V. Les traitements de la syphilis

Une maladie qui se traite bien aujourd'hui

L'avènement de la pénicilline a révolutionné le pronostic de la syphilis et a expliqué son éradication au cours du siècle dernier. La recrudescence des cas actuellement observés se traite facilement par injection de pénicilline retard avec une efficacité de 100%.

1. Traitement de la syphilis évoluant depuis moins d’un an (primaire, secondaire, latente précoce)

Le traitement de la syphilis repose sur la prescription d'un antibiotique, la pénicilline, et plus précisément d'une forme spécifique de pénicilline, la benzathine pénicilline G retard à raison d'une injection intramusculaire unique de 2,4 millions d'unités dans les cas de syphilis précoce. Il existe des alternatives en cas d’allergie aux pénicilline.

2. Traitement de la syphilis latente évoluant depuis plus d’un an ou d’ancienneté inconnue et des formes tertiaires

En cas de syphilis latente tardive ou de syphilis tertiaire non neurologique, il est nécessaire de pratiquer une injection par semaine de 2,4 millions d’Unités de benzathine pénicilline G pendant 3 semaines consécutives. 

Le traitement de la neurosyphilis et de la syphilis oculaire est le même, et repose sur un traitement par voie intraveineuse. Dans ce cas, une hospitalisation est nécessaire avec une perfusion intraveineuse de 20 millions d'unités par jour de pénicilline G pendant 14 jours. 

A noter, le traitement est identique chez les patients VIH+.

Réaction paradoxale

En cas de syphilis secondaire avec de nombreuses lésions, il peut se produire une réaction paradoxale ou réaction d’Herxheimer, survenant quelques heures à 24 h après l'injection du traitement. Elle est liée à la destruction rapide des bactéries (tréponèmes), qui entraîne une libération de substances inflammatoires dans l’organisme. Elle peut se manifester par une fièvre brutale, des frissons, des courbatures, des maux de tête et une aggravation passagère des lésions cutanées. Cette réaction, bien que parfois impressionnante, est le plus souvent bénigne et spontanément résolutive en 24 à 48 heures. Elle ne traduit ni une allergie au traitement, ni un échec thérapeutique, et ne doit pas conduire à interrompre l’antibiothérapie.

Surveillance

Une consultation de contrôle est recommandée après le traitement, puis un suivi sérologique régulier est mis en place. Celui-ci repose sur des prises de sang à 3, 6 et 12 mois, et parfois plus longtemps selon le stade de la maladie.

L’efficacité du traitement est évaluée par la diminution progressive du taux du VDRL, qui doit être divisé par au moins 4 par rapport à la valeur initiale. La négativation complète du VDRL n’est pas systématique et peut prendre plusieurs mois, voire plusieurs années, en particulier dans les formes secondaires ou plus anciennes.

En l’absence de diminution attendue du VDRL ou en cas de remontée du taux, une réévaluation médicale est nécessaire afin d’éliminer une réinfection ou un échec du traitement.

antibiogramme

VI. Conseils contre la syphilis

Le préservatif est le seul moyen de prévention efficace

En raison de sa très grande facilité de transmission au contact d'un chancre syphilitique, le port du préservatif est la seule prévention réellement efficace. Le dépistage d'autres infections sexuellement transmissibles doit être systématique.


Cette infection ne transfère aucune immunité, c'est-à-dire aucune protection pour l'avenir. On peut se contaminer à nouveau, et il faut donc se protéger efficacement et systématiquement.

Penser au dépistage d'autres infections sexuellement transmissibles

Avoir contracté une syphilis doit faire évoquer la possibilité d'une contamination par une autre infection sexuellement transmissible comme le VIH, l'hépatite B, des chlamydiae… Des examens complémentaires comme des prélèvements sanguins ou gynécologiques peuvent être nécessaires.