Il ne s’agit ni d’une maladie ni d’un signe de surpoids. La cellulite concerne plus de 80 % des femmes après la puberté, ce qui s’explique en grande partie par l’organisation normale de la graisse sous-cutanée.
Autrement dit, c'est la règle et non l'exception.
1. La cellulite : un mot trompeur
En médecine, le suffixe ‘ite’ désigne presque toujours une inflammation. On le retrouve dans des mots comme arthrite, tendinite ou otite. La cellulite au sens courant n'a pourtant rien d'inflammatoire.
Il existe bien une véritable cellulite infectieuse (infection de la graisse située sous la peau) mais qui n'a absolument rien à voir avec la cellulite dont il est question ici.
La cellulite telle que l'entend le grand public est en réalité un aspect totalement normal et non inflammatoire de la peau dans certaines régions du corps, en particulier les cuisses, les fesses et les hanches. Ce n'est pas une maladie.
2. Pourquoi a-t-on de la cellulite ?
Il s’agit avant tout d’une question d’architecture de la peau. Sa couche la plus profonde est composée de graisse, ce qui est tout à fait normal. Cette graisse est organisée en petits compartiments séparés par des cloisons plus fermes, faites de tissu fibreux. L’orientation et l’organisation de ces cloisons, associées à l’épaisseur et à la fermeté de la peau, expliquent en grande partie l’aspect de cellulite sur certaines zones du corps.
Chez la femme, la graisse ne se répartit pas de façon uniforme sur tout le corps. Sous l'effet des hormones féminines, elle a tendance à se loger de préférence au niveau des hanches, des fesses et des cuisses.
Sur ces zones, les cloisons qui séparent la graisse sont plus souvent orientées verticalement, soit perpendiculairement à la surface de la peau. Fermes, elles rattachent la peau aux tissus profonds, un peu comme des points d'ancrage. Entre elles, la graisse, plus souple, remonte et pousse vers la surface. Là où les cloisons retiennent la peau, il se forme un creux, et là où la graisse pousse, une bosse : c'est ce relief en creux et en bosses que l'on appelle cellulite ou peau d'orange.
- Chez l’homme, ces cloisons ont plutôt tendance à s’entrecroiser, un peu comme un grillage qui maintient la graisse à plat. Associée à une peau plus épaisse, cette organisation explique en partie pourquoi les hommes présentent beaucoup moins souvent cet aspect en creux et en bosses.
D'autres éléments jouent un rôle : les hormones féminines, en particulier les œstrogènes, et la génétique ont un impact sur l'orientation et l'épaisseur des cloisons fibreuses, l'épaisseur de la peau (notamment du derme) et sur la façon dont la graisse sous-cutanée se répartit.
Le mode de vie intervient aussi mais de façon plus modeste.
3. Les différentes formes que l'on observe
On décrit habituellement trois ‘formes’ de cellulite. Une même personne peut d'ailleurs présenter plusieurs de ces formes en même temps.
- La première est la cellulite dite adipeuse : elle est souple au toucher et ne se voit souvent qu'en pinçant légèrement la peau. C'est la forme la plus fréquente, et on la retrouve volontiers sur les cuisses et les fesses.
- La deuxième est la cellulite dite œdémateuse : elle est plutôt liée à une rétention d'eau et s'accompagne fréquemment d'une sensation de jambes lourdes.
- La troisième est la cellulite dite fibreuse : C'est la plus ancienne et la plus installée. Le tissu y est devenu plus dense, ce qui rend la peau plus ferme et le relief plus marqué et visible même au repos. Elle peut être un peu sensible quand on la pince.
4. Quand il ne s’agit pas de cellulite
Le lipœdème est différent de la cellulite dite ‘classique’. Il s'agit d'une véritable maladie qui touche presque uniquement les femmes. En cas de lipœdème la graisse s'accumule de façon symétrique aux jambes, et parfois aux bras, tout en épargnant les pieds, ce qui donne un arrêt net à la cheville. Ce lipœdème est douloureux au toucher, à la pression ou même spontanément (à l’inverse de la cellulite). Il nécessite une prise en charge spécialisée.
Le lymphœdème est lié à une mauvaise circulation de la lymphe, il est généralement responsable d’un gonflement de tout le membre. Il peut lui aussi donner à la peau un aspect capitonné qui rappelle la peau d'orange. Contrairement à la cellulite, il touche souvent une seule jambe, fait aussi gonfler le pied et les orteils et s'accompagne d'une peau qui s'épaissit avec le temps.
5. Que peut-on faire si cela nous gêne esthétiquement ?
Rappelons-le : la cellulite n’est pas une maladie. À ce jour, aucune méthode ne la fait disparaître entièrement et définitivement, tout simplement parce qu’elle correspond à une organisation normale de la graisse sous la peau. Si son aspect gêne, certaines techniques peuvent l’atténuer, mais leurs résultats restent le plus souvent modestes et temporaires.
Les produits appliqués sur la peau : il n’existe pas de données réellement solides montrant que l’application de produits sur la peau puisse modifier durablement l'architecture responsable de l’aspect en peau d’orange (des capitons).
Les massages et techniques manuelles : Le palper-rouler, les massages et le drainage pourraient agir sur la circulation locale et donner temporairement un aspect plus lisse à la peau. Là encore, les données scientifiques restent limitées.
Les techniques qui agissent sur les cloisons : sous la peau, de petites attaches fibreuses peuvent tirer certaines zones vers le bas et créer les creux typiques de la cellulite. Les techniques qui cherchent à les relâcher ou à les sectionner pourraient améliorer l’aspect des capitons de façon plus durable. Mais la cellulite ne dépend pas d’un seul facteur : la graisse, la qualité de la peau et sa fermeté jouent aussi un rôle. Ces techniques peuvent par ailleurs entraîner des effets indésirables.
L’exercice physique : Une bonne hygiène de vie peut être utile, l'exercice physique peut par exemple améliorer l'aspect de la zone en augmentant la masse musculaire.
Le poids : perdre du poids ne fait pas nécessairement disparaître la cellulite. La perte de poids réduit le volume de graisse et peut ainsi contribuer à réduire la cellulite chez certaines personnes, mais pas chez toutes. La cellulite donc n’est pas synonyme d’excès de graisse : elle peut être très visible chez une femme qui n’est pas en surpoids.