II. Les causes de l'érysipèle

Quels sont les facteurs favorisant l'érysipèle ?

Plusieurs facteurs peuvent favoriser la survenue d’un érysipèle. Il est important de les identifier, car ils peuvent augmenter le risque de récidive.

Facteurs de risque locaux (au niveau de la peau ou du membre) :

  • Un œdème (gonflement) d’origine veineuse ou lymphatique,
  • Une mauvaise circulation veineuse,
  • Certaines maladies chroniques de la peau comme l’eczéma ou le psoriasis, qui fragilisent la peau,
  • Des antécédents de radiothérapie ou d’ablation de ganglions (lymphadénectomie).
  • Chez l’enfant, l’érysipèle peut parfois survenir après une varicelle, en raison des lésions de grattage.

Facteurs de risque dits généraux : problèmes de santé qui augmentent également le risque d’érysipèle :

  • Surpoids / obésité,
  • Diabète,
  • Tabac et alcool,
  • Prise de certains médicaments (corticothérapie, anti-inflammatoires),
  • Maladies rénales (comme le syndrome néphrotique),
  • Baisse des défenses immunitaires (immunodépression)

Quelle est la bactérie responsable ?

Dans la majorité des cas, l’érysipèle est causé par des bactéries appelées streptocoques (environ 85 % des cas), en particulier le streptocoque du groupe A, mais aussi parfois ceux des groupes B, C ou G.

Ces bactéries pénètrent dans la peau à travers une petite lésion (appelée porte d’entrée), puis se multiplient dans les tissus.

Peut-on identifier la bactérie responsable ?

Il est rare d’identifier précisément la bactérie en cause. Les prises de sang destinées à rechercher une infection (hémocultures) sont souvent négatives.

Dans certains cas, notamment à l’hôpital, un prélèvement au niveau de la lésion peut être réalisé, mais cela reste peu fréquent en pratique.

Et dans certains cas particuliers ?

Dans certaines situations, d’autres micro-organismes peuvent être responsables, par exemple :

  • Le staphylocoque doré, dont certaines formes résistantes aux antibiotiques usuels (appelées SARM) surtout s’il existe une plaie purulente ou un point de départ lié à une injection (notamment chez les utilisateurs de drogues par voie intraveineuse)
  • Après une morsure ou une griffure animale (chat, chien), certaines bactéries spécifiques peuvent être en cause (par exemple pasteurella multocida)  
  • Chez les personnes immunodéprimées, des infections plus rares peuvent survenir, liées à des bactéries dites atypiques (par exemple des mycobactéries atypiques, escherichia coli, pseudomonas aeruginosa, nocardia), mais aussi à des champignons ou à certains virus

Ces situations nécessitent en général une prise en charge spécialisée en milieu hospitalier.