Les piqûres sont fréquentes et le plus souvent sans gravité. Une rougeur et des démangeaisons signalent qu’on a été piqué, sans toujours dire par quoi.
Certaines réactions reviennent plus souvent avec certaines bêtes qu’avec d’autres, et les premiers gestes dépendent à la fois de ce qui a piqué et de la réaction que cela provoque.
Qui pique, au juste ?
On peut ranger les bêtes qui piquent ou mordent en quelques grandes familles, sans se perdre dans les espèces.
Les insectes à venin regroupent les abeilles, les guêpes, les frelons et les bourdons, que l’on appelle les hyménoptères. Ils injectent un venin à l’aide d’un dard. La douleur est immédiate et vive. C’est cette famille qui peut déclencher les réactions allergiques graves.
Une distinction pratique compte pour les premiers gestes : l’abeille possède un dard à crochets (ou dard barbelé) qui reste planté dans la peau avec sa glande à venin, si bien qu’elle ne pique qu’une seule fois et meurt ensuite. La guêpe et le frelon ne laissent pas le dard dans la peau et peuvent piquer plusieurs fois. Le bourdon pique rarement et, comme la guêpe et le frelon, ne laisse généralement pas son dard dans la peau.
Les piqueurs qui se nourrissent de sang, que l’on appelle les hématophages, rassemblent les moustiques, les taons, les puces, les punaises de lit et les aoûtats. Ils piquent pour se nourrir. Lors de la piqûre ils prélèvent une minuscule quantité de sang et injectent leur propre salive. La piqûre passe souvent inaperçue sur le moment, car leur salive contient des substances qui endorment la douleur et fluidifient le sang. C’est ensuite que la peau réagit à cette salive, ce qui provoque une petite bosse rouge et des démangeaisons.
Dans certaines parties du monde, le moustique peut aussi être vecteur de maladies (paludisme…) et entraîner des complications liées à la maladie transmise.
- Les tiques forment un cas à part. Elles s’accrochent à la peau et y restent plusieurs heures, voire plusieurs jours, pour se gorger de sang. Leur piqûre est indolore, car leur salive contient elle aussi des substances anesthésiantes. Le problème principal n’est pas la piqûre elle-même, mais les maladies qu’elles peuvent transmettre.
- Les araignées et les scorpions mordent ou piquent rarement sous nos climats, et les espèces présentes chez nous sont rarement dangereuses. La réaction reste le plus souvent une douleur locale, comparable à une piqûre de guêpe, qui se calme d’elle-même. Ce sont surtout les espèces exotiques, parfois gardées en terrarium, qui peuvent être dangereuses.
- Les chenilles urticantes, comme la chenille processionnaire, ne piquent pas à proprement parler. Ce sont leurs poils microscopiques qui se détachent et provoquent une réaction sur la peau, dans les yeux ou les voies respiratoires. Cela rappelle les réactions provoquées par certaines plantes, comme l’ortie, dont les poils peuvent également être irritants.
Comment reconnaître ce qui a piqué ?
Il n’est pas toujours possible de savoir qui a piqué, mais l’aspect et la disposition des lésions peuvent donner une bonne indication.
- Une piqûre indolore sur le moment, suivie plus tard d’une petite bosse qui démange, évoque plutôt un piqueur de sang comme le moustique.
- Une douleur vive et immédiate, avec un point central net et un gonflement important qui apparaît vite, oriente vers un insecte à venin comme l’abeille, la guêpe ou le frelon.
- Des boutons alignés ou groupés, souvent sur les zones découvertes ou au réveil, font penser aux punaises de lit ou aux puces.
- Une tique qui reste accrochée à la peau pendant plusieurs heures est souvent plus facile à identifier.
Quelles réactions peut-on avoir ?
- La réaction locale limitée est la plus fréquente. Une rougeur, un petit gonflement en relief que l’on appelle une papule et des démangeaisons apparaissent autour du point de piqûre. Ce point central est d’ailleurs un bon indice pour reconnaître une piqûre. La réaction se manifeste en quelques minutes à quelques heures et disparaît en un à quelques jours.
- La réaction locale étendue est plus impressionnante. Le gonflement dépasse largement le point de piqûre et gagne parfois tout l’avant-bras ou le tour de l’œil, et il peut durer plusieurs jours. La zone est souvent chaude et tendue. Il s’agit d’une réaction inflammatoire exagérée, mais qui reste en général bénigne. Le gonflement peut toutefois gêner une fonction proche, par exemple l’ouverture de l’œil ou la mobilité d’un doigt. Une situation mérite une vigilance particulière. Une piqûre dans la bouche, dans la gorge ou sur le cou peut entraîner un gonflement qui gêne la respiration : dans ce cas, il faut appeler les secours sans attendre.
- Une poussée de boutons déclenchée par les piqûres, que l’on appelle le prurigo, est fréquente, surtout chez l’enfant. De petites papules qui démangent beaucoup apparaissent, souvent sur les zones découvertes.
- La réaction allergique généralisée, ou anaphylaxie, est l’urgence à connaître, surtout après une piqûre d’abeille, de guêpe ou de frelon. Les signes ne restent pas autour de la piqûre. On observe une urticaire faite de petites lésions en reliefs qui apparaissent et se déplacent généralement d’un zone à l’autre du corps (lésions dites fugaces et migratrices) parfois un gonflement des lèvres, des paupières ou de la gorge, une gêne pour respirer, une voix modifiée, un malaise ou des vertiges. Cela survient en général dans les minutes qui suivent la piqûre. Il faut appeler un numéro d’urgence immédiatement, le 15 ou le 112. La réaction allergique ne dépend pas de la quantité de venin injectée et une seule piqûre peut suffire à déclencher cette réaction notamment chez une personne déjà sensibilisée.
Les premiers gestes, situation par situation
Après une piqûre provoquant uniquement une réaction locale qui démange due à une par un moustique ou une puce :
- Nettoyez la zone, appliquez du froid et surtout ne grattez pas car c’est le grattage qui prolonge les démangeaisons et ouvre la porte à une possible surinfection.
- Quand c’est nécessaire, une crème à base d’hydrocortisone peut réduire l’inflammation et les démangeaisons, mais elle ne doit pas être appliquée sur une piqûre infectée. Un antihistaminique par voie orale peut aider à lutter contre les démangeaisons.
Après une piqûre d’abeille :
- Commencez par retirer le dard (petit point noir visible) s’il est resté planté, ce qui est typique de l’abeille : raclez-le délicatement, avec le bord d’une carte de crédit par exemple, en le glissant parallèlement à la surface de la peau, sans le pincer entre les doigts et sans utiliser de pince à épiler, pour ne pas presser la poche à venin et risquer d’injecter le reste du venin.
En cas de piqûre de guêpe ou de frelon le dard ne reste pas dans la peau.
- Ôtez vos bagues, montres et bracelets en cas de piqûre à la main, car un gonflement peut vite les rendre difficiles à retirer.
- Lavez à l’eau et au savon, désinfectez, puis appliquez du froid enveloppé dans un linge pour calmer la douleur et le gonflement, sans poser la glace directement sur la peau.
- Un antalgique comme le paracétamol soulage la douleur si besoin.
- N’utilisez pas de pompe à venin : elle n’est pas efficace.
- Vérifiez enfin que votre vaccination contre le tétanos est à jour, car une piqûre est considérée comme une plaie.
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 et suivez les consignes du médecin régulateur en attendant les secours en cas de :
- Piqûre dans la bouche ou dans la gorge, en raison du risque de gonflement pouvant gêner la respiration
- Signes de réaction allergique : difficulté à respirer ou à avaler, gonflement de la langue, des lèvres ou de la gorge, malaise, vertiges, perte de connaissance ou urticaire généralisée
Après une morsure de tique :
- Détachez-la immédiatement à l’aide d’un tire-tique, ou à défaut une pince à épiler, au ras de la peau, en tirant doucement avec un mouvement de traction-rotation et régulièrement.
- N’appliquez ni alcool, ni aucun produit avant de la retirer, et ne la brûlez pas : ces gestes risqueraient de lui faire régurgiter son contenu et augmentent le risque de transmission de maladies.
- Désinfectez après le retrait, notez la date, et surveillez la zone dans les jours et les semaines qui suivent. Consultez sans tarder en cas de rougeur qui s’étend, de fièvre ou de fatigue inhabituelle.
Après un contact avec une chenille urticante :
- Ne frottez pas et ne grattez pas la peau.
- Retirez vos vêtements en les manipulant avec des gants.
- Lavez abondamment la zone atteinte à l’eau et au savon, puis douchez-vous afin d’éliminer d’éventuels poils urticants présents ailleurs sur le corps. Vous pouvez utiliser du ruban adhésif pour retirer les poils restés sur la peau. Lavez également les vêtements exposés.
- En cas d’atteinte des yeux, rincez-les abondamment et demandez rapidement un avis médical. Consultez également en cas de réaction cutanée importante ou d’apparition de symptômes généraux.
Les maladies transmises par certaines piqûres
Certaines piqûres inquiètent moins par la réaction immédiate que par ce qu’elles peuvent transmettre.
- La maladie de Lyme après une piqûre de tique :
Les tiques peuvent transmettre la maladie de Lyme, la principale maladie humaine liée aux tiques dans le pays. Elle est due à une bactérie et véhiculée par la tique Ixodes ricinus.
Quelques jours après la piqûre, en cas d’infection uniquement, une plaque rouge appelée érythème migrant peut apparaître autour du point de morsure et s’étendre progressivement. À ce stade, un traitement antibiotique permet d’enrayer la maladie, d’où l’importance de consulter un médecin.
Les tiques peuvent aussi transmettre d’autres maladies, plus rares.
Après une morsure, surveillez donc la zone dans les jours et les semaines qui suivent, et consultez sans tarder en cas de rougeur qui s’étend, de fièvre ou de fatigue inhabituelle.
- Les arboviroses :
Les moustiques peuvent transmettre des maladies appelées arboviroses, comme la dengue, le chikungunya ou le Zika. Le moustique tigre, désormais présent dans une grande majorité des départements de France métropolitaine et actif surtout de mai à novembre, est l’un des principaux moustiques capables de transmettre ces virus.
Une attention particulière est recommandée aux personnes qui reviennent d’un pays ou d’une région où ces maladies circulent. En effet, une personne infectée pendant son voyage peut être piquée à son retour par un moustique tigre présent en France. Celui-ci peut alors attraper le virus et le transmettre ensuite à d’autres personnes.
Au retour d’un voyage dans une zone à risque, il est donc recommandé de continuer à se protéger des piqûres de moustiques pendant environ 3 semaines.
En cas de fièvre, de douleurs ou d’éruption cutanée, consultez rapidement un médecin et pensez à lui signaler votre voyage récent.
Comment éviter les piqûres ?
Quelques mesures simples aident à réduire le risque de piqûre :
- Un répulsif cutané adapté à l’âge et à la situation (grossesse, zone géographique etc.) protège surtout des moustiques et des tiques. Choisissez toujours un produit disposant d’une autorisation de mise sur le marché et respectez les conditions d’emploi indiquées sur l’étiquette.
- Des vêtements couvrants et de couleur claire limitent les piqûres et permettent de repérer plus facilement une tique. Évitez les sandales et rentrez le bas du pantalon dans les chaussettes pour les marches en forêt et herbes hautes.
- Installez des moustiquaires sur les fenêtres, les portes etc.
- Contre les moustiques, supprimez les eaux stagnantes autour de chez vous, dans les coupelles, les bâches ou les gouttières, car les larves s’y développent.
- Évitez les parfums et les cosmétiques odorants qui attirent les insectes.
- Lors des repas en extérieur, couvrez les aliments et les boissons, buvez au verre (risque d’introduction de l’insecte dans une canette) et regardez dans votre verre avant de boire.
- Ne marchez pas pieds nus dans la nature, notamment dans l’herbe.
- Restez à distance des nids et des ruches et faites-les retirer par un professionnel.