Les corticoïdes par voie générale sont des médicaments anti-inflammatoires puissants. Ils peuvent être pris par voie orale, sous forme de comprimés, ou administrés par injection, notamment à l’hôpital dans certaines situations.
En dermatologie, ils sont utilisés pour traiter certaines maladies de peau sévères, étendues ou très inflammatoires. Ils peuvent être très efficaces, notamment pour contrôler rapidement une poussée, mais leur utilisation doit être strictement encadrée par un médecin, surtout lorsque le traitement se prolonge sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Comment agissent-ils ?
Les corticoïdes diminuent fortement l’inflammation et l’activité excessive du système immunitaire impliquées dans certaines maladies de la peau.
Ils exercent ainsi un effet anti-inflammatoire puissant, immunosuppresseur et anti-œdémateux, c’est-à-dire qu’ils aident aussi à réduire le gonflement lié à l’inflammation.
Leur action est rapide. Ils sont donc généralement utilisés lors de poussées aiguës de ces maladies. Plus rarement, ils peuvent être nécessaires sur une durée plus longue, pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, le plus souvent en association avec d’autres traitements destinés à prendre progressivement le relais des corticoïdes.
Dans quelles maladies peuvent-ils être utilisés en dermatologie ?
En dermatologie, les corticoïdes par voie générale peuvent être prescrits dans certaines situations, par exemple :
- Certaines maladies bulleuses auto-immunes, comme le pemphigus ou la pemphigoïde bulleuse étendue
- Certaines formes de dermatomyosite, de lupus ou d’autres dermatoses inflammatoires
- Certaines vascularites, c’est-à-dire des inflammations des vaisseaux
- Certaines réactions cutanées liées à la prise d’un médicament
Cette liste n’est pas exhaustive. Le médecin décide de l’indication selon la maladie, sa sévérité, l’état général du patient et les autres traitements possibles.
Quelles précautions pendant le traitement ?
Lorsqu’un traitement corticoïde est instauré, d’autant plus s’il est prolongé, certaines mesures de prévention sont souvent nécessaires.
Le médecin recommande généralement :
- Une alimentation équilibrée, avec une limitation du sel et des sucres rapides ;
- Une supplémentation en calcium et en vitamine d ;
- Une surveillance de la tension artérielle ;
- Une surveillance du poids et de la glycémie ;
- Une évaluation du risque d’ostéoporose et, si nécessaire, un traitement préventif de l’ostéoporose ;
- Parfois, un traitement pour protéger l’estomac ;
- Une mise à jour des vaccins.
Il ne faut généralement pas arrêter brutalement un traitement corticoïde lorsqu’il a été pris pendant une période prolongée.
En effet, le corps fabrique naturellement une hormone proche des corticoïdes, appelée cortisol, produite par les glandes surrénales. Lorsque des corticoïdes sont pris pendant longtemps, cette production naturelle peut diminuer temporairement. Après l’arrêt du traitement, les glandes surrénales peuvent mettre un certain temps à recommencer à produire suffisamment de cortisol : c’est ce que l’on appelle une insuffisance surrénalienne.
Un arrêt trop rapide peut alors entraîner des symptômes comme une grande fatigue, une baisse de tension, des nausées, des vertiges ou un malaise.
C’est pourquoi, en cas de traitement prolongé, la dose est généralement diminuée progressivement, selon les consignes du médecin.
Quels effets indésirables peuvent survenir ?
Les corticoïdes peuvent provoquer des effets indésirables, surtout lorsqu’ils sont pris à dose élevée ou pendant longtemps.
Les effets possibles comprennent notamment :
Une prise de poids
Un gonflement du visage
Une augmentation de l’appétit
Une hausse de la tension artérielle
Une augmentation du taux de sucre dans le sang
Une fragilisation des os, avec un risque d’ostéoporose
Une fragilisation de la peau, avec bleus ou vergetures
Un risque accru d’infections
Des troubles du sommeil
Des changements d’humeur, comme nervosité, irritabilité ou baisse du moral
Plus rarement, des problèmes oculaires comme une cataracte ou un glaucome
Ces effets ne surviennent pas chez tout le monde et dépendent notamment de la dose, de la durée du traitement et du terrain de chaque patient.
C’est pourquoi le médecin prescripteur cherche généralement à utiliser la dose minimale efficace de corticoïdes, pendant la durée la plus courte possible.
Lorsque cela est nécessaire, il peut aussi introduire précocement un traitement dit d’épargne cortisonique. Il s’agit d’un traitement destiné à prendre progressivement le relais des corticoïdes ou à compléter leur effet, afin de pouvoir réduire autant que possible la dose de corticoïdes tout en maintenant le contrôle de la maladie.