Qu'est-ce que le syndrome des antiphospholipides dit SAPL ?

Le syndrome des antiphospholipides, souvent abrégé en SAPL, est une maladie dite ‘auto-immune’. Normalement, le système immunitaire est notre armée de défense : il fabrique des anticorps, de petites protéines chargées de repérer et de neutraliser les microbes. Dans une maladie auto-immune, cette armée se trompe de cible : elle produit des anticorps dirigés non plus contre des microbes, mais contre une partie de notre propre corps.

Dans le SAPL, les anticorps responsables des symptômes de la maladie s'attaquent à des éléments présents à la surface des cellules et impliqués dans la coagulation du sang : les phospholipides, et certaines protéines qui leur sont associées. 

à Conséquence principale : le sang a tendance à coaguler trop facilement, formant des caillots qui peuvent boucher un vaisseau sanguin (thrombose artérielle ou veineuse).

Qui est concerné ?

Le SAPL est une maladie rare. On estime qu’il y a environ 5 nouveaux cas par an pour 100 000 personnes. Au total, environ 20 à 50 personnes sur 100 000 seraient concernées dans le monde, avec des variations selon les populations.

Il touche surtout des personnes jeunes ou d'âge moyen : dans environ 85 % des cas, la maladie se déclare entre 15 et 50 ans. 

Enfin, il concerne nettement plus souvent les femmes que les hommes1–3

Il peut survenir de manière isolée, on parle alors de SAPL primaire. 

Le SAPL secondaire, moins fréquent, est lui associé à une maladie auto-immune, essentiellement un lupus érythémateux systémique. Ces anticorps sont d’ailleurs fréquents au cours du lupus, où on les retrouve chez 30 à 50 % des patients, et plus rarement au cours d’autres maladies auto-immune (comme la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Sjögren ou la sclérodermie systémique). 

info La présence d’anticorps du SAPL ne signifie pas nécessairement que des symptômes apparaîtront.

Les anticorps du SAPL peuvent être présents dans le sang d’une personne sans qu’elle soit malade, c’est-à-dire sans qu’elle ait de manifestations de SAPL. Ces anticorps peuvent en effet apparaître dans de nombreuses situations4–6, généralement en faible quantité, sans pour autant provoquer de caillots : avec l’âge (ils deviennent plus fréquents en vieillissant), au cours d’autres maladies auto-immunes, lors de certaines infections (infections virales, VIH, hépatite C, maladie de Lyme, tuberculose…), de certains cancers, ou encore avec la prise de quelques médicaments. On parle alors de biologie antiphospholipide positive

C'est l'association entre la présence durable de ces anticorps et la survenue d'événements (caillots/thrombose, complications de grossesse) qui définit la maladie.