1. Qu'est-ce que l'alopécie ?

Le mot alopécie est un terme médical qui désigne la perte anormale des cheveux ou des poils, qu'elle soit partielle ou totale, temporaire ou définitive.

Il est important de distinguer la chute de cheveux normale de l'alopécie à proprement parler. En temps ordinaire, nous perdons entre 50 et 100 cheveux par jour : c'est un phénomène tout à fait naturel, lié au cycle de renouvellement du follicule pileux. Chaque cheveu naît, pousse pendant plusieurs années, entre en phase de repos, puis tombe pour laisser place à un nouveau. Ce cycle se déroule en continu sur l'ensemble du cuir chevelu.

L'alopécie survient lorsque ce cycle est perturbé : soit les cheveux tombent trop vite, soit ils repoussent moins bien, soit le follicule pileux est endommagé au point de ne plus produire de cheveu du tout. 

Les causes sont nombreuses et variées : facteurs génétiques, dérèglements hormonaux, maladies auto-immunes, carences nutritionnelles, stress intense, médicaments etc.

L'alopécie peut toucher aussi bien les femmes que les hommes, à tout âge, et son impact dépasse souvent la simple apparence physique. Pour beaucoup de personnes concernées, la perte de cheveux représente une véritable épreuve émotionnelle, affectant l'estime de soi et la qualité de vie. 

2. Alopécie localisée ou alopécie diffuse ?

L'une des premières distinctions que fait le médecin lorsqu'il examine une alopécie est de déterminer si la perte de cheveux est localisée ou diffuse. Cette différence est importante, car elle oriente le diagnostic et le traitement.

L'alopécie localisée se traduit par une chute de cheveux limitées à certaines zones du cuir chevelu. La forme la plus connue est la pelade, une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire s'attaque par erreur aux follicules pileux. On observe alors des plaques rondes ou ovales, lisses et sans cheveux, qui peuvent apparaître n'importe où sur le cuir chevelu, voire sur d'autres zones pileuses du corps. Dans les formes sévères, la pelade peut évoluer vers une perte totale des cheveux (alopecia totalis) ou de l'ensemble des poils du corps (alopecia universalis).

L’alopécie androgénétique (calvitie) est aussi une forme localisée d’alopécie, mais avec une distribution caractéristique : chez l'homme, les cheveux reculent d'abord au niveau des tempes et du sommet du crâne, tandis que chez la femme, l'éclaircissement touche surtout la partie centrale du cuir chevelu, en préservant généralement la lisière frontale.

L'alopécie diffuse, quant à elle, se manifeste par une chute de cheveux sur l’ensemble du cuir chevelu et est ressenti comme une perte de volume et de densité globale. Le phénomène peut être brutal ou s'installer progressivement. 

La forme la plus fréquente est appelée effluvium télogène. Il survient généralement lorsqu'un événement perturbateur (accouchement, maladie fébrile, choc émotionnel intense….) entraîne un basculement brutal de nombreux follicules pileux vers la phase de chute au même moment. Les cheveux tombent en grande quantité deux à trois mois après cet événement déclencheur. Cette forme est le dans la grande majorité des cas réversible et les cheveux repoussent généralement en quelques mois.

3. Alopécie cicatricielle ou alopécie non cicatricielle ?

Lorsqu’une chute de cheveux survient, on s’attache, en plus de son caractère localisé ou diffus, à en distinguer les différentes causes en fonction de l’état du follicule pileux. On distingue ainsi deux grands types d’alopécie : l’alopécie cicatricielle et l’alopécie non cicatricielle. 

La différence essentielle entre les deux tient à l’état du follicule pileux, c’est-à-dire la petite structure de la peau qui produit le cheveu. Dans l’alopécie non cicatricielle, le follicule n’est pas détruit, tandis que dans l’alopécie cicatricielle, il est détruit de façon définitive.

Cette distinction est donc capitale, car elle détermine directement les chances de repousse et les options thérapeutiques disponibles.

Dans l’alopécie non cicatricielle, les follicules pileux sont toujours présents, même s’ils sont temporairement inactifs, fonctionnent de façon anormale ou produisent des cheveux plus fins. Le cuir chevelu conserve donc un aspect globalement normal, les follicules pileux restent visibles, et surtout, ils gardent leur capacité à produire de nouveaux cheveux par la suite. La repousse est ainsi possible lorsque la cause est identifiée et prise en charge. C’est le cas, par exemple, de la pelade, de l’alopécie androgénétique et de l’effluvium télogène.

L'alopécie cicatricielle, en revanche, implique une destruction irréversible des follicules pileux. Ces derniers sont remplacés par un tissu fibreux, semblable à celui d’une cicatrice, ne contenant plus de follicules pileux, ce qui rend toute repousse impossible dans les zones atteintes. Le cuir chevelu peut alors présenter des signes d’inflammation, une texture modifiée, ou au contraire paraître aminci et brillant.

Ces alopécies sont heureusement beaucoup plus rares, mais elles nécessitent une prise en charge médicale rapide afin de stopper l’évolution de la maladie. Parmi les causes d’alopécie cicatricielle, on retrouve des maladies inflammatoires comme le lichen plan pilaire ou la cellulite disséquante du cuir chevelu, certaines maladies auto-immunes comme le lupus érythémateux cutané, ou encore des traumatismes physiques tels que des brûlures.

4. Quels examens en cas d’alopécie ?

La première étape est toujours l’examen clinique des cheveux et du cuir chevelu.  Le médecin évalue la densité des cheveux, leur répartition sur le crâne, l'aspect des tiges (brillantes, ternes, cassantes) et l'état de la peau du cuir chevelu (présence de rougeurs, de squames ou de signes d'inflammation).

Des tests peuvent aussi être réalisés : le test de friction, qui consiste à frotter une mèche pour voir si les cheveux se cassent facilement, et/ou le test de traction, où l’on tire doucement sur une mèche pour évaluer la quantité de cheveux qui tombent.

L’examen au dermoscope (une sorte de loupe puissante permettant de voir des détails invisibles à l’œil nu) est totalement indolore et réalisable au cabinet médical. Lorsqu'il est utilisé pour analyser les cheveux, on parle de trichoscopie. Cet examen aide à repérer des signes caractéristiques de certaines maladies, comme des cheveux de diamètres différents, des cheveux cassés ou encore la disparition des orifices des follicules. 

Dans certains cas, des examens en laboratoire peuvent être proposés.

L’observation des cheveux au microscope optique permet de détecter des anomalies de structure du cheveu. 

Le trichogramme consiste à analyser quelques dizaines de cheveux prélevés directement sur le cuir chevelu. Cette analyse révèle dans quelle phase du cycle pilaire se trouve chaque cheveu et permet de calculer le rapport entre cheveux actifs et cheveux en chute afin de mieux comprendre le type de chute.

Les examens biologiques 

Dans certains cas, des analyses complémentaires peuvent être prescrites. Une prise de sang permettant d'explorer de possibles carences telles qu’un déficit en fer, une dysfonction thyroïdienne ou des carences en vitamines (notamment en vitamines D et B12), des troubles hormonaux ou des marqueurs d’inflammation, est parfois nécessaire.

La biopsie du cuir chevelu

Dans les cas les plus complexes, notamment lorsqu'une alopécie cicatricielle est suspectée ou que le diagnostic reste incertain malgré les examens précédents, une biopsie du cuir chevelu peut être réalisée. Sous anesthésie locale, un petit fragment de peau et de follicules pileux est prélevé pour être ensuite analysé en laboratoire. L'examen au microscope de cet échantillon permet de visualiser directement l'état des follicules, la présence d'une inflammation, d'une fibrose ou de cellules immunitaires anormales, et ainsi généralement de poser un diagnostic précis.

info Chute de cheveux chez la femme : les causes les plus fréquentes

La chute de cheveux chez la femme peut avoir de nombreuses causes, le plus souvent bénignes et transitoires. 

De façon naturelle, les cheveux ne tombent pas de manière constante tout au long de l’année : il existe des variations saisonnières, avec des chutes souvent plus marquées au printemps et surtout en automne. 

Certaines périodes de la vie hormonale influencent également fortement la chevelure. Pendant la grossesse, une chute peut survenir au début, puis les cheveux sont généralement plus denses dans la seconde moitié. 

En revanche, une chute de cheveux est très fréquente après l’accouchement, apparaissant le plus souvent à partir de la sixième semaine, et parfois plus tard en cas d’allaitement.

Des causes médicales peuvent également être en jeu. Une carence en fer, fréquente chez la femme, peut entraîner une chute diffuse des cheveux ; elle est souvent liée à des règles abondantes, des grossesses répétées ou une alimentation insuffisamment riche en fer. Plus rarement, elle peut révéler un saignement chronique nécessitant des examens complémentaires. 

Un trouble de la thyroïde, qu’il s’agisse d’une hyperthyroïdie ou d’une hypothyroïdie, peut aussi provoquer une perte de cheveux. Par ailleurs, certaines maladies hormonales avec excès d’hormones masculines (hyperandrogénie), comme le syndrome des ovaires polykystiques, peuvent affecter la chevelure.

Certains médicaments peuvent également être responsables d’une chute de cheveux. C’est notamment le cas de certaines pilules contraceptives mal adaptées : certaines peuvent aggraver la chute, tandis que d’autres peuvent l’améliorer. Le début ou l’arrêt d’une contraception hormonale peut aussi modifier le cycle des cheveux. Plus rarement, des traitements contenant des androgènes, des anabolisants utilisés à visée sportive, ou certains médicaments prescrits pour l’épilepsie, l’hypertension ou d’autres pathologies peuvent être en cause.

Lorsque toutes ces causes ont été éliminées, la chute de cheveux peut correspondre à une alopécie androgénétique féminine, d’origine en partie familiale. On parle alors de “calvitie féminine”, qui n’apparaît jamais avant la puberté et dont les mécanismes sont plus complexes et moins dépendants des hormones que chez l’homme.