5. Causes et facteurs de risque de l'insuffisance veineuse chronique
L’insuffisance veineuse chronique correspond à un mauvais retour du sang dans les veines des jambes. Normalement, les veines contiennent de petites “valves”, sortes de clapets, qui empêchent le sang de redescendre vers les pieds. Quand ces clapets fonctionnent moins bien, soit parce qu’ils ont été abîmés, par exemple après une phlébite, soit parce que les veines se sont trop dilatées, le sang a tendance à stagner et à redescendre dans les jambes au lieu de remonter correctement vers le cœur. Cela augmente progressivement la pression dans les veines.
Avec le temps, cette pression trop élevée dilate les veines superficielles, qui peuvent alors devenir visibles et former des varices. Elle favorise aussi la sortie de liquide hors des vaisseaux vers les tissus, ce qui peut provoquer un gonflement des jambes, surtout en fin de journée. Parfois, des globules rouges s’échappent eux aussi à travers la paroi des veines. En se dégradant, ils laissent dans la peau un pigment brunâtre, à l’origine de la coloration foncée que l’on appelle dermite ocre.
Les facteurs qui favorisent l'insuffisance veineuse chronique sont nombreux :
La génétique joue un rôle majeur : la faiblesse de la paroi veineuse se transmet dans les familles, et avoir deux parents atteints d’IVC augmente considérablement le risque.
L'âge (dés 30 ans…) fragilise progressivement les tissus veineux.
Le sexe féminin est un facteur de risque en raison de l'effet des hormones féminines sur la distensibilité veineuse, particulièrement pendant les grossesses et sous certaines pilules contraceptives.
La sédentarité prive les veines du bénéfice de la pompe musculaire du mollet, indispensable au retour veineux.
La station debout ou assise prolongée, sans que les muscles se contractent, aggrave la stase veineuse.
Le surpoids augmente la pression intra-abdominale et gêne le retour veineux.
L'exposition fréquente à la chaleur dilate les veines et aggrave les symptômes.
Enfin, un antécédent de phlébite peut laisser des séquelles valvulaires durables.
6. Quels examens réaliser ?
Le diagnostic d'insuffisance veineuse chronique repose d'abord sur un examen clinique soigneux, réalisé par un médecin. Le médecin observe l'aspect des jambes debout et allongé, palpe les zones suspectes, recherche un œdème, de troubles cutanés évocateurs et la présence de varices.
L'échographie doppler veineux
L'examen de référence pour cartographier l'insuffisance veineuse est l'échographie doppler veineuse des membres inférieurs. Cet examen non invasif et indolore combine l'échographie, qui visualise les veines en temps réel, et le doppler, qui analyse la direction et la vitesse du flux sanguin dans les vaisseaux.
Il permet de distinguer l'atteinte du réseau superficiel de celle du réseau profond, de détecter un reflux ou une obstruction, et de localiser précisément les veines en cause.
L'échographie doppler est indispensable avant toute décision de traitement interventionnel (chirurgie, laser, sclérothérapie). Elle est réalisée par un angiologue ou un radiologue vasculaire, en position debout pour que les veines soient bien remplies.
Y a-t-il d'autres examens ?
Dans la grande majorité des cas, l'examen clinique et l'échographie doppler suffisent à poser le diagnostic et à guider le traitement. Des examens complémentaires plus spécialisés (phlébographie etc.) peuvent être nécessaires dans des situations complexe.