5. Quels examens complémentaires selon les situations ?
Lorsque les démangeaisons (le prurit) sont associées à une lésion visible sur la peau, le diagnostic est souvent orienté dès l’examen clinique réalisé par le médecin.
Dans certains cas, une biopsie cutanée (prélèvement d’un petit fragment de peau) peut être réalisée pour confirmer ou même faire le diagnostic.
En revanche, lorsque les démangeaisons sont généralisées et qu’aucune lésion cutanée n’est visible au départ, et qu’elles persistent malgré un traitement antiprurigineux de courte durée, des examens complémentaires peuvent être nécessaires. Leur objectif est de rechercher une maladie générale pouvant provoquer le prurit. On estime que 14 à 24 % des prurits sans cause dermatologique évidente sont liés à une maladie systémique.
Le premier bilan repose le plus souvent sur une prise de sang, qui permet de vérifier :
La numération des cellules sanguines (pour rechercher certaines maladies du sang),
Le fonctionnement du foie (transaminases et phosphatases alcalines),
Le fonctionnement des reins (urée et créatinine),
Le fonctionnement de la thyroïde (TSH).
Selon la situation, ce bilan peut également inclure :
Un dépistage du VIH et de l’hépatite C,
Une recherche de parasites dans les selles, si le contexte le justifie.
Une radiographie du thorax peut aussi être réalisée dans certains cas afin de compléter ce bilan initial.
En fonction des résultats de ces premiers examens et des symptômes du patient, le médecin pourra demander des examens plus ciblés afin d’explorer les différentes causes possibles du prurit.
6. Quels sont les traitements du prurit ?
Le principe le plus important dans le traitement du prurit est de traiter la cause lorsqu’elle est identifiée. Par exemple, il peut s’agir de traiter une maladie de la peau, une maladie générale ou d’arrêter un médicament responsable.
En parallèle, des traitements symptomatiques peuvent être utilisés pour soulager les démangeaisons, notamment pendant la période de diagnostic ou lorsque la cause du prurit n’est pas clairement identifiée.
Les mesures non médicamenteuses
Les mesures non médicamenteuses constituent une aide utile pour tous les patients.
- Il est essentiel de bien hydrater la peau, car la peau sèche (xérose) peut à la fois provoquer et aggraver les démangeaisons. L’application régulière de crèmes émollientes permet de restaurer la barrière cutanée et de diminuer la perte d’eau à travers la peau, qui est directement liée à l’intensité du prurit.
- Éviter les bains trop fréquents ou trop longs
- Utiliser des produits lavants doux
- Privilégier les douches tièdes plutôt que très chaudes, car la chaleur augmente la sensibilité aux démangeaisons
- Appliquer des crèmes hydratantes, parfois conservées au réfrigérateur pour un effet apaisant
- Eviter les vêtements irritants, comme la laine
- Il est également important de rompre le cercle démangeaisons–grattage, par exemple en gardant les ongles courts ou en protégeant les zones qui grattent avec des pansements
- Certaines approches comme la thérapie comportementale, la gestion du stress, la méditation ou des techniques de relaxation peuvent aussi aider à mieux contrôler les démangeaisons chroniques.
Les traitements locaux
Lorsque les démangeaisons sont localisées ou liées à une maladie de la peau, des traitements appliqués directement sur la peau peuvent être utilisés.
- Les crèmes anti-inflammatoires à base de corticoïdes (dermocorticoïdes) sont souvent prescrits dans les maladies inflammatoires de la peau sur de courtes durées mais sont déconseillées à long terme en raison de possible effets secondaires.
- Les inhibiteurs de la calcineurine sont des crèmes anti-inflammatoires qui peuvent être utilisées pour soulager certaines démangeaisons localisées, notamment dans certaines maladies de la peau ou parfois dans des démangeaisons liées aux nerfs (prurit neuropathique).
- D’autres préparations locales, comme les crèmes à base de capsaïcine, peuvent également être prescrites dans certaines démangeaisons d’origine nerveuse localisées, par exemple dans la notalgie paresthésique .
Les traitements par voie générale
Lorsque les démangeaisons sont importantes ou généralisées, des traitements par voie orale peuvent être proposés.
- Les antihistaminiques sont souvent utilisés, en particulier lorsque l’histamine joue un rôle important, comme dans l’urticaire ou les réactions aux piqûres d’insectes. Les antihistaminiques sédatifs peuvent aussi aider lorsque les démangeaisons perturbent le sommeil.
D’autres médicaments peuvent être prescrits selon la cause du prurit :
- Des antagonistes des récepteurs opioïdes (comme la naltrexone ou la difélikéfaline), utilisés dans certaines formes de prurit chronique
- Des antidépresseurs comme certains inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, qui peuvent aider dans certaines causes systémiques de prurit
- Des anticonvulsivants comme la gabapentine ou la prégabaline, utiles dans les prurits d’origine neurologique ou rénale
La photothérapie UVB
La photothérapie est un traitement qui utilise des rayons ultraviolets (UV) émis par des lampes médicales. Le type le plus utilisé pour la prise en charge du prurit est la photothérapie UVB.
Le patient est exposé pendant quelques minutes à ces rayons dans une cabine médicale, sous surveillance d’un professionnel de santé.
Ce traitement peut réduire l’inflammation de la peau et diminuer les démangeaisons. Il est utilisé dans plusieurs maladies de la peau, mais aussi dans certains prurits d’origine générale (systémique) et dans le prurigo chronique.
L’accompagnement psychologique
Le prurit chronique peut avoir un impact important sur la qualité de vie. Lorsqu’il s’accompagne d’anxiété, de dépression ou de troubles du sommeil, un accompagnement psychologique peut être utile en complément des traitements médicaux.