Qu’est-ce qu’une thérapie ciblée pour la prise en charge des cancers de la peau ?

Les thérapies ciblées sont des traitements anticancéreux qui agissent sur des anomalies précises présentes dans certaines cellules tumorales.

Contrairement à la chimiothérapie classique, qui agit de façon non sélective sur les cellules qui se divisent rapidement (qu’elles soient tumorales ou non tumorales), les thérapies ciblées cherchent à bloquer un mécanisme particulier dont la cellule cancéreuse a besoin pour se multiplier ou survivre. Ce mode d’action leur permet d’agir plus spécifiquement sur les cellules cancéreuses.

Certaines thérapies ciblées nécessitent la recherche préalable d’une anomalie moléculaire précise dans la tumeur, comme la mutation BRAF V600 dans le mélanome. 

Dans tous les cas le choix d’une thérapie ciblée est toujours discuté en réunion spécialisée, en fonction du type de cancer, de son extension, du profil moléculaire de la tumeur, de l’état général du patient et des autres traitements possibles, comme l’immunothérapie, la chirurgie ou la radiothérapie.

Principales thérapies ciblées pour la prise en charge des cancers de la peau

En oncodermatologie, plusieurs familles de thérapies ciblées peuvent être utilisées.

  • Les inhibiteurs de BRAF et de MEK, comme le dabrafénib, le tramétinib, le vémurafénib, le cobimétinib, l’encorafénib ou le binimétinib, sont utilisés dans certains mélanomes avancés ou métastatiques présentant une mutation appelée BRAF V600. Dans ces mélanomes, la mutation BRAF V600 active de façon excessive une voie de signalisation appelée voie des MAP kinases, qui favorise la multiplication des cellules cancéreuses. Les inhibiteurs de BRAF et de MEK bloquent cette voie à différents niveaux. Ces traitements sont souvent associés entre eux, par exemple un anti-BRAF avec un anti-MEK, afin d’améliorer l’efficacité et de retarder l’apparition de résistances.

  • Les inhibiteurs de la voie Hedgehog, comme le vismodégib ou le sonidégib, sont utilisés dans certains carcinomes basocellulaires avancés. Dans ces cancers, la voie Hedgehog peut être anormalement activée. Les inhibiteurs Hedgehog bloquent cette voie, ce qui peut ralentir ou réduire la croissance tumorale.

  • Le mogamulizumab, qui cible CCR4, est utilisé dans certains lymphomes T cutanés avancés. Dans certains cas, les cellules tumorales expriment CCR4. Le mogamulizumab cible cette molécule afin d’aider le système immunitaire à éliminer ces cellules.

Avantages et limites

Les thérapies ciblées présentent souvent des taux de réponse initiaux élevés et une meilleure tolérance que la chimiothérapie classique.

Leur principale limite est le développement possible de mécanismes de résistance, pouvant conduire à une reprise de l’évolution tumorale après plusieurs mois ou années selon les situations.

Certaines associations, comme anti-BRAF + anti-MEK, permettent par exemple de retarder l’apparition de ces résistances.

Enfin les thérapies ciblées peuvent provoquer des effets indésirables spécifiques, différents selon la molécule utilisée. Une surveillance régulière par l’équipe médicale est donc nécessaire pendant toute la durée du traitement.