3. Quels examens sont nécessaires ?

Dans la grande majorité des cas, le diagnostic des pellicules repose uniquement sur l'examen clinique du cuir chevelu et ne nécessite aucun examen complémentaire. Le dermatologue observe l'aspect des squames, leur couleur, leur adhérence et les signes associés (rougeur, démangeaisons) pour déterminer le type de pellicules et adapter le traitement.

Il peut utiliser un dermatoscope (loupe éclairé très puissante qui permet de voir des détails invisibles à l’œil nu) pour différencier les pellicules des lentes de poux, des gaines coulissantes ou d'un psoriasis. 

En cas de doute diagnostique persistant, une biopsie cutanée peut être réalisée.

Une consultation rapide est recommandée chez l'enfant présentant des squames (suspicion de teigne notamment) ou en cas de forme atypique ou résistante au traitement usuel.

4. Les traitements des pellicules

Principes généraux

Les traitements disponibles aujourd'hui sont efficaces pour contrôler les pellicules, mais ils sont dits suspensifs : ils traitent les symptômes sans éliminer définitivement la cause. C'est pourquoi un traitement antipelliculaire d'entretien est souvent nécessaire pour prévenir les récidives. L'objectif est de maîtriser rapidement une poussée grâce à un traitement d'attaque, puis de maintenir cet état grâce à un rythme d'entretien adapté à chacun.

Le respect des conseils du dermatologue est essentiel à l'efficacité du traitement : fréquence des shampoings, temps de pose des produits, durée du traitement et conduite à tenir lors d'une nouvelle poussée. Les traitements actuels bénéficient de formulations bien tolérées et peuvent être utilisés comme des shampoings classiques.

Traitement des pellicules sèches

Pour les pellicules sèches, la priorité est d'éviter les agressions supplémentaires et de restaurer l'équilibre du cuir chevelu. Il est conseillé d'utiliser des shampoings doux, au pH physiologique, sans sulfates ni parfums irritants, d'espacer les lavages agressifs et d'éviter la chaleur excessive lors du coiffage. Des soins hydratants peuvent aider à nourrir et apaiser un cuir chevelu sec. 

Traitement des pellicules grasses et de la dermite séborrhéique

État pelliculaire léger à modéré

Un shampoing antipelliculaire adapté, bien utilisé et laissé poser selon les recommandations, peut suffire à éliminer les pellicules dans les formes légères à modérées. 

Ces shampoings, disponibles sans ordonnance, contiennent des principes actifs dont l'efficacité a été démontrée : zinc pyrithione, piroctone olamine, sulfure de sélénium ou acide salicylique. 

Ils agissent selon une triple action : antifongique contre le champignon Malassezia, antiproliférative en freinant la multiplication excessive des cellules du cuir chevelu, et anti-inflammatoire en réduisant les rougeurs et les démangeaisons.

Le traitement intensif dit d'attaque consiste à utiliser le shampoing deux à trois fois par semaine pendant deux à quatre semaines, avec un temps de pose de trois à cinq minutes. 

Ce traitement doit ensuite être suivi d'une phase d'entretien : une application par semaine ou toutes les deux semaines en alternance avec un shampoing doux. 

En cas d'effet desséchant, il est possible de diminuer la fréquence du shampoing traitant.

État pelliculaire sévère de la dermite séborrhéique

En cas de pellicules abondantes ou de dermite séborrhéique avérée, le médecin peut prescrire des shampoings thérapeutiques à base de kétoconazole à 2 % ou de ciclopirox olamine à 1 % ou 1,5 %. 

Ces deux traitements, en partie remboursés par la Sécurité sociale, sont à appliquer deux à trois fois par semaine pendant quatre semaines avec un temps de pose d'au moins cinq minutes, puis en entretien une à deux fois par semaine en alternance avec les shampoings contenant zinc pyrithione, piroctone olamine, sulfure de sélénium ou acide salicylique.

Formes très inflammatoires

Lorsque la dermite séborrhéique est très inflammatoire, le dermatologue peut associer le shampoing médicamenteux à une lotion à base de corticoïde, éventuellement combinée à de l'acide salicylique, à appliquer le soir deux à trois fois par semaine pendant les deux premières semaines de traitement. 

Des crèmes à base de corticoïdes peuvent également être prescrites dans les formes très irritées, car les lotions hydro-alcooliques peuvent provoquer des picotements ou des brûlures sur une peau enflammée. Ces crèmes s'appliquent le soir sur le cuir chevelu et sont rincées le lendemain matin. 

Un usage prolongé des corticoïdes locaux n'est cependant pas recommandé en raison du risque d'effets secondaires.