1. Qu'est-ce que c'est ?
La phtiriase pubienne est une infestation par Phthirus pubis, communément appelé pou du pubis ou « morpion ». C'est une infection sexuellement transmissible (IST) dans la grande majorité des cas.
Contrairement aux deux autres formes de pédiculose, les poux du pubis se distinguent par leur morphologie trapue, leurs pattes puissantes adaptées à s'agripper aux poils épais, et leur localisation élective dans la région pubienne.
2. Épidémiologie
- La phtiriase pubienne, communément appelée « morpion », affecte principalement les jeunes adultes sexuellement actifs.
- Ils colonisent les poils pubiens mais peuvent aussi coloniser les poils des aisselles, sourcils, cils, barbe, tronc et membres
- La phtiriase pubienne est une infection sexuellement transmissible. Elle n’est pas prévenue par le port du préservatif.
- Elle ne transmet pas d’autres maladies.
- Les habitudes d’épilation actuelles font qu’elle est moins fréquente de nos jours.
- Incidence plus élevée dans les populations vivant dans des conditions surpeuplées et insalubres.
- Le dépistage d’autres infections sexuellement transmissibles est recommandé.
Cas particulier de l'enfant : la phtiriase pubienne peut atteindre les enfants contaminés lors d'un contact étroit avec les parents. Si l'abus sexuel n'est pas obligatoire, la découverte d'une phtiriase chez un enfant doit systématiquement faire suspecter cette possibilité.
3. Transmission et cycle de vie
La transmission nécessite un contact physique étroit, habituellement de nature sexuelle. Le risque de transmission lors d'un seul contact est élevé.
Comme les autres poux, les femelles adultes pondent 10 à 20 œufs par jour. La ponte s'effectue près de l'émergence des poils génitaux. L'éclosion survient après 8 à 9 jours et les nymphes atteignent leur maturité en 15 jours environ.
4. Manifestations cliniques
Le signe principal est constitué de démangeaisons au niveau du pubis.
On peut parfois aussi observer :
De petits points brun-rouille correspondant aux déjections sur la peau ou les poils.
Des taches de sang sur les sous-vêtements.
Des maculae ceruleae : petites taches bleu-rouge au niveau des morsures, très évocatrices de la phtiriase pubienne.
5. Diagnostic
Le diagnostic est clinique. L'examen porte sur la recherche de poux agrippés aux poils près de la surface cutanée et de lentes attachées aux tiges pilaires.
En cas de phtiriase pubienne, le médecin proposera un bilan de dépistage des IST.
6. Traitement
Le traitement repose sur les mêmes principes que pour les poux de tête, avec quelques spécificités :
Ses modalités sont identiques à celles de la pédiculose du cuir chevelu.
Il est préférable de traiter également l'ensemble des zones pileuses du tronc et des cuisses. Le rasage des poils est parfois nécessaire en cas de lentes abondantes.
Les partenaires sexuels récents doivent être examinés et traités simultanément. Le traitement doit être effectué en même temps pour éviter les réinfestations.
Laver à ≥ 60°C les vêtements, serviettes et literie utilisés dans les jours précédant le traitement.
Réaliser un bilan IST (dépistage des autres infections sexuellement transmissibles).
Éviter les contacts sexuels jusqu'à guérison confirmée.