IV. Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur deux piliers complémentaires : des manifestations cliniques compatibles et des analyses de sang qui mettent en évidence les anticorps du SAPL persistant dans le temps11.

La prise de sang recherche la présence : 

  • D’un anticoagulant lupique (ou anticoagulant circulant de type lupique) détecté par des tests de coagulation. Son nom est trompeur car il favorise en réalité la formation des caillots.
  • D’anticorps anticardiolipine 
  • D’anticorps anti-bêta-2-glycoprotéine 1

Un point essentiel : un seul test positif ne suffit pas. Il faut que la positivité soit confirmée sur un second prélèvement réalisé au moins 12 semaines plus tard, car des anticorps peuvent apparaître transitoirement sans signifier la maladie. 

Lorsque les trois tests sont positifs en même temps (on parle de triple positivité), le risque de thrombose est nettement plus élevé : il est estimé à environ 5 % par an, alors qu’il est beaucoup plus faible quand un seul test est positif. 

Ce risque augmente encore en présence des facteurs de risque habituels de caillot sanguin (tabagisme, hypertension, excès de cholestérol…).

V. Quels sont les traitements du SAPL12 ?

Il n'existe pas, à ce jour, de traitement faisant disparaître durablement ces anticorps. La prise en charge vise donc à empêcher la formation des caillots et à corriger les autres facteurs de risque de thrombose : arrêter le tabac, traiter une tension élevée ou un excès de cholestérol, éviter les contraceptifs contenant des œstrogènes qui augmentent le risque de caillot.

Pour empêcher la formation des caillots on utilise des médicaments qui fluidifient le sang. 

  • Chez les personnes ayant déjà présenté un caillot veineux, par exemple une phlébite ou une embolie pulmonaire, un traitement anticoagulant au long cours est généralement prescrit. Il s’agit le plus souvent d’un anti-vitamine K (AVK), dont la dose est adaptée et régulièrement contrôlée par des prises de sang.
  •  Chez les personnes ayant déjà présenté une thrombose artérielle, un traitement anticoagulant au long cours est également le plus souvent prescrit, généralement par anti-vitamine K, avec une surveillance régulière du dosage.

  • Chez certaines personnes qui ont les anticorps du SAPL sans avoir encore fait de caillot, une faible dose d'aspirine (75 à 100 mg par jour) peut être proposée à titre préventif : surtout lorsque le profil d’anticorps est jugé à haut risque par exemple en cas de triple positivité, lorsqu’un lupus est associé, ou chez les femmes ayant eu uniquement un SAPL de la grossesse, en dehors de toute nouvelle grossesse. 

  • Pendant la grossesse, l'association d'aspirine à faible dose et d'héparine (un anticoagulant injectable adapté à cette période) a transformé le pronostic, permettant de mener à terme une large majorité de grossesses qui, sans traitement, auraient été à haut risque.

Le choix précis du traitement dépend donc de chaque situation et relève d'un avis médical spécialisé : il ne doit jamais être modifié ou arrêté de sa propre initiative.

info Une forme grave et rare : le syndrome catastrophique des antiphospholipides

Il existe une forme rare, mais redoutable, appelée syndrome catastrophique des antiphospholipides. En quelques jours, de nombreux petits caillots se forment simultanément et atteignent plusieurs organes en même temps. La peau y joue parfois un rôle d'alerte précieux : nécroses, purpura ou hémorragies sous les ongles peuvent figurer parmi les premiers signes, et une biopsie peut aider à poser rapidement le diagnostic. Un facteur déclenchant (infection, chirurgie, arrêt d'un anticoagulant) est souvent retrouvé.