II. Les causes
Pour mieux comprendre les infections bactériennes de la peau, il est important de connaître le rôle protecteur de la peau et ses moyens de défense.
La peau sépare notre organisme du milieu extérieur. Elle héberge en permanence des micro-organismes :
- Des bactéries (corynebactéries, staphylocoques blancs).
- Des virus.
- Des parasites et des champignons.
Ces micro-organismes constituent le microbiome, et qui nous protègent des agents infectieux indésirables.
La peau dispose de plusieurs moyens naturels pour nous protéger contre les microbes, grâce à :
- Une protection mécanique : la peau forme une barrière solide. Les cellules de la couche superficielle sont bien soudées entre elles, ce qui empêche les microbes de pénétrer.
- Une protection chimique :
- La peau a un ph légèrement acide (autour de 5,5), peu favorable au développement des bactéries,
- Le sébum aide à empêcher les microbes d’adhérer à la peau,
- Certaines substances naturelles présentes à la surface de la peau peuvent attaquer et détruire les bactéries.
- Une protection biologique :
- La peau est naturellement habitée par des microbes “amis” (le microbiome) qui empêchent les microbes dangereux de s’installer,
- Elle possède aussi un système immunitaire local, avec des cellules de défense qui s’activent rapidement en cas d’infection.
Lorsque cette protection naturelle de la peau est fragilisée, les bactéries peuvent plus facilement pénétrer et provoquer une infection.
Cela peut arriver par exemple en cas de petites blessures de la peau, de modification du pH, ou lorsque la peau devient trop sèche, notamment si son film protecteur naturel est altéré.
III. Quels examens ?
Dans de nombreux cas d’infections bactériennes de la peau, aucun examen n’est nécessaire.
- Lorsque l’impétigo est peu étendu ou localisé, il n’est généralement pas utile de faire un prélèvement, car le diagnostic est clinique et le traitement est bien connu.
- Dans les formes plus graves ou étendues d’impétigo, un prélèvement peut être réalisé directement sur les lésions actives (présence de pus ou de liquide provenant d’une bulle), afin d’identifier la bactérie responsable.
- En cas de furoncle isolé : il n’est pas nécessaire de réaliser un prélèvement.
- Dans le cas de furoncle compliqué ou récidivant, un prélèvement du pus est recommandé avant de débuter un traitement antibiotique, afin d’adapter au mieux la prise en charge.
- Dans le cas d' abcès ou de panaris : un prélèvement du pus est habituellement réalisé
- Dans le cas de l’érysipèle : lorsqu’il n’existe pas de complication particulière ni de situation à risque, aucun examen bactériologique n’est nécessaire.
- Pour les formes très graves d’infection profonde de la peau (comme les dermohypodermites bactériennes nécrosantes ou les fasciites nécrosantes) : aucun examen n’est réalisé en ville, afin de ne pas retarder la prise en charge. Ces situations nécessitent une hospitalisation en urgence.