I. La syphilis, qu’est-ce que c’est ?
Une maladie toujours d'actualité
Appelée vulgairement vérole ou « mal de Naples », la syphilis est une infection sexuellement transmissible aux origines très anciennes et ayant frappé de nombreuses personnalités historiques, en particulier au XIXème siècle. Son diagnostic n'est pas toujours facile car, en dehors du chancre inaugural, les lésions cutanées et muqueuses sont extrêmement variables et trompeuses, au point que l'on qualifie la syphilis de « grande simulatrice ».
La syphilis est une maladie infectieuse due à une bactérie, le tréponème pâle, qui se transmet essentiellement par voie sexuelle, si l'on ne prend pas en considération les transmissions materno-fœtales. Les symptômes évoluent au fil du temps, ce qui permet de distinguer la syphilis précoce, première année d'évolution de la maladie, et la syphilis tardive, définie par une évolution de plus d'un an.
Un peu d'histoire
Les origines de la syphilis sont très anciennes, probablement même antérieures aux premières expéditions en Amérique du Sud auxquelles elles ont traditionnellement été imputées. Ayant frappé de nombreux et illustres personnages au cours de l'Histoire (François 1er, Maupassant, Baudelaire, Nietzsche), elle a connu son pic de fréquence au XIXème siècle, pour pratiquement disparaître au XXe siècle.
Où en est-on aujourd’hui ?
La syphilis est en recrudescence depuis ces dernières années, particulièrement en Europe de l'Est et dans d'autres régions comme la France. En 2021, le nombre de cas de syphilis a augmenté de 42% en médecine générale, avec environ 9 291 cas diagnostiqués, contre environ 3 300 cas dans les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (les CeGIDD). En France, les premiers cas de syphilis sont réapparus en 1999, marquant le début d’une nouvelle épidémie qui a démarré dès 2000-2001.
La syphilis touche principalement les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, représentant environ 80% des cas, dont près de 50% sont séropositifs au VIH. Toutefois, une tendance à la hausse chez les hétérosexuels, notamment chez les femmes, est également observée.
II. La syphilis, à quoi ça ressemble ?
1. La syphilis précoce, syphilis évoluant depuis moins d’un an
Elle peut correspondre à une syphilis primaire, secondaire ou latente précoce.
Il s'agit aujourd'hui de la forme la plus fréquente de la syphilis en raison de l'amélioration du diagnostic et de la prise en charge thérapeutique qui permet d'éviter l'évolution vers une forme tardive.
Au cours de cette phase précoce qui concerne la première année d'évolution de la maladie, on distingue :
- La syphilis primaire qui se manifeste par le « chancre syphilitique », ulcération unique, indurée, superficielle, propre, indolore et contagieuse. Chez l'homme, le chancre siège sur le gland ou le sillon balano-préputial, c'est-à-dire la zone qui sépare le gland de la verge (voir photo). Son diagnostic peut toutefois être difficile en cas de localisation « cachée », comme au niveau du col de l'utérus, du rectum ou de la gorge, ou si son aspect est atypique. Le chancre guérit spontanément en 2 à 6 semaines sans laisser de cicatrice.
- La syphilis secondaire qui survient si la syphilis primaire n'a pas été traitée. Elle se caractérise par des lésions très contagieuses survenant au niveau de la peau et des muqueuses. Ces lésions sont très variées et trompeuses prenant l'aspect d'une roséole banale, d'acné, de varicelle, de psoriasis… ce qui rend le diagnostic difficile. Les syphilides papuleuses siègent aussi bien au niveau du visage, du tronc que des membres.
- La syphilis sérologique précoce au cours de laquelle il n'existe plus aucun symptôme mais simplement une sorte de « cicatrice sanguine » nécessitant la réalisation d'une prise de sang et signant la présence de la bactérie dans l'organisme.
2. La syphilis tardive évoluant depuis plus d’1 an ou d’ancienneté indéterminée
Elle peut correspondre à une syphilis latente tardive ou à une syphilis tertiaire.
Lorsque la syphilis n'a pas été diagnostiquée au cours de la première année d'évolution, elle peut évoluer vers :
- La syphilis tertiaire devenue rare aujourd'hui puisqu'on considère que moins de 10% des syphilis récentes non traitées évolueront vers une syphilis tertiaire. Elle est dominée par des manifestations, cutanées, muqueuses, cardiaques et surtout neurologiques (neurosyphilis) et ophtalmologiques (syphilis oculaire). (sans « s »)
- La syphilis latente tardive (ou sérologique tardive), qui ne peut être détectée qu'après une prise de sang et qui représente la majorité des patients dont la syphilis précoce n'a pas été traitée.