L’hydroxychloroquine, commercialisée notamment sous le nom Plaquenil®, est un médicament initialement développé contre le paludisme. Elle possède aussi des propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices, c’est-à-dire qu’elle aide à réguler certaines réactions excessives du système immunitaire. En dermatologie, elle est surtout utilisée dans des maladies inflammatoires ou auto-immunes pouvant toucher la peau.

Mécanisme d'action

L’hydroxychloroquine agit sur certaines cellules du système immunitaire impliquées dans l’inflammation. Elle modifie leur fonctionnement et diminue l’activation de mécanismes responsables de réactions auto-immunes, c’est-à-dire de réactions où le système immunitaire attaque par erreur certaines parties du corps.

Elle peut ainsi réduire la production de substances inflammatoires et limiter l’activation de certains globules blancs. 

Elle possède également un effet intéressant dans certaines maladies aggravées par le soleil, car elle peut contribuer à diminuer la sensibilité de la peau aux rayons UV.

Indications en dermatologie

En dermatologie, l’hydroxychloroquine est principalement utilisée dans certaines formes de lupus cutané, comme le lupus discoïde, le lupus cutané subaigu ou les atteintes cutanées du lupus érythémateux systémique.

Elle peut aussi être utilisée dans certaines maladies de peau déclenchées ou aggravées par le soleil, appelées photodermatoses, comme la lucite polymorphe.

Dans certaines situations, l’hydroxychloroquine peut également être discutée pour d’autres maladies inflammatoires de la peau, mais ces utilisations relèvent souvent du hors autorisation de mise sur le marché, selon l’avis du dermatologue.

Modalités d'utilisation

L'hydroxychloroquine s'administre par voie orale, en une prise quotidienne au cours du repas. 

L'effet thérapeutique est progressif et peut nécessiter plusieurs semaines à mois avant d'être pleinement perceptible.

Effets indésirables et surveillance

La principale précaution avec l’hydroxychloroquine concerne les yeux, et plus précisément la rétine, qui est la partie de l’œil impliquée dans la vision.

Dans de rares cas, surtout lors de traitements très prolongés ou à dose trop élevée, l’hydroxychloroquine peut provoquer une atteinte de la rétine appelée rétinopathie. Cette atteinte peut être irréversible si elle est détectée trop tard. Le risque reste faible lorsque les doses recommandées sont respectées, mais il augmente avec la durée totale du traitement, principalement après 5 ans.

Pour réduire ce risque, un examen ophtalmologique est nécessaire avant ou au début du traitement, puis une surveillance régulière est organisée, en général à partir de la 5e année. Ce suivi peut comprendre des examens spécialisés, comme un OCT maculaire et un champ visuel, qui permettent de repérer précocement une anomalie, avant même l’apparition d’une gêne visuelle. Cela permet, si nécessaire, d’arrêter le traitement avant que les troubles deviennent perceptibles ou définitifs. 

Les autres effets indésirables les plus fréquents sont digestifs, notamment des nausées, des douleurs abdominales ou une diarrhée. Ils sont souvent modérés et peuvent s’améliorer avec une prise au cours du repas.

Lors des traitements prolongés, des modifications de la couleur de la peau peuvent parfois apparaître, sous forme de taches grisâtres ou bleutées, notamment sur les jambes ou les zones exposées.

Plus rarement, l’hydroxychloroquine peut avoir un effet sur le rythme cardiaque, notamment en allongeant l’intervalle QT sur l’électrocardiogramme. Un électrocardiogramme (ECG) peut donc être demandé avant le début du traitement, surtout en cas d’antécédents cardiaques ou de prise d’autres médicaments pouvant agir sur le rythme du cœur.

Une surveillance médicale régulière est nécessaire afin d’évaluer l’efficacité du traitement, sa tolérance et l’absence d’effets indésirables importants.