info Liens utiles :
Pour en savoir plus sur le carcinome de Merkel : https://www.cancer-et-peau.com/patients/carcinome-merkel
Site d’information sur les cancers de la peau par le groupe de cancérologie cutané de la société française de dermatologie : https://www.cancer-et-peau.com/
Le réseau CARADERM : https://www.caraderm.org/
1. Le carcinome de Merkel : qu’est-ce que c’est ?
Le carcinome de Merkel est un cancer rare de la peau, puisqu’il représente moins de 1 % de l’ensemble des cancers cutanés.
Il se distingue des formes plus fréquentes de cancers cutanés, comme le carcinome basocellulaire ou le carcinome épidermoïde, par son comportement souvent plus agressif et par sa capacité à se propager plus fréquemment aux ganglions lymphatiques ou à d’autres organes.
Le carcinome de Merkel touche principalement les personnes âgées, le plus souvent après 70 ans et survient plus fréquemment chez les personnes à peau claire. Il est également plus fréquent chez les personnes ayant été fortement exposées au soleil, ainsi que chez celles présentant une baisse prolongée de leurs défenses immunitaires (liée à l’âge, à certaines maladies ou à des traitements).
Ils se développent principalement selon deux voies de transformation cancéreuse.
- La présence d’un virus appelé polyomavirus de Merkel, détecté dans environ 80 % des tumeurs de Merkel. Il est important de préciser que ce virus, généralement contracté dès l’enfance, est très fréquent dans la population. Dans l’immense majorité des cas, il reste totalement inoffensif. Il ne peut conduire à un cancer que dans des situations rares, lorsque plusieurs facteurs de risque sont réunis.
- Une exposition chronique aux rayonnements ultraviolets (UV) du soleil dans environ 20% des cas.
En 2025, les données montrent que le nombre de cas de carcinome de Merkel est en augmentation en France, avec quelques centaines de nouveaux diagnostics chaque année. Cette hausse s’explique principalement par le vieillissement de la population, mais aussi par une meilleure reconnaissance et un meilleur diagnostic de cette maladie.
2. Le carcinome de Merkel : à quoi ça ressemble ?
Le carcinome de Merkel se présente le plus souvent comme une petite boule dans la peau, généralement unique. Cette boule est le plus souvent dure au toucher, ne fait pas mal et grossit rapidement, en quelques semaines ou quelques mois. Sa couleur peut être rosée, rouge, violette ou bleutée, et la peau au-dessus reste en général lisse, sans plaie.
La lésion apparaît le plus souvent sur des zones exposées au soleil, comme le visage, le cuir chevelu, le cou, les avant-bras ou les jambes, mais elle peut aussi survenir sur n’importe quelle autre partie du corps.
3. Quels examens pour poser le diagnostic ?
La biopsie de peau
Le diagnostic repose avant tout sur un prélèvement de la lésion cutanée, appelé biopsie, réalisé sous anesthésie locale. Cet examen est généralement rapide et peu douloureux. La lésion est ensuite analysée au microscope afin de confirmer le diagnostic.
Imagerie médicale
Après un examen clinique complet de la peau et des ganglions lymphatiques, plusieurs examens d’imagerie peuvent être proposés selon chaque situation.
Ils permettent de vérifier si la maladie s’est étendue à d’autres parties du corps.
- Une échographie ou un scanner des ganglions lymphatiques proches de la lésion
- Une imagerie du corps entier (scanner ou TEP-scan) afin de rechercher d’éventuelles localisations à distance
- Dans certaines situations, une imagerie du cerveau peut être demandée, notamment lorsque d’autres atteintes internes ont déjà été identifiées.
Analyse du ganglion sentinelle
Dans certains cas, une biopsie du ganglion sentinelle est réalisée. Cette technique permet d’identifier et d’analyser le premier ganglion recevant le drainage lymphatique de la tumeur, afin de détecter s’il existe ou non une atteinte ganglionnaire débutante invisible à l’imagerie.
4. Quels traitements ?
Le traitement du carcinome de Merkel dépend de nombreux paramètres : stade de la maladie, taille et localisation de la tumeur, présence ou non de métastases, âge et état de santé du patient.
La prise en charge est toujours discutée au sein d’une réunion de concertation pluridisciplinaire, associant dermatologues, chirurgiens, oncologues médicaux, radiothérapeutes et pathologistes.
Les principaux traitements comprennent :
- La chirurgie
Lorsqu’elle est possible, la chirurgie est le traitement de première intention. Elle consiste à retirer la tumeur en emportant une marge de peau saine autour, afin de diminuer le risque de récidive locale.
Lorsque des métastases ont atteint les ganglions proches du site de la tumeur, l’intervention chirurgicale sur la tumeur est généralement associée, dans le même temps, à l’ablation des ganglions atteints.
- La radiothérapie
Dans la grande majorité des cas, une radiothérapie est réalisée après la chirurgie, une fois la cicatrisation obtenue, sur la zone où se trouvait la tumeur. Lorsque des ganglions ont été atteints et retirés chirurgicalement, une radiothérapie complémentaire de la zone ganglionnaire est également proposée.
La radiothérapie peut aussi être utilisée seule lorsque la chirurgie n’est pas possible.
- L’immunothérapie
Ces dernières années, l’immunothérapie a profondément modifié la prise en charge des formes avancées du carcinome de Merkel, en particulier lorsque la maladie n’est pas opérable ou qu’elle est métastatique.
Elle repose notamment sur des médicaments appelés inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (anti-PD-1 ou anti-PD-L1), qui stimulent le système immunitaire pour qu’il reconnaisse et détruise les cellules cancéreuses.
En France, une seule immunothérapie est actuellement disponible pour traiter les carcinomes de Merkel localement avancés ou métastatiques : l’avélumab (Bavencio®).
D’autres immunothérapies, comme le pembrolizumab (Keytruda®) et le rétifanlimab (Zynyz®), ont montré des résultats encourageants lors d’études cliniques, c’est-à-dire dans des recherches menées chez des patients. Cependant, ces traitements ne sont pas encore disponibles en France.
De nouvelles stratégies de traitement sont actuellement à l’étude, notamment l’utilisation de l’immunothérapie avant ou après la chirurgie.
L’immunothérapie dite néoadjuvante consiste à administrer le traitement avant l’opération, afin de réduire la taille de la tumeur et de faciliter son retrait.
L’immunothérapie dite adjuvante est, quant à elle, donnée après la chirurgie, dans le but de diminuer le risque de récidive en éliminant d’éventuelles cellules cancéreuses restantes.
Ces approches sont encore en cours d’évaluation, mais elles pourraient à l’avenir permettre d’améliorer encore la prise en charge des patients.
- La chimiothérapie
Aujourd’hui moins utilisée, la chimiothérapie peut encore être proposée dans certaines situations particulières, notamment lorsque l’immunothérapie n’est pas indiquée ou n’est pas efficace. Elle repose le plus souvent sur des médicaments administrés par perfusion, comme des sels de platine et l’étoposide.
Ces traitements peuvent permettre une amélioration de la maladie, avec une diminution de la taille et/ou du nombre des métastases visibles sur les examens d’imagerie, chez environ une personne sur deux atteinte d’un carcinome de Merkel.
5. Quel suivi après le traitement ?
Un suivi régulier et prolongé est indispensable après le traitement, car le carcinome de Merkel peut récidiver, en particulier durant les 3 premières années suivant le diagnostic (90% des récidives surviennent dans ce délai).
Le suivi comprend :
- Des consultations cliniques régulières avec examen complet de la peau et des ganglions
- Des examens d’imagerie réalisés à intervalles définis selon le stade initial
Les recommandations actuelles préconisent un suivi tous les 3 à 6 mois pendant les trois premières années, puis un espacement progressif jusqu’à un suivi annuel à long terme.
Dans la majorité des cas de carcinome de Merkel il n’est pas nécessaire de réaliser des prises de sang au cours du suivi.
De nouvelles approches de surveillance sont toutefois en cours d’évaluation. Elles reposent notamment sur des prises de sang spécifiques, destinées à détecter plus précocement une éventuelle récidive chez certains patients présentant des caractéristiques particulières sur leur prise de sang initiale.
Ces méthodes restent encore en cours d’évaluation et ne remplacent pas le suivi clinique régulier et les examens recommandés par le médecin.
Au-delà de la surveillance médicale, ce suivi est aussi l’occasion d’un accompagnement global, prenant en compte la qualité de vie, les effets secondaires des traitements et les préoccupations du patient.
Enfin, les patients atteints d’un carcinome de Merkel ont un risque accru de développer d’autres cancers cutanés, ce qui rend l’auto-surveillance de la peau et la photoprotection particulièrement importantes.
info Qu’est-ce que CARADERM ?
CARADERM est une base de données française sécurisée qui permet de recueillir des informations sur les personnes atteintes de cancers rares de la peau, comme le carcinome de Merkel. Elle a pour objectif de mieux comprendre ces maladies rares, d’améliorer les connaissances médicales et, à terme, la prise en charge des patients. Votre médecin peut vous proposer d’y enregistrer certaines données médicales vous concernant, de manière anonyme et confidentielle. Accepter d’y participer est entièrement volontaire et n’a aucun impact sur votre suivi médical. Votre participation peut toutefois aider la recherche et contribuer à améliorer les soins pour les patients actuels et futurs.