info Résumé
L’infestation par les punaises de lit est un problème de santé publique mondial, en nette augmentation en France depuis les années 1990. Après avoir presque disparu, elles ont réapparu en raison du développement de résistances aux insecticides et de l’augmentation des voyages et déplacements, facilitant leur transport dans les bagages.
Les punaises de lit provoquent des piqûres responsables de boutons rouges très prurigineux, souvent groupés ou alignés, pouvant entraîner des troubles du sommeil, du stress et un retentissement psychologique important.
Le traitement repose sur deux volets indissociables : le soulagement des lésions cutanées (crèmes apaisantes, corticoïdes locaux) et surtout l’éradication complète des punaises dans l’environnement, souvent longue et difficile, nécessitant parfois l’intervention de professionnels spécialisés.
Le tableau clinique peut être variable, car dépend de la sensibilité cutanée individuelle, et trompeur mais habituellement, les piqûres de punaise provoquent une éruption très prurigineuse (ça gratte) appelée prurigo, touchant n' importe quelle zone du corps.
1. Les piqûres de punaises de lit, à quoi ça ressemble ?
Le tableau clinique peut être variable, car il dépend de la sensibilité cutanée individuelle. Il peut être trompeur, mais, le plus souvent, les piqûres de punaises de lit provoquent une éruption cutanée très prurigineuse (qui démange beaucoup), appelée prurigo, touchant n’importe quelle zone du corps, le plus souvent les zones découvertes pendant le sommeil (bras, jambes, dos, cou).
Les lésions sont généralement multiples, apparaissent en groupe et peuvent augmenter de jour en jour en l’absence de traitement de l’infestation.
Il s’agit le plus souvent de petits boutons rouges de 2 à 5 mm, mais des petites cloques (bulles) peuvent également apparaître, en particulier chez les personnes très sensibles.
On peut parfois constater une petite croûte centrale, correspondant au point de piqûre, et les lésions sont souvent disposées de façon linéaire, un aspect assez évocateur des piqûres de punaises de lit.
Parfois, on peut observer le signe de la paupière (the eyelid sign), qui correspond à une piqûre de la paupière supérieure provoquant un gonflement important et une rougeur de la paupière, pouvant être impressionnant mais le plus souvent bénin.
Il n’y a habituellement pas de fièvre, ni de douleurs articulaires ou musculaires. L’éruption est isolée, sans autres symptômes.
La piqûre ne réveille pas la personne, car elle est indolore au moment où elle survient.
Parfois, l’éruption peut cependant être associée à une réaction générale à type d’urticaire généralisée, voire exceptionnellement d’anaphylaxie.
À l’inverse, certaines personnes ne développent aucune lésion cutanée visible, mais peuvent seulement constater de petites traces de sang sur les draps ou la literie, correspondant à l’écrasement involontaire d’une punaise après le repas sanguin.
Le diagnostic est à évoquer en associant ces éléments cliniques à un contexte évocateur, notamment :
- Notion de voyage récent
- Couchage en dehors de son lieu habituel (hôtel, location, hébergement chez un proche) ou accueil d’une tierce personne
- Déménagement
- Acquisition de nouveaux meubles
- Présence de démangeaisons similaires chez d’autres personnes du foyer
La confirmation du diagnostic repose souvent sur la mise en évidence des punaises elles-mêmes, de leurs œufs ou de leurs traces (déjections noires) dans l’environnement, notamment au niveau du lit, du matelas ou des meubles proches.
2. Les punaises de lit, qu’est-ce que c’est ?
La punaise de lit appartient à l’ordre des hémiptères. Il s’agit d’un insecte parasite de l’être humain, l’espèce la plus répandue est Cimex lectularius dans les régions tempérées et Cimex hemipterus en région tropicale. Les punaises de lit ne sont pas liées à un manque d’hygiène et peuvent toucher tous les logements, quels que soient leur propreté ou leur niveau de confort.
L’adulte est de couleur marron à pourpre, de forme ovale aplatie, mesurant 4 à 7 mm. La femelle est plus ronde et le mâle plus allongé. Elle pond 5 à 15 œufs par jour, ce qui explique la capacité de prolifération rapide en cas d’infestation non traitée.
Les jeunes punaises sont plus claires avant leur repas sanguin et de plus petite taille, 1 à 2 mm pour les larves. Elles n’aiment ni la lumière ni l’humidité. Elles se cachent préférentiellement dans les matelas, les sommiers, les fissures des murs, les plinthes, les meubles ou encore derrière les prises électriques.
Elles sont actives la nuit, attirées par la chaleur, les odeurs corporelles et le dégagement de gaz carbonique.
Elles ne sautent pas, ne volent pas : elles marchent sur l’hôte qu’elles vont piquer et aspirer pendant 5 à 20 minutes, avant de poursuivre leur trajet. La piqûre est indolore sur le moment, car la punaise injecte une substance anesthésiante.
Quand elles ont terminé leur repas, elles se cachent dans des endroits sombres, souvent étroits et peu accessibles. Elles sont hématophages (se nourrissent exclusivement de sang) et, comme elles piquent la nuit, les lésions sont constatées le matin.
En général, elles sortent se nourrir tous les 3 à 15 jours, mais cette fréquence peut varier selon la température et la disponibilité de l’hôte. Elles peuvent survivre plusieurs mois sans se nourrir, ce qui rend leur éradication parfois difficile.
3. Quels examens pour les piqûres de punaises de lit ?
Aucun examen sanguin n’est nécessaire.
Les piqûres de punaises de lit ne provoquent pas d’anomalies spécifiques dans le sang, même en cas de démangeaisons importantes.
Il n’existe pas de test biologique de dépistage des punaises de lit. Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique (l’aspect des lésions) et sur le contexte, en particulier la survenue de piqûres nocturnes, répétées, souvent groupées ou alignées.
L’élément clé pour confirmer le diagnostic est la mise en évidence des punaises elles-mêmes, de leurs œufs ou de leurs traces dans l’environnement : insectes visibles, petites taches noires (déjections) sur le matelas, les draps, le sommier ou les meubles à proximité du lit.
Un examen attentif du logement est donc essentiel, notamment du matelas, du sommier, des coutures de la literie, des plinthes, des fissures des murs et des meubles. Cette inspection peut être réalisée par la personne concernée ou par un professionnel de la lutte antiparasitaire.
Dans certains cas de doute, lorsque l’aspect des lésions n’est pas typique, le médecin peut évoquer d’autres causes de piqûres ou d’éruptions cutanées (moustiques, puces, gale, urticaire…), sans qu’un examen complémentaire spécifique ne soit nécessaire.
4. Les traitements
Traiter les lésions cutanées
Les lésions peuvent disparaître toutes seules. Chez certaines personnes, les démangeaisons s’atténuent spontanément en quelques jours, sans laisser de cicatrice.
Cependant, compte tenu du caractère très prurigineux, on propose l’application de dermocorticoïdes (corticoïdes en crème ou en pommade), sur une courte durée, qui apaisent les démangeaisons et évitent de se gratter. Un traitement antihistaminique par voie orale peut parfois être associé en cas de démangeaisons importantes, notamment la nuit.
En effet, trop se gratter favorise la surinfection par des bactéries comme le staphylocoque doré. On parle alors d’impétiginisation, qui se manifeste par l’apparition de croûtes jaunâtres, de suintements ou de douleurs locales, et qui peut nécessiter un traitement antibiotique local, voire général.
La guérison est en général constatée en une dizaine de jours, sans récidive, à condition que les punaises de lit soient totalement éradiquées de l’environnement, car le traitement des lésions cutanées seul ne suffit pas si l’infestation persiste.
Rechercher et traiter la source de contamination
La lutte mécanique est conseillée :
- Rechercher des petits points noirs (déjections) dans les ourlets de vêtements de nuit, des rideaux, dans les cordons du matelas, les lattes du sommier, le cadre du lit, les objets proches du lit, les angles des murs, les fissures des murs ou plafond, les moulures, les prises électriques, le papier peint décollé… Passer alors l'aspirateur avec un embout fin pour supprimer un maximum d'adultes et de jeunes puis traiter le tuyau d'aspirateur (aspirer de l'insecticide ou démonter le tuyau et l'immerger dans une eau à 60°C), et jeter le sachet emballé dans une poche hermétique, directement dans la poubelle extérieure pour incinération.
- Machine à laver à 60°C minimum si vous suspectez une contamination vestimentaire.
- Mettre les objets non lavables dans le sèche-linge et faire un cycle d'au moins 30 minutes à la plus forte température possible
- Mettre les objets au congélateur à -20°C au minimum pendant 72 heures
- Le nettoyage à la vapeur à 180°C détruit tous les stades de punaise de lit au niveau des recoins ou des tissus d'ameublement
- Obturez les fissures et les fentes se trouvant entre les plinthes, sur les cadres de lit en bois et sur les murs en les calfeutrant. Réparez ou enlevez le papier qui se décolle, resserrez les plaques d'interrupteur
À savoir
- La simple désinsectisation au coup par coup avec des fumigènes, même à un rythme régulier peut être contre-productive, notamment car la fumée n'atteint pas tous les recoins.
- Les insecticides courants sont totalement inefficaces contre les punaises de lit qui ont développé de fortes résistances. N'utilisez pas de produits chimiques ou de fumigènes anti-insectes vous-même sans recourir à des professionnels.
- Il existe des chiens dressés à localiser les punaises.
- Si vous constatez que ces actions sont inefficaces, il est nécessaire dans tous les cas de se rapprocher rapidement d'organismes spécialisés qui utilisent des traitements homologués qui passeront au minimum 2 fois à environ 1 à 2 semaines d'intervalle. Il faudra alors respecter les recommandations d'application des insecticides et les recommandations de la société experte.
- L'éradication des punaises a un coût élevé et certaines collectivités ont des services d'intervention.
- Pour sélectionner un professionnel qualifié, consultez le site officiel stop-punaises.gouv.fr
Concernant les hébergements collectifs, l'article 61 du Règlement sanitaire de votre département décrit les mesures prophylactiques à mettre en œuvre dans les hébergements collectifs. Il revient au maire de la commune d'implantation de l'établissement de prescrire ces opérations de désinsectisation.
Des forums d'échange sur internet se sont développés suite à cette résurgence et peuvent aider (bedbugger.com).
Prévention
- Un environnement propre et désencombré permet de réduire le risque d’infestation et surtout de repérer plus rapidement la présence de punaises de lit. Toutefois, les punaises de lit peuvent envahir n’importe quel logement, qu’il soit propre ou non : leur présence n’est pas liée à un manque d’hygiène.
- Il est important d’entretenir son habitat, notamment en réparant les fissures, en recollant les papiers peints décollés et en limitant les cachettes potentielles où les punaises peuvent se dissimuler.
- Il est recommandé d’équiper les matelas (et si possible les sommiers) de housses anti-punaises de lit étanches, spécialement conçues à cet effet. Elles permettent de prévenir l’infestation et d’éviter la prolifération si des punaises sont déjà présentes.
- Le développement du tourisme a favorisé la transmission passive des punaises de lit, notamment par les bagages et les moyens de transport. Lors des séjours à l’hôtel, il est conseillé de ne pas poser sa valise au sol ou sur le lit, mais de la placer sur le repose-bagages, après avoir inspecté la chambre (matelas, sommier, tête de lit).
- De la même façon, l’achat ou la récupération de meubles, livres ou vêtements d’occasion constitue une autre source possible de transmission. Il convient donc d’examiner soigneusement les objets avant de les acheter ou de les introduire dans son logement.
À l’inverse, il ne faut pas donner ou revendre des meubles que l’on sait infestés, notamment à des associations ou lors de vide-greniers, afin d’éviter de propager l’infestation.
Fait notable
À noter que les États-Unis ont assisté à une vague d'achat de matelas gonflables (en partie à cause de l'infestation des punaises) et ont dû lancer une alerte sanitaire en raison du risque de mort par suffocation du nourrisson qui dormait directement sur le ventre ou restait coincé entre le matelas et le rebord du lit.
Un plan interministériel de lutte contre les punaises de lit a été mis en place par le gouvernement en 2022. Le site officiel stop-punaises.gouv.fr et le numéro 0 806 706 806 accompagnent les citoyens avec des conseils personnalisés et la mise en relation avec des professionnels labellisés.
Sources :
- Réaction systémique à des piqûres de punaises de lit. C Phan et coll. Annales de dermatologie 2015.
- Les punaises de lit en 13 questions | Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
- Comment reconnaître les piqûres de punaises de lit et la présence des insectes chez soi ? | ameli.fr | Assuré
info L’essentiel à retenir
L’infestation par les punaises de lit est un problème de santé publique, avec des conséquences médicales, mais aussi psychologiques, sociales et économiques (stress, troubles du sommeil, impact sur la vie quotidienne).
La punaise de lit présente en Europe ne transmet aucune maladie à l’être humain. Les symptômes sont liés aux réactions cutanées aux piqûres.
Les piqûres provoquent une éruption faite de petits boutons rouges et en relief, mesurant environ 2 à 5 mm de diamètre. Elles sont souvent disposées en ligne ou en groupe et provoquent d’importantes démangeaisons.
L’éradication des punaises de lit est souvent longue, contraignante et coûteuse, mais elle est indispensable pour éviter les récidives. Elle est beaucoup plus efficace lorsqu’elle est réalisée par des professionnels spécialisés.
Des mesures de prévention simples permettent de limiter la propagation, notamment être vigilant lors des voyages (inspection des bagages, de la literie) et lors de l’achat de meubles ou de vêtements d’occasion.
Dans tous les cas, il est recommandé de réévaluer la situation dans les deux mois suivant l’intervention, afin de vérifier l’efficacité de la décontamination et de détecter précocement une éventuelle récidive.