1. La gale, à quoi ça ressemble ?

On distingue plusieurs formes de gale :

  • La gale classique
  • La gale de l’enfant et du nourrisson
  • La gale sévère : qui comprend la gale hyperkératosique et la gale profuse
  • Les formes compliquées : gale eczématisée, gale surinfectée

Le diagnostic de la gale est avant tout clinique, il est fait par l'examen du patient par le médecin.

Le principal symptôme est l’existence de démangeaisons (prurit) chroniques, quasi permanentes, et plus importantes la nuit. La notion de prurit chez les proches et dans l'entourage, peut orienter le diagnostic.

1. Les lésions spécifiques de la gale, liées à la présence du parasite dans la peau

Dans la forme classique de la gale le nombre de parasite dans la peau est faible et les lésions spécifiques ne sont alors pas toujours présentes. 

Elles sont à rechercher avec attention :

  • Les sillons :
    Ce sont des lésions de quelques millimètres, en forme de lignes fines et sinueuses, dues au trajet du parasite dans la couche superficielle de la peau (la couche cornée de l’ épiderme). Ils sont souvent discrets et parfois difficiles à voir à l’œil nu.
  • Les vésicules perlées :
    Il s’agit de petites surélévations de la peau, parfois décrites comme de minuscules « cloques », de la taille d’une tête d’épingle. Elles correspondent au point d’entrée du parasite dans la peau et constituent ainsi le point de départ du sillon.

C’est au niveau de l’extrémité des sillons, à l’opposé des vésicules perlées, que l’on a le plus de chances d’observer le parasite. Cette observation se fait à l’aide d’un dermatoscope, un instrument médical ressemblant à une loupe éclairée, qui grossit environ 10 fois la surface de la peau. Le parasite responsable de la gale, appelé sarcopte, est invisible à l’œil nu. En revanche, une partie de son corps peut parfois être visualisée au dermatoscope : c’est ce que l’on appelle le signe du deltaplane.

info Le signe du deltaplane

Lors de l’examen de la peau avec un dermatoscope, il est parfois possible de visualiser le parasite responsable de la gale sous la forme d’un petit triangle noir ou brun foncé.

Cet aspect rappelle un deltaplane ou un chapeau chinois, ce qui est très caractéristique de la gale et permet de confirmer le diagnostic. Une recherche négative n’élimine cependant pas le diagnostic, en particulier lorsque le nombre de parasites est faible.

2. Les lésions cutanés liées au grattage

Ce sont en réalité les lésions cutanés les plus fréquentes. Elles ne sont pas spécifiques car elles sont surtout liées au grattage et et à la réaction de la peau à la présence du parasite. Elles peuvent prendre différents aspects : stries linéaires, griffures, petites croûtes, plaques de rougeur, zones de peau sèche ou irritée. 

3. Les lésions cutanés liées à la réaction de la peau à la présence du parasite (dites immuno-allergiques)

Les nodules scabieux sont des lésions en relief, rouges ou violacées, en forme de petits dômes de plusieurs millimètres, voire centimètres. Ils sont fréquents, en particulier au niveau des organes génitaux, notamment des bourses chez l’homme, mais peuvent aussi toucher d’autres zones. Ces lésions sont liées à une réaction immuno-allergique de l’organisme face au parasite et peuvent persister plusieurs semaines, voire plusieurs mois, même après un traitement efficace de la gale.

Les papules urticariennes sont de petites lésions rouges ou roses, en relief, qui démangent souvent beaucoup). Elles sont liées à la réaction allergique de la peau à la présence du parasite.

info La localisation des lésions

La topographie de ces lésions spécifiques et non spécifiques est évocatrice du diagnostic, quand elles se situent au niveau des espaces interdigitaux (entre les doigts), de la face antérieure des poignets, au niveau des coudes, des aisselles, des fesses, du nombril, de la face interne des cuisses, au niveau des organes génitaux notamment chez l’ homme, et des mamelons des seins chez la femme. Le cuir chevelu peut aussi être atteint.

Le dos et le visage sont habituellement épargnés en cas de gale classique chez l’adulte.

En revanche chez l’enfant et dans les formes sévères le visage peut atteint.

La gale est une maladie contagieuse. 

La transmission est dans la plupart des cas directe, entre humains, par contacts étroits de la peau. Pour avoir lieu, la transmission nécessite des contacts directs, prolongés ou répétés, tels qu’ on les rencontre au sein d'un couple ou d'une famille. Du fait de la possible contamination pendant les rapports sexuels, la gale est aussi considérée comme une infection sexuellement transmissible (IST). La transmission indirecte par les vêtements ou la literie est possible mais beaucoup plus rare, sauf dans les formes hyperkératosiques.

La gale dite « des gens propres », est de diagnostic souvent difficile en raison de la rareté des lésions, il faut y penser devant des démangeaisons chroniques diffuses persistantes.

La gale profuse ou étendue se caractérise par des lésions plus nombreuses et par une extension des lésions à l'ensemble du corps. On retrouve ainsi des lésions cutanées dans le dos. Elle est souvent liée à un diagnostic tardif, à des traitements inadaptés, ou à la présence d'un terrain immunitaire défavorable, avec une immunité diminuée.

Les formes particulières 

La gale de l’enfant et du nourrisson 

Chez le tout petit enfant, la gale peut revêtir un aspect trompeur avec, en particulier, une atteinte du visage, des nodules scabieux autour des aisselles, et des vésicules perlées (petites cloques à liquide clair) ou pustules (petites cloques à liquide trouble) des paumes des mains et des plantes des pieds.

La gale hyperkératosique 

Elle survient dans un contexte particulier d’ immunodépression (baisse des défenses naturelles, secondaire à une maladie), ou chez des sujets âgés vivant en collectivité. Tout le corps est atteint y compris le visage, le cuir chevelu, les ongles. Il existe une érythrodermie (rougeur diffuse de tout le corps) avec des lésions hyperkératosiques, ce qui signifie que la couche cornée de la peau est très épaissie avec des squames, et des croûtes, et ce de façon très étendue. Fait important, le prurit peut être absent ou modéré. Beaucoup moins fréquente que la gale commune, il s'agit d'une gale extrêmement contagieuse avec des milliers de parasites dans la peau. Parfois la gale hyperkératosique est limitée à un segment de peau.

Gale hyperkératosique

Les gales compliquées

Les lésions de gale peuvent être surinfectées, en particulier par du staphylocoque (une bactérie colonise secondairement la peau atteinte par le parasite de la gale). On parle alors d'impétiginisation des lésions. 

Un eczéma peut également survenir secondairement à la gale, chez les personnes à peau sèche, et/ou par intolérance au traitement.

La gale animale

Il existe aussi des gales chez les animaux, causées par d’autres types de parasites (par exemple chez le chien ou le mouton). Ces parasites peuvent parfois provoquer des démangeaisons chez l’être humain, mais ils ne peuvent pas se transmettre d’une personne à une autre. On parle d’impasse parasitaire : le parasite ne survit pas durablement sur la peau humaine et l’infestation s’arrête d’elle-même.