5. Les traitements de la varicelle
Soins locaux
- Ne pas appliquer de produits sur la peau (talc, crème, pommade ou gel), en particulier ceux contenant des antibiotiques, antiviraux, anti-démangeaisons ou anesthésiants. Ces produits peuvent favoriser une infection des lésions en formant une couche occlusive sur la peau et peuvent aussi masquer les signes d’une surinfection.
- Prendre une douche une à deux fois par jour, avec de l’eau tiède et un produit lavant doux (type surgras, syndet ou huile lavante). Le lavage à l'eau et au savon est en effet préféré aux antiseptiques pour nettoyer les lésions (recommandions ANSM).
- Éviter les bains.
Les crèmes cicatrisantes contenant du sulfate de cuivre et sulfate de zinc peuvent aider à limiter la formation de croûtes, ce qui peut réduire le risque de cicatrices et d’infection.
Couper les ongles courts pour limiter le grattage (et éventuellement mettre des gants chez les jeunes enfants).
Traitements généraux
- Seul le paracétamol peut être utilisé en toute sécurité en cas de fièvre. L'ibuprofène et les autres AINS, suspectés d'augmenter le risque de surinfection bactérienne grave ou de varicelle nécrotique, sont contre indiqués. L'aspirine est elle aussi interdite en raison du risque de syndrome de Reye (complication rare mais très grave avec une atteinte sévère du foie et du cerveau).
- Pour prévenir les lésions de grattage, il sera proposé des antihistaminiques oraux.
- Antibiothérapie orale en cas de surinfection
L'aciclovir
L’aciclovir est un antiviral utilisé par perfusion (voie intraveineuse) dans les formes graves de varicelle :
- Chez la femme enceinte si la varicelle survient juste avant l’accouchement (dans les 8 à 10 jours)
- Chez le nouveau-né de 0 à 28 jours
- Chez le nouveau-né si la mère a déclaré une varicelle peu avant ou juste après l’accouchement
- Chez le bébé de moins de 1 an en cas de forme sévère
- En cas de varicelle compliquée, en particulier en cas d’atteinte des poumons ou du cerveau
- Chez les personnes dont les défenses immunitaires sont diminuées (personnes immunodéprimées)
Les immunoglobulines anti-VZV
En cas de contact avec une personne atteinte de varicelle, certaines personnes n’ayant jamais eu la varicelle et n’étant pas vaccinées présentent un risque élevé de développer la maladie, notamment sous une forme grave.
Ces personnes sont :
- Les personnes immunodéprimées,
- Les femmes enceintes non immunisées,
- Les nouveau-nés dont la mère a eu une varicelle pendant la grossesse ou au moment de l’accouchement.
Chez ces personnes, la vaccination immédiate n’est généralement pas possible (elle est contre-indiquée).
Dans ce cas, il est possible d’administrer dans les 96 heures (4 jours) suivant le contact des immunoglobulines anti-VZV.
Ces immunoglobulines sont des anticorps spécifiquement dirigés contre le virus de la varicelle. Elles permettent de réduire le risque de développer la varicelle et, surtout, de diminuer le risque de complications graves, notamment chez la femme enceinte et le nouveau-né. Elles réduisent également fortement le risque de transmission du virus au bébé pendant la grossesse.
La vaccination
Source : Vaccination-info-service.fr ; Santé publique France ; Novembre 2025
En France, la vaccination généralisée contre la varicelle n'est pas recommandée de façon systématique.
Elle est contre indiquée chez la femme enceinte.
La vaccination contre la varicelle est recommandée uniquement :
- En post-exposition : dans les 3 jours suivant le contact avec une personne présentant une éruption de varicelle, pour les adolescents et les adultes (à partir de l’âge de 12 ans) immunocompétents sans antécédents de varicelle (ou dont l’histoire est douteuse). Le contrôle de la sérologie avant la vaccination étant facultatif (pour respecter le délai de vaccination post-exposition) ;
- Pour les adolescents de 12 à 18 ans, n’ayant pas d’antécédents cliniques de varicelle ou dont l’histoire est douteuse. Un contrôle sérologique préalable peut être pratiqué dans ce cas
- Pour les femmes en âge de procréer, notamment celles qui ont un projet de grossesse, et n’ayant pas d’antécédent clinique de varicelle ; un contrôle sérologique préalable peut être pratiqué dans ce cas ;
- Pour les femmes, n’ayant pas d’antécédents cliniques de varicelle (ou dont l’histoire est douteuse), dans les suites d’une première grossesse ;
- Pour les personnes immunocompétentes suivantes, sans antécédents de varicelle (ou dont l’histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative :
- Professionnels de santé;
- À l’entrée en première année d’études médicales et paramédicales ;
- En rattrapage pour l’ensemble du personnel de santé, en priorité dans les services accueillant des sujets à risque de varicelle grave (immunodéprimés, gynéco-obstétrique, néonatologie, pédiatrie, maladies infectieuses) ; les sujets vaccinés doivent être informés de la nécessité d’une éviction de dix jours en cas de rash généralisé ;
- Tout professionnel en contact avec la petite enfance (crèches et collectivités d’enfants notamment) ;
- Toute personne en contact étroit avec des personnes immunodéprimées ; les personnes vaccinées doivent être informées de la nécessité, en cas de rash généralisé, d’éviter pendant dix jours les contacts avec des personnes immunodéprimées ;
- Chez les personnes en attente de greffe, dans les six mois précédent une greffe d’organe solide, sans antécédents de varicelle (ou dont l’histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative, avec deux doses à au moins un mois d’intervalle.
info À retenir
Chez les adolescents et les adultes qui n’ont jamais eu la varicelle, ou en cas de doute sur les antécédents, la vaccination contre la varicelle doit être envisagée, car la maladie peut être plus sévère lorsqu’elle survient à l’âge adulte.
L'efficacité vaccinale a été estimée : Pour le schéma à 2 doses espacées de quatre à huit semaines, l'efficacité vaccinale est de 92% pour la prévention de toute forme de varicelle.
6. Les traitements du Zona
Le traitement du zona associe des mesures d'hygiène pour éviter la surinfection des lésions, la prise en charge éventuelle de la douleur et un traitement antiviral dans certains cas.
Soins locaux
Pour prévenir la surinfection des lésions, une douche ou un bain à l'eau tiède avec un savon surgras, sans antiseptique, est recommandé une ou deux fois par jour.
Aucun autre produit (talc, pommade, etc.) ne doit être appliqué sur les lésions.
Traitement de la douleur
Les antalgiques classiques (paracétamol) sont classiquement utilisés à la phase aiguë de l’éruption.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène par exemple) et l'aspirine sont contre-indiqués en raison du risque de complications infectieuses cutanées potentiellement graves.
Traitement antiviral
Les médicaments antiviraux sont habituellement réservés aux personnes à risque de développer des douleurs post-zona et aux formes compliquées. Pour être pleinement efficaces contre les complications, ils doivent être pris dans les trois premiers jours (72 heures) suivant l'éruption des vésicules.
- Traitement antiviral par voie orale
Les personnes ayant une indication à un traitement antiviral par voie orale sont :
- Les personnes âgées de plus de 50 ans
- Les personnes de moins de 50 ans ayant un risque de développer des douleurs post-zostériennes (gravité de l'éruption, intensité des douleurs de la phase éruptive, présence de prodromes algiques plusieurs jours avant l’éruption)
- Les personnes ayant un zona ophtalmique
Le traitement habituellement prescrit est un antiviral par voie orale à prendre pendant 7 jours.
- Traitement antiviral par voie intraveineuse
Chez l'immunodéprimé, le traitement est l’aciclovir par perfusion (voie intraveineuse) en hospitalisation.
Traitement des douleurs post-zostériennes
Les douleurs post-zona sont liées à une irritation des nerfs, et peuvent être difficiles à soulager avec les médicaments antidouleur classiques (comme le paracétamol ou même les médicaments plus forts).
Dans ce cas, certains traitements utilisés habituellement pour calmer les douleurs nerveuses peuvent être prescrits.
Il existe aussi des patchs à base de lidocaïne, un anesthésique local, qui peuvent aider à diminuer la douleur sur la zone touchée.
Le vaccin Zona
(Source : Vaccination-info-service.fr ; Santé publique France ; Novembre 2025)
Depuis 2024, le vaccin Shingrix® est recommandé et remboursé par l’Assurance Maladie pour la vaccination des personnes immunodéprimées de 18 ans et plus et de tous les adultes de 65 ans et plus.
Le vaccin contre le zona peut être proposé chez les personnes adultes, qu'elles aient déjà eu la varicelle ou non, pour diminuer le risque de zona et surtout le risque de douleurs de douleurs post-zona.
Le schéma classique consiste en deux doses de vaccin à deux mois d'intervalle.
En raison du manque de données, il est préférable de ne pas utiliser Shingrix® pendant la grossesse.
7. Éviction des collectivités en cas de Varicelle
Bien que l'éviction ne soit pas obligatoire jusqu'à guérison clinique (c’est-à-dire la disparition des croûtes), la fréquentation d'une collectivité n'est pas souhaitable à la phase aiguë de la maladie. Il est nécessaire d’informer le personnel et les familles de la présence de cas dans la collectivité. Les enfants immunodéprimés, femmes enceintes et adultes n'ayant pas eu la maladie (sérologie négative) doivent consulter rapidement un médecin s'ils ont été en contact avec le malade.