Qu’est-ce qu’une chimiothérapie systémique en dermatologie ?
La chimiothérapie systémique correspond à l’utilisation de médicaments anticancéreux qui circulent dans tout l’organisme. En dermatologie, elle est aujourd’hui le plus souvent réservée à des situations spécifiques de cancers cutanés avancés.
Elle n’est plus toujours le traitement principal, car l’immunothérapie et les thérapies ciblées ont profondément modifié la prise en charge de plusieurs cancers de la peau.
Principe de la chimiothérapie
Les cellules cancéreuses ont tendance à se multiplier rapidement. La chimiothérapie agit en bloquant leur multiplication ou en endommageant leur matériel génétique, ce qui peut ralentir l’évolution de la tumeur ou détruire certaines cellules cancéreuses.
Cependant, ces médicaments ne ciblent pas uniquement les cellules tumorales. Ils peuvent aussi toucher des cellules normales qui se renouvellent rapidement, comme les cellules de la moelle osseuse, des cheveux, de la bouche, de l’intestin ou de la peau. C’est ce qui explique une partie des effets indésirables.
Indications en oncodermatologie
En dermatologie, la chimiothérapie systémique peut être discutée dans certaines formes avancées de cancers cutanés, notamment les mélanomes, les carcinomes épidermoïdes cutanés, les carcinomes de Merkel, les sarcomes de Kaposi ou les lymphomes cutanés T.
La décision est toujours prise au cas par cas, dans un cadre spécialisé, en tenant compte du type de cancer, de son extension, de l’état général du patient et des autres traitements disponibles.
Administration et prise en charge
La chimiothérapie est administrée en milieu hospitalier spécialisé, le plus souvent par perfusion intraveineuse. Elle est donnée par cycles, aussi appelés cures, séparés par des périodes de repos afin de permettre à l’organisme de récupérer.
Avant de débuter, le dossier est généralement discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec plusieurs spécialistes : dermatologues, oncologues, chirurgiens, radiothérapeutes, anatomopathologistes et autres professionnels selon la situation.
Effets indésirables et surveillance
Les effets indésirables varient selon le médicament utilisé, la dose, le nombre de cures et l’état général du patient. Ils sont en partie liés à l’action de la chimiothérapie sur les cellules normales qui se renouvellent rapidement.
Les effets possibles sont notamment une baisse des globules blancs, des globules rouges ou des plaquettes, pouvant augmenter le risque d’infection, de fatigue, d’anémie ou de saignement. Une chute des cheveux, des nausées, des vomissements, une inflammation de la bouche ou des muqueuses, ainsi que des fourmillements, douleurs ou troubles de la sensibilité des mains et des pieds peuvent aussi survenir selon les traitements.
Une surveillance régulière est indispensable, notamment par des prises de sang avant chaque cure, avec une numération formule sanguine. Des traitements peuvent être associés pour limiter les nausées, prévenir certaines complications ou aider la moelle osseuse à récupérer lorsque cela est nécessaire.