Les inhibiteurs de JAK sont des médicaments utilisés dans certaines maladies inflammatoires de la peau. 

Le baricitinib, l’upadacitinib et l’abrocitinib appartiennent à cette famille, mais ils ne ciblent pas exactement les mêmes enzymes : le baricitinib agit principalement sur JAK1 et JAK2, tandis que l’upadacitinib et l’abrocitinib ciblent préférentiellement JAK1.

Ils agissent sur le système immunitaire en diminuant certains signaux responsables de l’inflammation. Ils peuvent être proposés dans certaines maladies de peau lorsque les traitements habituels ne suffisent pas, ou lorsque la maladie est modérée à sévère.

Comment agissent-ils ?

Dans certaines maladies de peau, le système immunitaire est trop actif et entretient une inflammation excessive. Cela peut provoquer des lésions cutanées ou encore une chute de cheveux dans certaines maladies.

Les inhibiteurs de JAK bloquent une partie de ces messages inflammatoires à l’intérieur des cellules. Cela permet de réduire l’inflammation et d’améliorer les symptômes.

Selon le type d’inhibiteur de JAK utilisé et sa cible précise, l’action peut être légèrement différente, ce qui explique que chaque molécule ait ses propres indications et précautions.

Le deucravacitinib est un inhibiteur sélectif de TYK2, une enzyme appartenant à la famille JAK, mais il se distingue des inhibiteurs de JAK classiques par son mode d’action plus ciblé.

Dans quelles maladies peuvent-ils être utilisés ?

En dermatologie, certains inhibiteurs de JAK peuvent être prescrits dans des maladies comme :

  • La dermatite atopique modérée à sévère, aussi appelée eczéma atopique 
  • L’alopécie areata sévère, aussi appelée pelade, une maladie responsable de chutes de cheveux 

Ils sont actuellement à l'étude dans d’autres maladies inflammatoires de la peau (comme le vitiligo, l'hidradénite suppurée ou le prurigo nodulaire).

Le deucravacitinib peut lui être prescrit chez certains adultes atteints de psoriasis en plaques modéré à sévère, lorsque la maladie nécessite un traitement général.

Le dermatologue choisit le traitement en fonction de la maladie, de sa sévérité, de l’âge et des antécédents médicaux. 

Quelles précautions avant de commencer ?

Avant de débuter un inhibiteur de JAK, le médecin prescrit un bilan médical et biologique.

Ce bilan peut inclure :

  • Une prise de sang pour vérifier les globules blancs, les globules rouges et les plaquettes ;
  • Un bilan du foie et des reins ; 
  • Un dosage des graisses dans le sang, comme le cholestérol
  • Une recherche de certaines infections, comme la tuberculose, les hépatites ou le VIH selon les cas ; 

Ces traitements ne sont généralement pas utilisés pendant la grossesse ou l’allaitement. 

Une mise à jour des vaccins est généralement proposée avant de débuter un traitement par inhibiteur de JAK, en particulier les vaccins recommandés chez les personnes recevant un traitement pouvant modifier les défenses immunitaires. 

Les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués pendant le traitement et doivent, si nécessaire, être réalisés avant son introduction, selon l’avis du médecin.

Effets indésirables et surveillance

Les effets indésirables les plus fréquents sont les infections des voies respiratoires supérieures, les réactivations herpétiques comme l’herpès labial ou le zona, les nausées, les maux de tête et certaines anomalies visibles à la prise de sang, comme une élévation du cholestérol.

Plus rarement, des effets indésirables graves peuvent survenir avec les inhibiteurs de JAK, notamment des infections sévères, des caillots sanguins, des événements cardiovasculaires ou certains cancers.

C’est pourquoi ces traitements nécessitent un bilan avant leur mise en route et une surveillance régulière, en particulier chez les personnes de plus de 65 ans, les fumeurs ou anciens fumeurs, ainsi que chez les patients ayant des facteurs de risque cardiovasculaire ou des antécédents de cancer.