Quels examens faire ?

Le diagnostic d’EP repose avant tout sur l’examen clinique : c’est l’aspect des lésions (les fameuses cocardes/lésions en cible), leur répartition symétrique aux extrémités et l’interrogatoire qui permettent de le reconnaître. 

Aucun examen de laboratoire n’est indispensable dans les formes simples.

L’interrogatoire et l’examen

Le médecin recherche une infection récente notamment respiratoire, un épisode d’herpès et précise la forme et l’évolution des lésions. Il examine toutes les muqueuses, évalue la capacité à boire et à s’alimenter, et vérifie l’état respiratoire à la recherche d’une atteinte pulmonaire.

Les examens complémentaires, surtout dans les formes sévères, notamment pour déterminer l’infection causale 

Lorsque la maladie est sévère, plusieurs examens peuvent être proposés :

  • Une radiographie du thorax et un bilan sanguin de base

  • Une recherche du virus de l’herpès

  • Une recherche de Mycoplasma pneumoniae

  • Une recherche d’autres infections selon le contexte 

Une biopsie de la peau ou d’une muqueuse atteinte (prélèvement d’un petit fragment examiné au microscope) n’est pas systématique. Elle est utile en cas de doute, pour écarter d’autres maladies de la peau, notamment lorsque seule la bouche est atteinte.

Quels sont les traitements1,6 ?

Le traitement repose sur deux principes : soulager les symptômes (soins de confort) et, lorsque c’est possible, traiter la cause. Comme la maladie guérit le plus souvent seule, les soins visent surtout à améliorer le confort et à éviter les complications.

Le traitement de la cause

Un antibiotique de la famille des macrolides est généralement prescrit en cas d’infection à Mycoplasma pneumoniae alors qu’un traitement antiviral est utilisé en cas d’herpès. 

À noter qu’au moment d’une poussée liée à l’herpès, l’antiviral ne raccourcit pas l’épisode en cours : il est surtout utile en prévention des récidives.

Le traitement des lésions d’EP : La première poussée

  • Les soins de confort comprennent des antidouleurs adaptés à l’intensité de la douleur et des médicaments contre la fièvre. 

  • Sur la peau, l’application d’un corps gras (type vaseline) et, parfois, de crèmes à base de cortisone peut être proposée. 

  • Pour la bouche, on utilise des bains de bouche antiseptiques et antalgiques. Un gel ou une solution anesthésiante peut aussi être prescrit, notamment pour soulager la douleur au moment des repas, mais toujours selon les modalités indiquées par le médecin car ces produits anesthésiants nécessitent des précautions d'emploi.

  • Pour les yeux, un avis ophtalmologique est nécessaire et le traitement repose généralement sur des soins locaux, comme des larmes artificielles sans conservateur et une pommade à la vitamine A.

  • Une hospitalisation est nécessaire en cas d’amaigrissement, d’impossibilité de s’alimenter, d’atteinte sévère des muqueuses ou d’atteinte respiratoire.

Le traitement des lésions d’EP récidivantes

Lorsque les poussées se répètent, le traitement de première intention est un antiviral pris en continu pendant au moins six mois. C’est le seul traitement dont l’efficacité a été démontrée par un essai comparé à un placebo : l’aciclovir en continu réduit nettement le nombre de poussées. Le traitement est en général poursuivi un à deux ans avant d’être interrompu prudemment1,7,8.

En cas d’échec des antiviraux, d’autres médicaments peuvent être essayés, mais leur prescription nécessite un avis spécialisé.

Le traitement des lésions d’EP persistantes

Les formes persistantes sont les plus difficiles à traiter. Des traitements ciblant l’inflammation ont donné des résultats encourageants dans des cas isolés, mais doivent encore être confirmés. Ces situations relèvent d’un avis dermatologique spécialisé.