Les traitements les verrues
Une guérison spontanée le plus souvent en quelques mois
L'impossibilité d'éradiquer le virus de façon définitive explique la fréquence des récidives et parfois le sentiment de découragement éprouvé devant des traitements perçus comme insuffisamment efficaces.
La disparition spontanée des lésions dans les 2 ans peut justifier l'abstention thérapeutique si le préjudice esthétique est accepté par le patient.
Les verrues cutanées régressent le plus souvent spontanément dans les 2 ans. Dans certains cas, les lésions peuvent persister plusieurs années, chez l'enfant comme chez l'adulte, sans autre conséquence qu'un préjudice esthétique, principal facteur motivant le recours à un traitement qui reste à ce jour purement symptomatique.
En effet, aucun traitement ne permet aujourd'hui l'éradication du virus. L'objectif thérapeutique se résume donc à la destruction pure et simple des lésions visibles par diverses méthodes, aucune d'entre elles n'ayant fait la preuve de sa supériorité à long terme par rapport aux autres. Il n'existe actuellement aucune recommandation privilégiant une méthode plutôt qu'une autre et on peut ainsi indifféremment commencer par l'une ou l'autre technique, et passer également indifféremment de l'une à l'autre.
Le virus ne pouvant être éliminé de façon définitive, et pouvant persister en zone péri-lésionnelle, les récidives sont fréquentes. Il n'est alors pas rare d'éprouver un sentiment de découragement et de relative inefficacité des traitements proposés. Compte tenu de l'évolution spontanément favorable des lésions, l'abstention thérapeutique peut donc parfois être proposée.
En revanche, chez l'adulte, des lésions plantaires ou péri-unguéales ulcérées pouvant prendre l'aspect de verrues doivent motiver une consultation chez le dermatologue afin d'éliminer un cancer cutané dont la prise en charge thérapeutique est alors naturellement radicalement différente.
Les méthodes physiques
Il existe plusieurs méthodes physiques de destruction des verrues. Toutes sont plus ou moins douloureuses et peuvent nécessiter parfois une anesthésie locale.
- La cryothérapie : c'est de loin la méthode la plus répandue en raison de son extrême facilité d'utilisation et de son faible coût. Elle consiste en l'application locale d'azote liquide, soit à l'aide d'un coton-tige maintenu sur la lésion pendant une dizaine de secondes, soit par pulvérisation à l'aide d'un spray. C'est une méthode qui peut être efficace dès la première séance, mais il est souvent nécessaire de renouveler l'opération plusieurs fois pour obtenir la disparition totale des lésions.
- L'électrocoagulation : basée sur l'utilisation d'un bistouri électrique, il s'agit d'une technique ancienne qui n'a plus véritablement d'indication aujourd'hui compte tenu des autres techniques proposées et des risques de cicatrices.
- Le curetage chirurgical : il reste réservé aux lésions volumineuses uniques ou pédiculées. Il existe un risque de cicatrice douloureuse.
- La vaporisation au laser CO2 : il s'agit d'une méthode coûteuse laissant une cicatrice dans 50% des cas. Comme pour l'électrocoagulation, la formation de vapeurs contenant des particules virales, donc potentiellement contaminantes, nécessite à la fois une aspiration efficace ainsi que la protection du visage (yeux, nez, bouche) tant du patient que du médecin.
Les méthodes chimiques
Les kératolytiques : des préparations à base d'acide salicylique à des concentrations variant de 10 à 60%, associé ou non à de l'acide lactique et à de l'acide trichloracétique, peuvent être appliquées quotidiennement sous pansement occlusif (fermé) pendant une à deux semaines pour désépaissir et « décaper » les verrues surtout si elles sont épaisses.
Quand retourner voir le dermatologue après traitement ?
Que les verrues aient été détruites par une méthode physique ou par une méthode chimique, il est recommandé de retourner voir le dermatologue 3 à 4 semaines plus tard afin de s'assurer de la bonne évolution du traitement et de la bonne cicatrisation des lésions. Il n'est pas rare que des séances supplémentaires soient proposées en raison d'une disparition incomplète des lésions. Un suivi mensuel par le dermatologue est recommandé jusqu'à la disparition complète des lésions.
Les complications liées aux traitements
Les traitements destructeurs des verrues entraînent une nécrose cutanée susceptible de s'ulcérer et de se surinfecter. Un traitement désinfectant local est en général suffisant, le recours à un traitement antibiotique par voie générale restant exceptionnel et réservé aux cas les plus sévères.
Les traitements d'avenir
Deux pistes de recherche sont actuellement explorées :
- les traitements immunomodulateurs dont le principe serait d'essayer de déclencher une réaction immunitaire susceptible d'éliminer les virus HPV ;
- la vaccination préventive contre les virus HPV de façon similaire à celle qui est proposée aux jeunes filles à la puberté ou dans la première année suivant les premiers rapports sexuels afin de prévenir la survenue de verrues génitales et d'un cancer du col de l'utérus (voir rubrique organes génitaux).
Quid de l'homéopathie, des rebouteux et des magnétiseurs ?
Les limites de la médecine traditionnelle dans le traitement des verrues cutanées laissent évidemment la place aux méthodes moins conventionnelles et aux médecines parallèles qui peuvent avoir une certaine efficacité même si ces dernières ne sont ni scientifiquement documentées, ni scientifiquement validées. Les traitements homéopathiques et phytothérapiques, les magnétiseurs, les rebouteux sont ainsi régulièrement essayés par bon nombre de personnes avec parfois une relative efficacité, en n'oubliant pas cependant que l'évolution naturelle des verrues est habituellement leur disparition spontanée… avec ou sans traitement !
Les traitements d'avenir
Même si les traitements actuels permettent souvent de faire disparaître les verrues visibles, ils n’éliminent pas toujours totalement le virus. C’est pourquoi plusieurs pistes de recherche continuent d’être explorées.
Deux grandes approches sont particulièrement étudiées :
- Les traitements immunomodulateurs, dont l’objectif est de stimuler le système immunitaire afin qu’il reconnaisse mieux le virus HPV et puisse l’éliminer plus efficacement.
- La vaccination contre certains HPV, déjà largement utilisée pour prévenir les infections responsables de verrues génitales (les condylomes) et de certains cancers (notamment le cancer du col de l’utérus). Il est possible que cette vaccination puisse réduire la fréquence ou la persistance de certaines verrues cutanées. Des essais cliniques sont actuellement en cours, notamment en France, afin d’évaluer son efficacité dans cette indication (le lien étude Vac-Warts)
Quid de l'homéopathie, des rebouteux et des magnétiseurs ?
Comme les traitements médicaux classiques ne sont pas toujours totalement efficaces et que les verrues peuvent être longues à disparaître, certaines personnes se tournent vers des méthodes dites alternatives : homéopathie, phytothérapie, magnétiseurs, rebouteux, etc.
Il arrive que certaines personnes rapportent une amélioration après ce type de prise en charge, même si ces méthodes n’ont pas démontré d’efficacité scientifiquement validée.
Il faut aussi garder en tête que les verrues ont très souvent une évolution naturellement favorable : dans la majorité des cas, elles finissent par disparaître spontanément au bout de quelques mois ou années, avec ou sans traitement. Cela peut donner l’impression qu’une méthode, quelle qu’elle soit, a fonctionné, alors qu’il s’agit parfois simplement de l’évolution naturelle de la verrue.
6. Conseils à suivre pour les verrues
La principale source de contagion est la verrue elle-même, car elle libère de minuscules fragments de peau (squames) contenant le virus, qui peuvent se disséminer dans l’environnement.
La transmission se fait surtout par contact direct peau à peau, et elle est favorisée lorsque la peau est fragilisée (petites coupures, irritations, peau sèche).
Il est donc recommandé d’éviter de gratter, d’écorcher ou d’arracher une verrue, afin de limiter les risques de propagation du virus et de contamination des zones voisines.
Par ailleurs, le virus HPV se développe plus facilement dans les milieux humides et les zones de macération. Il est donc conseillé de bien se sécher les pieds, en particulier entre les orteils, après la douche, la piscine ou le sport.
Le port de chaussures de piscine peut être proposé par précaution, mais son efficacité n’est pas clairement démontrée.
Les porteurs de verrues ne sont pas des pestiférés !
Même si les verrues cutanées sont contagieuses, le risque de transmission d’une personne à l’autre reste faible dans la vie quotidienne.
Par exemple, on ne risque généralement pas ‘d’attraper une verrue’ simplement en serrant la main d’une personne qui en a.
Au sein d’une famille, il est donc inutile d’isoler la vaisselle, les vêtements ou le linge d’un enfant porteur de verrues.
De même, il ne s’agit pas d’une contre-indication à la piscine !
Il faut rappeler que le papillomavirus est un virus très répandu : il est présent à la surface de la peau de nombreuses personnes, souvent sans provoquer de verrues.
Quelques conseils à respecter après traitement
- Une hygiène rigoureuse pour limiter les infections : une des complications après un traitement destructeur (azote liquide etc.) est une petite infection locale. Il est donc recommandé de laver régulièrement et soigneusement la zone traitée, et de bien se laver les mains après avoir touché la verrue ou la zone en cours de cicatrisation.
- Que faire en cas de cloque après azote liquide ?
La cryothérapie (c’est-à-dire l’application d’azote liquide) provoque souvent une cloque, parfois remplie de sang (bulle hémorragique), qui peut être douloureuse.
Dans ce cas, il est possible, si nécessaire, de la percer délicatement avec une aiguille/ un ciseau désinfectée (ou stérile) afin d’évacuer le liquide, puis de bien nettoyer et désinfecter la zone.
- En cas de douleur importante, de rougeur qui s’étend ou de présence de pus, il est recommandé de demander un avis médical.