L’isotrétinoïne est un médicament de la famille des rétinoïdes, dérivé de la vitamine A. Elle est prise par voie orale et utilisée dans certaines formes d’acné sévère ou résistante aux traitements habituels.

C’est l’un des traitements les plus efficaces de l’acné sévère. Elle peut permettre une amélioration importante et durable, parfois définitive, notamment dans les formes avec nodules, kystes ou risque de cicatrices.

Comment agit l’isotrétinoïne ?

L’acné est liée à plusieurs mécanismes : une production excessive de sébum (substance grasse naturellement présente sur la peau), une obstruction des pores, une inflammation et la prolifération d’une bactérie appelée Cutibacterium acnes (ex-Propionibacterium acnes).

L’isotrétinoïne agit sur l’ensemble de ces mécanismes. Elle diminue fortement la production de sébum, aide à désobstruer les pores, réduit l’inflammation et limite indirectement la prolifération de la bactérie impliquée dans l’acné.

C’est cette action globale qui explique son efficacité dans les formes sévères d’acné.

Dans quelles situations est-elle utilisée ?

L’isotrétinoïne peut être proposée en cas d’acné sévère, notamment lorsqu’il existe des nodules, des kystes, des lésions profondes ou un risque important de cicatrices.

Dans certaines rosacées résistantes aux traitements habituels ou fréquemment récidivantes, l’isotrétinoïne peut être discutée à faible dose, sous la responsabilité du dermatologue prescripteur, car cette utilisation est actuellement hors autorisation de mise sur le marché.

Comment prend-on l’isotrétinoïne ?

L’isotrétinoïne se prend par voie orale, généralement une à deux fois par jour, au cours des repas, car cela améliore son absorption par l’organisme.

La dose est adaptée par le dermatologue selon le poids, la tolérance du traitement et l’évolution des lésions. Le traitement dure le plus souvent plusieurs mois, habituellement entre 4 et 8 mois, car il est nécessaire d’atteindre une certaine quantité totale de médicament, appelée dose cumulative, pour favoriser une efficacité durable.

Une aggravation transitoire de l’acné peut parfois survenir au début du traitement, avant l’amélioration progressive des lésions.

Grossesse : une contre-indication absolue

L’isotrétinoïne est un médicament fortement tératogène. Cela signifie qu’elle peut provoquer des malformations graves chez l’enfant à naître si une grossesse survient pendant le traitement.

Elle est donc strictement contre-indiquée pendant la grossesse.

Chez les femmes en âge d’avoir des enfants, un programme de prévention de la grossesse est obligatoire. Il comprend notamment une contraception efficace avant le début du traitement, pendant toute sa durée et pendant 1 mois après l’arrêt. Des tests de grossesse réguliers sont nécessaires, en particulier avant chaque renouvellement du traitement.

Effets indésirables et surveillance

Les effets indésirables de l’isotrétinoïne sont fréquents, mais ils dépendent souvent de la dose et disparaissent généralement après la diminution ou l’arrêt du traitement. 

  • Les plus habituels sont liés à une sécheresse importante : lèvres sèches et fissurées, peau sèche, irritation du visage, sécheresse des yeux, du nez ou de la bouche. Une protection hydratante des lèvres et de la peau est souvent nécessaire pendant toute la durée du traitement.
  • Le traitement peut aussi rendre la peau plus sensible au soleil. Il est donc recommandé d’éviter les expositions directes et d’utiliser une protection solaire adaptée. 
  • Des douleurs musculaires ou articulaires peuvent également survenir, surtout en cas d’activité sportive intense.
  • Des anomalies peuvent apparaître sur les prises de sang, notamment une augmentation des triglycérides ou une perturbation du bilan du foie, avec parfois une élévation des transaminases. C’est pourquoi un bilan sanguin, comprenant notamment le bilan lipidique et le bilan hépatique, est réalisé avant puis pendant le traitement.

Des troubles de l’humeur, une anxiété ou des symptômes dépressifs ont aussi été rapportés chez certains patients traités par isotrétinoïne. Tout changement inhabituel du moral, du sommeil, du comportement ou toute idée noire doit être signalé rapidement au médecin prescripteur.