent généralement.

Il existe plusieurs types de produits nettoyants :

  • Les savons classiques nettoient efficacement mais peuvent être desséchants. Ils enlèvent le film protecteur de la peau (notamment les lipides naturels de la peau) et sont parfois mal tolérés par les peaux sèches ou sensibles.
  • Les savons surgras contiennent des agents nourrissants ajoutés. Ils sont un peu moins desséchants que les savons classiques, mais restent des savons et peuvent ne pas convenir aux peaux très sensibles.
  • Les syndets (ou nettoyants sans savon) respectent mieux la barrière cutanée. Leur pH est proche de celui de la peau, ce qui les rend mieux tolérés. Ils sont souvent recommandés pour les peaux sensibles, sèches ou sujettes à l’eczéma.
  • Les huiles lavantes et les crèmes lavantes nettoient tout en apportant des lipides (corps gras). Ils sont particulièrement adaptés aux peaux sèches, atopiques ou sujettes aux démangeaisons.

Le choix du nettoyant dépend donc surtout du type de peau mais dans tous les cas un produit doux est toujours préférable à un nettoyage trop agressif.

La peau des enfants est parfois plus sensible aux irritants, notamment en cas de dermatite atopique (ou eczéma atopique), qui survient le plus souvent dans l’enfance.

Des produits doux et sans parfum sont donc recommandés, et les produits pour adultes ne sont pas toujours adaptés.

Oui, surtout pour les peaux sensibles.

Les parfums sont une cause fréquente d’irritation ou d’allergie.

C’est donc un bon choix, en particulier en cas de maladies de peau comme la dermatite atopique, et chez les personnes ayant une peau sensible ou réactive en général.

Cela signifie que le produit est conçu pour limiter le risque d’allergie, même si cela ne garantit pas un risque zéro.

Il s’agit d’une allégation cosmétique, c’est-à-dire d’une mention apposée par le laboratoire qui commercialise le produit, sans définition réglementaire stricte (tu ne te trompes pas).

Oui, elles sont relativement fréquentes.

Elles peuvent apparaître même après une longue utilisation, car la peau n’est pas allergique tant qu’elle n’a pas été exposée au produit responsable : l’allergie se développe au fil des applications, plus ou moins rapidement selon les cas.

Les parfums et les conservateurs sont le plus souvent en cause.

Oui, c’est possible. On peut devenir allergique à un produit utilisé depuis longtemps sans réaction auparavant. En réalité, l’allergie est un phénomène progressif : le corps se sensibilise peu à peu à une substance, puis un jour il réagit, même si tout allait bien jusque-là. Cette sensibilisation peut apparaître dès les premières utilisations, ou au contraire plusieurs mois, voire années, plus tard.

On ne sait pas toujours pourquoi la réaction survient à un moment précis, mais une peau fragilisée (irritation, sécheresse…) ou un changement de formule du produit peuvent favoriser son apparition. Dans de nombreux cas, aucune cause évidente n’est retrouvée.

C’est faux. La présence de mousse dépend surtout des agents moussants utilisés.

Un produit peut laver efficacement sans beaucoup mousser.

Oui, le froid a tendance à assécher la peau et à la rendre plus sensible.

Il réduit la production de sébum, cette substance naturelle qui protège la peau et l’aide à garder son hydratation. La peau devient alors plus sèche, peut tirailler ou picoter, et des gerçures peuvent apparaître, surtout sur les lèvres et les mains.

Chez certaines personnes, le froid peut aussi déclencher ou aggraver des problèmes de peau particuliers, notamment au niveau des doigts et des orteils (dans le cas des acrosyndromes). Le froid et l’humidité perturbent alors la circulation du sang, ce qui peut entraîner des rougeurs, des douleurs, et parfois des lésions sur la peau.

Maladies

Le plus souvent, le virus de l’herpès est responsable de lésions cutanéo-muqueuses au niveau buccal ou génital. Cependant, dans certains cas, il peut atteindre d’autres zones du corps. C’est par exemple le cas de l’herpès oculaire ou du panaris herpétique (infection par le virus HSV localisée au niveau d’un doigt). Dans certaines conditions, les lésions peuvent également atteindre d’autres régions du corps, comme lors d’une surinfection herpétique de lésions de dermatite atopique.

Les défenses de notre corps contre les agressions venant de l’extérieur, comme les virus, les bactéries et autres micro-organismes, forment ce que l’on appelle le système immunitaire. Normalement, ce système protège l’organisme et fait la différence entre ce qui est « étranger » et ce qui lui appartient.

Dans le cas d’une maladie auto-immune, ce système de défense se dérègle et se trompe de cible : il attaque par erreur une partie de notre propre corps, ici la peau. Dans certains cas, il s’attaque aux cellules responsables de la pigmentation de la peau, comme dans le vitiligo. Dans d’autres situations, il attaque les structures normales de la peau qui permettent aux cellules de rester attachées entre elles ou aux couches profondes de la peau, comme dans les maladies bulleuses auto-immunes (pemphigus et pemphigoïde), ou encore, dans d’autres cas, les follicules pileux, entraînant une chute de cheveux, comme dans la pelade.

Ces maladies ne sont pas contagieuses.

Non, toutes les maladies de peau ne sont pas forcément visibles. Certaines provoquent des signes évidents comme des plaques, des rougeurs, des boutons ou des squames. D’autres peuvent toucher des zones moins visibles, comme le cuir chevelu, les ongles ou les muqueuses (bouche, parties génitales). Il arrive aussi que les symptômes soient surtout des démangeaisons, des sensations de brûlure ou de douleur, sans lésion très apparente. Une maladie de peau peut donc être présente même si elle n’est pas immédiatement visible.

Oui et non. Certaines maladies de peau sont chroniques et peuvent durer longtemps, c’est-à-dire plusieurs années, avec des périodes d’amélioration et des poussées spontanées ou malgré les traitements médicaux. Cependant, de nos jours, la grande majorité des maladies dermatologiques disposent de traitements efficaces, et il est rare que les symptômes persistent toute la vie.

Une maladie génétique de la peau est liée à une anomalie des gènes, qui sont les ‘instructions’ contenues dans nos cellules et transmises par nos parents. Ces maladies sont souvent présentes dès la naissance ou apparaissent dans l’enfance, mais certaines peuvent se révéler plus tard. Elles ne sont pas contagieuses. Selon la maladie, elles peuvent rendre la peau plus fragile, modifier sa couleur, sa texture ou sa capacité à se protéger et à cicatriser.
Dans certaines situations, on parle plutôt de prédisposition génétique ou de terrain génétique. Cela signifie que les facteurs génétiques contribuent au risque de développer la maladie, mais qu’ils ne sont pas la seule cause. Leur présence n’indique pas forcément que la maladie se déclarera.

C’est une lésion de la peau qui n’est pas un cancer, mais qui peut évoluer vers un cancer si elle n’est pas prise en charge. Elle nécessite donc une surveillance médicale et parfois un traitement afin d’éviter cette évolution.

Un traitement néoadjuvant est un traitement administré avant la chirurgie. Utilisé en cancérologie, il vise à réduire la taille ou l’étendue de la tumeur, afin de faciliter l’intervention chirurgicale et d’améliorer les chances de succès du traitement.

Un traitement adjuvant est donné après le traitement principal, par exemple après une chirurgie. Son objectif est de diminuer le risque de récidive en éliminant d’éventuelles cellules restantes. Il vient compléter le traitement principal pour renforcer son efficacité.

C’est un traitement appliqué directement sur la peau, sous forme de crème, de pommade, de gel ou de lotion. Il agit principalement à l’endroit où il est appliqué.

C’est un traitement pris par voie orale, c’est-à-dire avalé, ou administré par injections. Il circule dans le sang et agit sur l’ensemble de l’organisme pour traiter la maladie.

C’est un traitement fabriqué à partir de substances issues du vivant. Il agit de manière ciblée sur certains mécanismes précis de l’inflammation.

C’est un traitement qui vise un mécanisme très précis de la maladie, comme une molécule ou une voie spécifique impliquée dans son développement, afin d’être plus efficace et mieux toléré.

C’est un traitement qui agit sur le système immunitaire en le stimulant ou en le modulant, afin de l’aider à mieux lutter contre la maladie, notamment certains cancers ou maladies inflammatoires.