Quelles sont les causes de l’érythème polymorphe1,3 ?
Dans environ neuf cas sur dix, l’érythème polymorphe est déclenché par une infection. Identifier la cause est important, car cela oriente la prise en charge.
Les infections, principales responsables
Le virus de l’herpès (HSV) : c’est la cause la plus fréquente chez l’adulte. L’éruption survient souvent dans les jours qui suivent une poussée d’herpès, par exemple dans les suites de l’apparition d’un ‘bouton de fièvre’ sur la lèvre. L’herpès est aussi la cause de la grande majorité des formes qui récidivent.
La bactérie Mycoplasma pneumoniae : deuxième cause la plus fréquente, en particulier chez l’enfant et l’adulte jeune. Cette infection respiratoire donne volontiers une atteinte cutanée plus étendue, avec davantage de lésions des muqueuses. Elle doit être recherchée dès que les symptômes sont évocateurs car elle nécessite un traitement antibiotique spécifique du Mycoplasme.
D’autres infections : de nombreux virus peuvent être en cause : le virus de la mononucléose, le cytomégalovirus (CMV), hépatites, varicelle, et plus récemment le SARS-CoV-2 responsable de la COVID-19, ainsi que d’autres agents infectieux plus rares.
Les vaccins : cause rare chez l’adulte et l’enfant, mais qui devient le principal déclencheur dans les rares cas survenant chez le nourrisson.
Les cas sans cause retrouvée
Chez une partie des patients, aucune cause n’est identifiée : on parle alors d’érythème polymorphe idiopathique. On pense toutefois que beaucoup de ces cas sont liés à une infection herpétique passant inaperçue : c’est d’ailleurs suggéré par le fait qu’un traitement antiviral préventif suffit souvent à espacer les poussées chez ces patients.
Les médicaments, une cause très discutée1,4,5
On a longtemps attribué certains EP à des médicaments. Cette responsabilité est aujourd’hui très controversée. En réanalysant les cas publiés comme EP médicamenteux, on s’est aperçu que la majorité correspondait en réalité à d’autres diagnostics. Une étude française de pharmacovigilance a conclu que seuls 6 % environ des cas signalés correspondaient probablement à un véritable érythème polymorphe dû à un médicament.
à Autrement dit, lorsqu’un médicament semble en cause, il faut surtout se demander s’il ne s’agit pas d’une autre maladie. Dans la conception française, l’érythème polymorphe reste avant tout une maladie d’origine infectieuse.
info Le mécanisme d'apparition des lésions
On peut se demander pourquoi un bouton d’herpès situé, par exemple, sur la lèvre peut ensuite provoquer des lésions sur les mains ou les pieds, là où le virus n’est pourtant pas présent.
En réalité, les lésions d’érythème polymorphe ne sont pas directement infectées par l’agent infectieux déclencheur. Après l’infection, de très petits fragments provenant du virus ou de la bactérie peuvent circuler dans le sang et atteindre la peau à distance. Le système immunitaire les reconnaît alors comme étrangers et déclenche une réaction inflammatoire, responsable de l’apparition des lésions en cocarde.
L’érythème polymorphe n’est donc pas une infection de la peau, mais une réaction du système immunitaire déclenchée à distance par une infection.