1. Qu'est-ce que l'alopécie androgénétique ?

L'alopécie androgénétique (AAG) une des formes les plus fréquentes de chute de cheveux. Elle désigne une perte progressive des cheveux sous l'influence combinée de trois facteurs indissociables : les hormones mâles (les androgènes), une prédisposition génétique et le temps. 

Ce n'est pas une maladie au sens strict, mais un processus naturel, banal et fréquent de la vie normale des cheveux qui s'accentue progressivement avec l'âge.

Chez l'homme, elle peut débuter dès la puberté dans les formes sévères, mais elle est plus fréquente à partir de quarante ans : environ 15 % des hommes sont concernés à 20 ans, 30 % à 30 ans, et un homme sur deux à 50 ans. 

Chez la femme, elle touche environ une femme sur cinq à l'âge de 40 ans.

info Histoire de l’alopécie à travers le monde

Le mot alopécie désigne une chute de cheveux, quelle qu’en soit la cause. Il vient du grec ancien “alopex”, qui signifie “renard”. Ce terme ferait référence à la mue importante de cet animal au printemps, lorsque sa fourrure tombe en abondance. Depuis l’Antiquité, la perte de cheveux intrigue, inquiète et suscite de nombreuses tentatives de traitement. Les premières traces remontent à l’époque de l’Égypte ancienne, où l’on utilisait déjà des préparations destinées à préserver la chevelure.

À travers les siècles, les cheveux ont souvent eu une forte valeur symbolique. Ils ont été associés à la beauté, à la séduction, à la jeunesse, mais aussi à la force ou à la virilité. Dans la Bible, par exemple, la force de Samson disparaît lorsqu’on lui coupe les cheveux. Chez les Mérovingiens, une chevelure abondante était également perçue comme un signe de puissance masculine. Bien entendu, ces croyances relèvent du symbole et non de la médecine. À d’autres époques, l’idée inverse a même circulé : certains pensaient que les hommes chauves étaient plus virils, en raison d’un excès supposé d’hormones masculines. Là encore, il s’agit d’une croyance populaire, sans valeur scientifique démontrée.

L’histoire de l’alopécie montre donc que la chute de cheveux n’est pas seulement une question médicale : elle touche aussi à l’image de soi, aux représentations sociales et aux normes de beauté, qui varient selon les époques et les cultures.

Chez l'homme

Chez l’homme, la perte de cheveux suit le plus souvent un schéma assez typique. Elle débute généralement par un dégarnissement au niveau des tempes, avec ce qu’on appelle le recul des golfes temporaux, puis elle touche progressivement le sommet du crâne. Avec le temps, la zone dégarnie peut s’étendre et laisser persister une couronne de cheveux sur les côtés et à l’arrière de la tête. C’est la forme classique de calvitie masculine.

Chez la femme 

Chez la femme, la chute de cheveux a habituellement un aspect différent. La ligne de cheveux à l’avant du front est le plus souvent conservée, mais les cheveux deviennent progressivement plus fins et moins nombreux sur le dessus du crâne. La raie au milieu a tendance à s’élargir peu à peu, donnant une impression de cheveux plus clairsemés. Une perte complète des cheveux est rare chez la femme, mais cet éclaircissement diffus peut devenir très visible et être difficile à vivre au quotidien.

Il est toutefois important de préciser que ces deux formes de répartition ne sont pas strictement réservées à un seul sexe. Le schéma dit “masculin” peut parfois être observé chez certaines femmes, et le schéma dit “féminin” peut aussi se voir chez certains hommes. En pratique, chacun est simplement plus fréquent dans le sexe auquel on l’associe habituellement.

info Alopécie et soleil : pourquoi faut-il se protéger ?

En cas d’alopécie importante ou de calvitie, le cuir chevelu est moins bien protégé contre le soleil. Or, les cheveux jouent normalement un rôle de barrière naturelle face aux rayons ultraviolets (UV). Lorsque cette protection disparaît, la peau du crâne est davantage exposée aux coups de soleil, au vieillissement cutané, mais aussi, à long terme, à un risque accru de cancers de la peau.

Il est donc important de protéger efficacement son cuir chevelu en cas d’exposition solaire. Le plus simple est de porter un chapeau, une casquette ou tout autre couvre-chef. Lorsqu’il n’est pas possible de couvrir la tête, l’application d’une crème solaire à indice de protection élevé sur les zones dégarnies est recommandée. Cette précaution est particulièrement importante en été, lors des activités en extérieur, mais aussi en montagne ou au bord de l’eau, où le rayonnement solaire est plus intense.

2. Quelles sont les causes ?

Sensibilité aux hormones

L’alopécie androgénétique est liée à une sensibilité particulière des cheveux à certaines hormones. 

En pratique, une hormone présente naturellement dans l’organisme, la testostérone, peut être transformée en une forme plus active appelée DHT. Chez les personnes prédisposées, cette DHT agit sur certains follicules pileux du cuir chevelu, c’est-à-dire les petites structures qui fabriquent les cheveux. Sous son effet, les follicules deviennent progressivement plus petits : les cheveux repoussent alors de plus en plus fins, plus courts, moins nombreux et couvrent moins bien le cuir chevelu. Avec le temps, certains follicules finissent par ne produire qu’un duvet très fin, presque invisible.

L’hérédité

Cette sensibilité des follicules pileux est en grande partie héréditaire. Autrement dit, la prédisposition à l’alopécie androgénétique peut être transmise par la famille, aussi bien du côté maternel que paternel. C’est pour cette raison qu’on retrouve souvent des antécédents de perte de cheveux chez d’autres membres de la famille, même si cela ne concerne pas forcément la génération juste avant.

Des différences importantes entre hommes et femmes

Même si le mécanisme de base est proche chez l’homme et chez la femme, il existe des différences importantes. Chez la femme, une enzyme appelée aromatase transforme une partie de la testostérone en œstrogènes, ce qui réduit naturellement la formation de DHT, l’hormone impliquée dans l’alopécie androgénétique. Cette enzyme étant plus active chez la femme que chez l’homme, l’alopécie androgénétique féminine est généralement moins sévère.

Chez la femme, d’autres facteurs peuvent aussi favoriser ou aggraver la chute de cheveux. C’est le cas, par exemple, de la ménopause, de certains déséquilibres hormonaux comme le syndrome des ovaires polykystiques, de certaines pilules contraceptives, d’un manque de fer ou de vitamine B12, ou encore de certains médicaments. C’est pourquoi, lorsqu’une femme consulte pour une chute de cheveux, le médecin recherche souvent ces facteurs associés : dans certains cas, leur correction peut déjà améliorer nettement la situation.