5. Les malformations veineuses 

Elles sont plus rares. Elles se présentent comme une ou plusieurs tuméfactions bleutées ressemblant à des varices qui augmentent de volume lors des efforts, en position debout prolongée ou par temps chaud.

Elles peuvent devenir douloureuses lors d’épisodes de thromboses, qui correspondent à la formation d’un petit caillot dans une veine au sein de la malformation. Ces thromboses sont superficielles sans risque de phlébite ou d’embolie pulmonaire. 

Le traitement des malformations veineuses est souvent complexe. Lorsqu’elles sont petites, bien limitées et accessibles, un traitement chirurgical complet peut parfois être proposé. Le plus souvent, cependant, il n’est pas possible de les faire disparaître totalement.

La prise en charge repose alors sur des traitements partiels, comme la sclérothérapie (injection d’un produit dans la veine pour la faire se rétracter) et/ou des interventions chirurgicales limitées, dans le but de diminuer le volume, la douleur ou la gêne.

6. Les malformations artérioveineuses

Les malformations artério-veineuses sont les anomalies vasculaires les plus rares et les plus complexes. Elles correspondent à une connexion anormale entre des artères et des veines, sans passer par les petits vaisseaux intermédiaires qui existent normalement pour relier ces deux types de vaisseaux sanguins. Cela entraîne une circulation du sang trop rapide et mal régulée dans la zone concernée.

Chez l’enfant, ces malformations peuvent rester longtemps peu visibles. On parle alors d’un stade dit « dormant ». À ce stade, elles peuvent parfois ressembler à un angiome plan, c’est-à-dire à une tache rose, rouge ou violacée, plane ou avec très peu de relief.

Certains signes doivent toutefois alerter. Il peut s’agir d’une chaleur anormale au niveau de la lésion, ou d’une augmentation de taille inhabituelle. Contrairement à l’angiome plan, qui grandit simplement en même temps que l’enfant et de façon proportionnelle à sa croissance, la malformation artério-veineuse évolue par elle-même : elle peut s’étendre plus rapidement, devenir plus épaisse ou plus étendue que ce que l’on attendrait avec la croissance normale de l’enfant.

C’est le plus souvent à la puberté que la malformation artério-veineuse évolue plus rapidement et devient plus visible. Son évolution au cours de la vie est imprévisible, notamment pendant les grossesses. Elle peut progressivement envahir les tissus voisins, comme la peau, les muscles et parfois même les os.

Le traitement est difficile et nécessite une prise en charge dans des centres spécialisés. Il repose sur le travail d’une équipe multidisciplinaire expérimentée, associant dermatologues, radiologues interventionnels et chirurgiens, afin d’adapter au mieux la stratégie thérapeutique à chaque situation.

7. Quelques anomalies vasculaires fréquentes et banales

  • Les angiomes stellaires sont de petites anomalies ou les vaisseaux sont disposés en étoile. Ils sont fréquents à la partie supérieure du corps, en particulier chez les enfants et les femmes, surtout lors de la grossesse. S'ils deviennent gênants esthétiquement et qu’ils ne disparaissent pas spontanément, un traitement par laser ou électrocoagulation peut être proposé.
  • Les botriomycomes, aussi appelés bourgeons charnus, apparaissent souvent sur des zones fragilisées ou traumatisées (ongle incarné, petite blessure etc.), mais peuvent aussi survenir spontanément. Ils ressemblent à une petite boule rouge, parfois très vascularisée, qui peut saigner facilement. Leur traitement repose sur l’ablation et/ou l’électrocoagulation. 
  • Les lacs veineux des lèvres sont fréquents après 60 ans. Ils ressemblent à une petite varice bleu violacé sur la lèvre. Ils sont bénins et ne nécessite pas de prise en charge. En cas de gêne esthétique importante, un traitement par laser peut être proposé s’ils sont petits, sinon une ablation chirurgicale peut être discutée. 
  • Les angiomes rubis aussi appelés taches rubis, sont très fréquents après 40 à 50 ans. Ce sont de petites excroissances rouges, de quelques millimètres, sans gravité. Ils augmentent souvent en nombre avec l’âge. Un traitement par laser est possible pour des raisons esthétiques. 
  • Les angiokératomes sont plus foncés que les angiomes rubis. Ils apparaissent sous forme de petites lésions rouge foncées, violacées ou brunâtres. Lorsqu’ils apparaissent après 60 ans, notamment sur les organes génitaux, ils sont le plus souvent bénins et sans conséquence.

En revanche, l’apparition d’angiokératomes multiples et précoces, avant l’âge de 20 ans, doit faire évoquer une maladie génétique rare appelée maladie de Fabry, qui nécessite un avis médical spécialisé.