1. Comprendre les poils incarnés
Qu'est-ce qu'un poil incarné
Un poil incarné apparaît lorsqu’un poil, au lieu de pousser normalement vers l’extérieur, se recourbe et pénètre dans la peau. L’organisme le perçoit alors comme un corps étranger et déclenche une réaction inflammatoire.
Cela se traduit généralement par de petits boutons rouges, parfois accompagnés de pustules, de démangeaisons ou d’une sensibilité locale. Au niveau de la barbe, on parle de pseudofolliculite de la barbe.
Le phénomène peut se produire de deux façons :
- Soit le poil sort de la peau, puis se recourbe et y pénètre à nouveau ;
- Soit il se courbe sous la peau avant même d’en sortir et pousse dans la paroi du follicule.
Dans les deux cas, le poil se retrouve emprisonné dans la peau, ce qui provoque une inflammation.
L’apparition de poils incarnés est favorisée par les techniques d’épilation qui coupent le poil très près de la peau ou qui l’arrachent, en particulier lorsque les poils sont épais ou bouclés et ont naturellement tendance à se recourber lors de la repousse.
Voir article Les différentes techniques d’épilation : ici
Qui est concerné
Les poils incarnés peuvent toucher les hommes comme les femmes, et encore plus les personnes aux poils bouclés ou épais car ce sont ces poils qui ont le plus tendance à se recourber vers la peau en repoussant.
Les poils incarnés peuvent apparaître sur toutes les zones où les poils sont rasés ou épilés, notamment la barbe et le cou, les jambes, les aisselles, le maillot et la région de l’aine. Ils sont particulièrement fréquents lorsque les poils sont épais et bouclés, car ceux-ci ont davantage tendance à se recourber vers la peau lors de la repousse.
2. Les complications possibles
Une inflammation qui se répète sur une même zone peut laisser une marque pigmentée persistante, appelée hyperpigmentation post-inflammatoire. Elle correspond à une coloration plus foncée de la peau qui persiste après la disparition du bouton et peut être particulièrement visible et durable sur les peaux foncées.
Plus rarement, des cicatrices peuvent apparaître, notamment des cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes chez les personnes prédisposées.
Pour en savoir plus sur les cicatrices : ici
La manipulation des boutons ou des poils incarnés peut également favoriser une surinfection.
3. Le traitement des poils incarnés
Lorsqu'un poil est déjà incarné, mieux vaut éviter de le percer, de le gratter ou de chercher à l'extraire avec une aiguille ou une pince, surtout si celle-ci n'est pas stérilisée, car ces manipulations entretiennent l'inflammation et augmentent le risque de surinfection, de taches pigmentaires et de cicatrices.
Il est préférable d’interrompre le rasage de la zone atteinte, d’appliquer une compresse chaude sur le poil incarné et d’exercer une légère pression autour du poil qui peut parfois permettre sa sortie.
Des soins exfoliants doux contenant peuvent aider à éliminer progressivement les cellules qui obstruent l’orifice du follicule et faciliter la sortie du poil, mais ils doivent être utilisés avec prudence en cas de peau sensible ou irritée.
Si les poils incarnés sont nombreux, très inflammatoires, douloureux, récidivants, s’accompagnent de pus ou laissent régulièrement des marques ou des cicatrices, il est préférable de consulter un médecin qui pourra proposer un traitement adapté.
4. Prévenir l’apparition des poils incarnés
Adapter sa façon de se raser
- La première piste consiste à modifier ses habitudes de rasage : éviter un rasage trop près de la peau, ne pas tendre la peau pendant le rasage, utiliser une lame propre et suffisamment affûtée, éviter de repasser plusieurs fois au même endroit, raser préférentiellement dans le sens de pousse du poil
- Arrêter complètement de se raser et changer de technique d’épilation reste la solution la plus radicale et la plus efficace : l'usage de la tondeuse ou du rasoir électrique paraît par exemple protecteur car il évite les rasages trop rapprochés.
Les soins avant et après le rasage
Avant de se raser : Il est utile de nettoyer la zone avec un produit doux, puis d'appliquer pendant quelques minutes un linge propre, chaud et humide. Cette étape ramollit le poil et le rend plus souple, ce qui facilite une coupe nette. L'emploi d'un produit de rasage lubrifiant (mousse à raser) aide à limiter les irritations.
Après le rasage : Certains soins contenant de l'acide glycolique ou de l'acide salicylique favorisent une exfoliation douce et peuvent aider à réduire l'inflammation. Ces acides peuvent toutefois être irritants pour les peaux les plus sensibles.
Les crèmes dépilatoires comme alternative
En dissolvant chimiquement le poil, les crèmes dépilatoires lui laissent une extrémité moins pointue qu’après un rasage très rapproché, ce qui peut réduire le risque qu’il repénètre dans la peau lors de la repousse. Elles constituent donc une alternative intéressante au rasage pour les personnes sujettes aux poils incarnés. Elles peuvent toutefois être irritantes : il est indispensable de respecter le temps de pose et les précautions d’utilisation indiqués sur le produit.
Le laser : une option particulièrement efficace
Lorsque les poils incarnés sont nombreux, récidivants ou responsables de cicatrices, la réduction de la pilosité par laser constitue une option particulièrement efficace. En diminuant durablement le nombre et le diamètre des poils, elle réduit le risque qu’ils se recourbent et repénètrent dans la peau.
Plusieurs séances sont généralement nécessaires et des séances d’entretien peuvent parfois être utiles.
Le choix du laser et de ses paramètres dépend notamment du phototype et des caractéristiques du poil. Le laser Alexandrite (755 nm) est particulièrement adapté aux phototypes clairs, tandis que le Nd:YAG (1064 nm), dont la longueur d’onde pénètre plus profondément et est moins absorbée par la mélanine de surface, est généralement privilégié pour les phototypes les plus foncés. Le laser diode (autour de 800-810 nm) peut être utilisé sur une gamme relativement large de phototypes, avec des paramètres adaptés.
Pour en savoir plus sur les lasers dermatologiques : ici