3. Quels examens réaliser ?

Le diagnostic d'alopécie androgénétique est avant tout clinique : il repose sur l'observation du cuir chevelu, de la répartition de la chute et de l'aspect des cheveux. Aucun examen de laboratoire n'est systématiquement nécessaire pour une AAG typique.

L’examen au dermoscope

Le dermoscope est une loupe médicale qui permet d’examiner le cuir chevelu en détail. En cas d’alopécie androgénétique, il montre que les cheveux n’ont pas tous le même diamètre (ce que l'on appelle l'anisotrichose) : certains sont normaux, tandis que d’autres deviennent plus fins. Cette différence de calibre entre les cheveux est un signe typique de la maladie et traduit un amincissement progressif des follicules pileux.

Le test de partition et le test de traction

Le test de la raie consiste à regarder si les cheveux sont plus clairsemés au niveau de la raie centrale que sur l’arrière de la tête, une zone habituellement moins touchée par l’alopécie androgénétique. Si la raie apparaît plus large et que la densité est nettement diminuée sur le dessus du crâne, cela oriente vers ce diagnostic.

Le test de traction, lui, consiste à tirer très doucement sur une petite mèche de cheveux pour voir combien se détachent. En temps normal, seuls quelques cheveux tombent. Si plusieurs cheveux viennent facilement, cela peut indiquer que la chute est encore active.

Le trichogramme

En cas de doute, un trichogramme peut être proposé dans un centre spécialisé. Il consiste à prélever quelques dizaines de cheveux en plusieurs zones du cuir chevelu pour analyser leurs racines, mesurer leur diamètre et déterminer dans quelle phase du cycle pilaire ils se trouvent. Il permet de confirmer le diagnostic dans les cas difficiles, de quantifier l'intensité de la chute et même de prédire si une chute importante est à prévoir dans les trois prochains mois.

Le bilan biologique

Des analyses de sang ne sont généralement pas nécessaires en cas d’alopécie androgénétique. Chez la femme, un bilan hormonal est parfois demandé dans certaines situations bien précises, par exemple en cas de règles irrégulières ou de signes évoquant un déséquilibre hormonal. Le médecin peut alors prescrire des examens complémentaires afin de rechercher une cause associée. Chez l’homme comme chez la femme, il peut aussi être utile de vérifier les réserves en fer et le taux de vitamine B12, car une carence peut aggraver la chute de cheveux.

Des photos standardisées du cuir chevelu, c’est-à-dire réalisées dans une position reproductible avec les cheveux séparés par une raie centrale, constituent un excellent outil de surveillance pour évaluer l'évolution dans le temps et l'efficacité d'un traitement.

4. Quels traitements ?

L'arsenal thérapeutique dont dispose ensuite le dermatologue, allant des traitements médicaux aux greffes capillaires, est suffisamment vaste pour apporter une réponse satisfaisante à la grande majorité des alopécies 

Des traitements efficaces permettent de stopper ou de ralentir la progression de la chute de l’AAG, et parfois d'obtenir une repousse partielle. Leur effet est conditionnel à leur utilisation continue : à l'arrêt du traitement, la chute reprend son cours.

Le minoxidil : un traitement possible chez l’homme comme chez la femme

Le minoxidil est le traitement local le plus souvent proposé en cas d’alopécie androgénétique, aussi bien chez l’homme que chez la femme. Il s’applique directement sur le cuir chevelu, sous forme de lotion ou de mousse. Son mode d’action exact n’est pas complètement élucidé, mais il aide à stimuler la repousse et à ralentir la chute des cheveux.

Chez l’homme, on utilise le plus souvent le minoxidil à 5 %, appliqué deux fois par jour. Chez la femme, on peut proposer soit le minoxidil à 2 % deux fois par jour, soit le minoxidil à 5 % une fois par jour, une option souvent plus pratique au quotidien.

Au début du traitement, il est possible d’observer une augmentation temporaire de la chute de cheveux. Ce phénomène est habituel : il correspond à la mise en route d’un nouveau cycle de croissance, qui entraîne la chute des cheveux anciens avant la repousse de nouveaux cheveux. Cette aggravation transitoire ne doit donc pas faire arrêter le traitement trop vite.

Le minoxidil demande de la régularité et de la patience. Son efficacité ne peut généralement être jugée qu’après 3 à 4 mois d’utilisation régulière, parfois davantage. Il permet une repousse visible chez environ un tiers des patients, stabilise la chute chez un autre tiers, et reste peu efficace chez les autres. Il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

Il est aussi important de savoir que le minoxidil est un traitement suspensif : il agit tant qu’il est utilisé, mais lorsque l’on l’arrête, la chute de cheveux reprend progressivement son évolution naturelle. Enfin, il est contre-indiqué pendant la grossesse.

Le finastéride : pour l'homme

Le finastéride est un médicament à prendre par voie orale. Il agit en bloquant la transformation de la testostérone en DHT, l’hormone impliquée dans l’alopécie androgénétique. 

Chez l’homme, à la dose de 1 mg par jour, il peut ralentir fortement la chute des cheveux et, dans certains cas, favoriser une repousse. En pratique, une stabilisation de la chute ou une amélioration est observée chez une grande majorité de patients (dans près de 90 % des cas).

Les premiers effets sur la chute sont généralement évalués après environ 3 mois de traitement, tandis que l’effet sur la repousse demande plus de temps, souvent au moins 6 mois. L’efficacité maximale est habituellement atteinte après un an de prise régulière. Comme pour le minoxidil, il s’agit d’un traitement suspensif : si on l’arrête, la chute des cheveux reprend progressivement.

Ce traitement peut toutefois entraîner des effets indésirables, qu’il est important de connaître. En 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a alerté sur l’existence de possibles troubles psychiatriques, comme une anxiété, une humeur dépressive et, plus rarement, des idées suicidaires, ainsi que de troubles sexuels tels qu’une baisse du désir, des troubles de l’érection ou de l’éjaculation. 

En cas de symptômes psychiques, le traitement doit être arrêté rapidement et un avis médical est nécessaire. 

Pour les troubles sexuels, Ces effets secondaires sont réversibles 2 fois sur trois, même si le traitement est poursuivi. Mais une fois sur trois, elles nécessitent l'arrêt du finastéride pour obtenir un retour à la normale dans les 15 jours, ce qui correspond au temps d'élimination du produit. Ce type d'effets secondaires concerne habituellement des sujets de plus de 40 ans. 

Plus rarement, des douleurs au niveau de la poitrine ou une augmentation du volume des seins peuvent apparaître.

Le finastéride est contre-indiqué avant 16 ans ainsi que chez la femme (notamment en raison d’un risque de malformation du fœtus en cas de grossesse et d’une efficacité insuffisante aux doses habituelles chez la femme). Il est aussi généralement déconseillé chez les personnes ayant des antécédents de troubles sexuels ou psychologiques. Les hommes traités par finastéride ne doivent pas donner leur sang pendant le traitement, afin d’éviter qu’il ne soit transfusé à une femme enceinte.

Enfin, il existe deux points pratiques à connaître. 

D’une part, le finastéride est interdit chez les sportifs de haut niveau participant à des compétitions officielles, car il est considéré comme un produit masquant dans le cadre de la lutte antidopage. 

D’autre part, ce médicament modifie les résultats du dosage du PSA, une prise de sang utilisée dans le dépistage et le suivi des maladies de la prostate : le médecin devra donc en tenir compte pour interpréter correctement le résultat (il est donc important de lui signaler la prise de finastéride).

Les traitements hormonaux chez la femme

Chez la femme, lorsque le minoxidil seul ne suffit pas, d’autres traitements peuvent parfois être proposés pour limiter l’effet des hormones androgènes sur les follicules pileux. L’objectif est de freiner l’action de ces hormones, qui peuvent favoriser l’amincissement progressif des cheveux.

Une contraception orale combinée de 4e génération contenant un progestatif antiandrogénique peut être efficace dans les formes légères à modérées. 

Autrefois il était proposé un traitement anti androgène basé sur la prescription d'acétate de cyprotérone. La réglementation interdit désormais l’utilisation de l’acétate de cyprotérone en dehors de son indication, à savoir hirsutisme avec anomalie biologique, en raison du risque de tumeur cérébrale (méningiome).

Dans certains pays, notamment aux États-Unis, la spironolactone est aussi fréquemment prescrite. Il s’agit à l’origine d’un médicament utilisé pour traiter l’hypertension artérielle, mais qui possède également des effets antiandrogéniques. Elle peut être proposée dans les formes plus marquées d’alopécie androgénétique féminine. En France, cette utilisation se fait hors autorisation de mise sur le marché (Hors AMM), ce qui signifie qu’elle reste sous la responsabilité du médecin prescripteur.

La chirurgie capillaire : chez l’homme comme chez la femme

La chirurgie capillaire repose le plus souvent sur les microgreffes de cheveux. Elle consiste à prélever des follicules pileux à l’arrière du crâne, une zone généralement peu sensible aux hormones responsables de l’alopécie androgénétique, puis à les réimplanter dans les zones dégarnies. Les cheveux greffés conservent les caractéristiques de leur zone d’origine : en d’autres termes, ils continuent en général à pousser durablement après la greffe. Une fois implantés, ils poussent de façon naturelle, avec leur cycle habituel de croissance et de chute. Les techniques actuelles permettent le plus souvent d’obtenir un résultat très naturel.

Cette intervention s’adresse surtout aux alopécies stabilisées, en général chez des patients de plus de 30 ans. Elle ne constitue pas un traitement de fond de la chute de cheveux : elle permet de regarnir les zones clairsemées, mais n’empêche pas l’évolution de l’alopécie sur les cheveux non greffés. C’est pourquoi elle doit idéalement s’accompagner d’un traitement médical destiné à ralentir la progression de la chute. Sans cela, le résultat esthétique peut se dégrader avec le temps, à mesure que la perte de cheveux continue autour des zones greffées.

Les compléments capillaires : chez les hommes et les femmes

En complément des traitements médicaux, il est possible d’avoir recours à des compléments capillaires, comme les perruques complètes, les volumateurs ou les compléments partiels. Ces solutions n’agissent pas sur la cause de la chute de cheveux, mais elles peuvent améliorer très nettement l’apparence et le confort au quotidien.

Les compléments partiels sont généralement réalisés sur mesure afin de s’adapter au mieux à la forme du crâne, à la couleur des cheveux et au rendu souhaité. Ils peuvent être fixés de différentes façons, par exemple à l’aide d’un système de collage, de petits peignes ou de microclips. Utilisés dans les zones clairsemées ou dégarnies, ils permettent d’obtenir un résultat souvent très naturel, y compris en cas de perte de cheveux importante.