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    Résumé

    Les poux véhiculent, à tort, une image de précarité et d'hygiène douteuse. Si cela reste vrai pour les poux de corps, les poux de tête sont fréquents, surtout en milieu scolaire, affectant alors enfants et parents de tous milieux…

    Qu'est-ce que les poux ?

    TOUT LE MONDE PEUT-ÊTRE CONCERNÉ

    Localisation des différents types de pouxLes poux véhiculent, à tort, une image de précarité et d'hygiène douteuse. Si cela reste vrai pour les poux de corps, les poux de tête sont fréquents, surtout en milieu scolaire, affectant alors enfants et parents de tous milieux…

    Il existe trois types de poux responsables de trois pédiculoses différentes :

    • la pédiculose de la tête due à Pediculus humanus capitis ;
    • la pédiculose corporelle due à Pediculus humanus corporis ;
    • la phtiriase due à Phtirius inguinalis, encore appelé pou de pubis, ou plus communément « morpion ».

    Si la pédiculose corporelle est associée à la grande précarité, et la phtiriase considérée comme une infection sexuellement transmissible, la pédiculose de tête peut concerner absolument tout le monde, y compris les « gens propres ». Elle reste encore, à tort, associée à la suspicion d'une hygiène douteuse et/ou de précarité et entraîne de fait une stigmatisation sociale des sujets porteurs. Une étude a même démontré que les enfants porteurs de poux faisaient ainsi plus de cauchemars que les autres.

    La pédiculose de la tête

    Dans les pays occidentaux, les poux de tête touchent essentiellement les enfants d'âge scolaire entre 3 et 8 ans. On estime que 300 millions de personnes dans le monde seraient concernées par la pédiculose de la tête.

    La transmission est interhumaine directe, c'est-à-dire par contact direct des têtes, en particulier chez les enfants d'âge scolaire. Plus rarement, il peut s'agir d'une contamination interhumaine indirecte par les bonnets, les peignes ou les brosses. Le symptôme le plus courant – bien qu'inconstant – est le prurit, c'est-à-dire la démangeaison du cuir chevelu. Il peut s'ensuivre des lésions de grattage susceptibles de se surinfecter et de donner des ganglions au niveau de la nuque encore appelés « adénopathies cervicales ». Ainsi, toute infection de la nuque ou du cuir chevelu doit faire rechercher l'existence de poux. Le pou de tête ne transmet en revanche aucune maladie infectieuse à la différence du pou de corps. La découverte de poux vivants, visibles à l'œil nu après peignage, ainsi que de lentes collées aux cheveux mais ne coulissant pas le long du cheveu, apporte la certitude diagnostique.

    La pédiculose corporelle

    La pédiculose corporelle est surtout rencontrée chez des personnes en situation de grande précarité. Elle est beaucoup plus rare que la pédiculose de la tête. Elle se manifeste par des démangeaisons associées à des lésions de grattage prédominant dans le dos et sur la racine des membres. Ces lésions peuvent se surinfecter. En outre, le pou de corps peut transmettre des maladies infectieuses qui peuvent être graves, comme le typhus par exemple. La découverte de poux sur le corps et dans les vêtements permet de confirmer le diagnostic.

    La phtiriase

    La phtiriase est une infection sexuellement transmissible. Elle n'est pas prévenue par le port du préservatif. Elle se manifeste par des démangeaisons du pubis associées à des lésions de grattage qui peuvent se surinfecter et donner des ganglions de l'aine ou « adénopathies inguinales ». La mise en évidence des poux situés à l'orifice du poil permet d'apporter la certitude diagnostique. Ils sont moins mobiles que les poux de tête ou les poux de corps. Ils peuvent également se localiser sur les poils corporels ainsi que sur les cils. Ils ne transmettent pas d'autres maladies.

    La phtiriase peut atteindre également les enfants contaminés lors d'un contact étroit avec les parents. L'abus sexuel n'est pas obligatoire, mais la découverte d'une phtiriase chez un enfant doit le faire suspecter.

    Les causes des poux

    Des poux de types différents selon leur localisation

    Les lentesLa pédiculose de la tête, du corps ou du pubis est due respectivement à trois variétés de poux dont les modes de transmission sont spécifiques. Les démangeaisons communes à l'ensemble de ces pédiculoses sont liées aux piqûres réalisées par ces insectes pour se nourrir.

    Les poux sont des insectes hématophages, c'est-à-dire qu'ils se nourrissent de sang humain. Il en existe 2 espèces :

    • Pediculus humanus variété capitis, responsable de la pédiculose de la tête ;
    • Pediculus humanus variété corporis, responsable de la pédiculose corporelle ;
    • Phtirius inguinalis, encore appelé pou de pubis ou plus communément « morpion », responsable de la phtiriase.

    Les modes de contamination sont sensiblement différents selon le type de pédiculose. La pédiculose de tête se transmet par contact humain direct « tête à tête » ou plus rarement de façon indirecte par échanges de bonnets, de brosses ou de peignes. La pédiculose corporelle se transmet surtout par les vêtements contaminés, tandis que la phtiriase se transmet par des contacts humains intimes comme on les rencontre au cours des rapports sexuels ou parfois entre parents et enfants.

    Les femelles adultes pondent des œufs (10 à 20/j), encore appelés lentes, qui éclosent et donnent des larves adultes en 8 à 10 jours. Cette ponte s'effectue à proximité de l'émergence des cheveux dans la pédiculose de tête, dans les fibres textiles des vêtements dans la pédiculose corporelle et près de l'émergence des poils de la région génitale dans le cas de la phtiriase. Les poux se nourrissent de sang humain prélevé lors de petites piqûres sur la peau ou le cuir chevelu que l'on peut retrouver à l'examen. Ce sont ces piqûres qui sont à l'origine des démangeaisons en raison de la réaction inflammatoire locale qu'elles engendrent.

    Conseils contre les poux

    Quelques règles à respecter pour éradiquer les poux

    Examiner le cuir cheveluL'éradication des poux passe par un respect rigoureux des modalités de traitement et un examen attentif et régulier de la chevelure des enfants en âge scolaire.

    Examiner régulièrement le cuir chevelu et la chevelure des enfants scolarisés.

    La recherche de poux et de lentes visibles à l'œil nu soit par inspection, soit par peignage de la chevelure des enfants avec un peigne spécial anti-poux sur cheveux secs ou idéalement humides, est recommandée afin de dépister une pédiculose de la tête et de la traiter.

    En cas de pédiculose de la tête, examiner tous les membres de la famille ainsi que l'entourage proche et traiter les sujets atteints

    La pédiculose de la tête se transmettant par contact humain direct « tête à tête », il est indispensable d'examiner le cuir chevelu et la chevelure des autres membres de la famille et de l'entourage proche (frères, sœurs, parents, grands-parents, nounou…), même s'ils ne présentent pas de symptômes. En cas de découverte de poux et/ou de lentes, le même traitement doit être appliqué et renouvelé à 10 jours d'intervalle afin de ne pas laisser persister un foyer de poux qui serait source de nouvelles contaminations.

    Surtout pas de traitements préventifs !

    Ces shampoings sont très vraisemblablement responsables de la survenue de résistance des poux aux insecticides. En outre, les shampoings utilisés à visée préventive ou curative contiennent des pesticides. Une étude épidémiologique (voir lexique) a montré qu'une utilisation régulière de shampoings anti-poux pourrait être associée à un risque accru de leucémies aiguës de l'enfant. Même si cette étude n'est pas confirmée, ces shampoings ne devraient pas être utilisés de façon régulière, d'autant que leur efficacité préventive n'a jamais été démontrée.

    Ne pas oublier la deuxième application 10 jours après

    Le respect strict des consignes de traitement avec deux applications du produit à 10 jours d'intervalle est indispensable à la bonne efficacité du traitement. En effet, les traitements sont actifs sur les poux mais pas ou peu sur les lentes (œufs). Sachant qu'une dizaine de jours est nécessaire à l'éclosion des œufs et à la maturation des larves, il est important de renouveler l'application pour éradiquer les poux issus des œufs qui auraient résisté à la première application du produit.

    En cas d'échec aux traitements classiques, consulter un médecin

    Un traitement classique par insecticide (malathion ou dérivé des pyréthrines) a échoué s'il persiste des poux vivants, malgré un respect strict des consignes d'utilisation du produit. Il existe des alternatives thérapeutiques type diméticone, ou bug-busting, mais il est souhaitable d'aller consulter un médecin.

    Laver le linge au moins à 50°C

    Dans la pédiculose de la tête comme dans la pédiculose corporelle, il est indispensable de laver le linge ayant été en contact avec les cheveux à une température au moins égale à 50°C afin de détruire les poux et les lentes (œufs). Bonnets et draps pour la pédiculose de tête, vêtements pour la pédiculose corporelle.

    Les poux : les examens

    Un diagnostic à l'œil nu

    Diagnostic visuelLe diagnostic de pédiculose repose sur la mise en évidence des insectes et/ou de leurs lentes (œufs) visibles à l'œil nu après peignage sur cheveux secs ou humides.

    Quel que soit le type de pédiculose – pédiculose de tête, pédiculose corporelle ou phtiriase – la mise en évidence de poux vivants et/ou de lentes, visibles à l'œil nu, apporte la certitude diagnostique. Aucun autre examen n'est nécessaire.

    Dans la pédiculose de tête, les lentes sont collées au cheveu mais ne coulissent pas le long du cheveu.

    Traitements contre les poux

    Un même traitement pour toutes les pédiculoses

    Alors qu'il existe trois types de pédiculoses différents répondant à des modes de contamination spécifiques, le traitement fait appel aux mêmes insecticides. Le respect strict des consignes d'utilisation du produit est indispensable à une bonne efficacité du traitement, malgré des résistances qui commencent à apparaître.

    Le traitement des pédiculoses, quel que soit leur type, fait appel aux pédiculicides dont il existe aujourd'hui deux grandes familles : les organophosphorés dont le malathion est le chef de file, et les dérivés des pyréthrines. Ces deux classes de produits s'attaquent au système nerveux des poux. Les dérivés des pyréthrines ont été très largement utilisés ces dernières décennies en raison de leur grande efficacité, de leur moindre toxicité et de leur meilleure maniabilité que le malathion. Les deux produits peuvent être utilisés indifféremment en première intention.

    Une technique d'application à bien respecter

    Un traitement bien conduit utilise un traitement de référence (malathion ou dérivés de pyréthrine), appliqué en quantité suffisante sur la totalité de la chevelure qui doit être bien mouillée ; il vaut mieux pour cela une lotion. Ces produits n'étant que peu ou pas efficaces sur les lentes (œufs), il est indispensable de renouveler l'application 10 jours plus tard afin d'éliminer les poux nés des œufs n'ayant pas été éliminés lors du premier shampoing.

    Laver le linge au moins à 50°C

    Dans la pédiculose de la tête comme dans la pédiculose corporelle, il est indispensable de laver le linge à une température au moins égale à 50°C afin de détruire les poux et les lentes (œufs). Bonnets et draps pour la pédiculose de tête, vêtements pour la pédiculose corporelle.


    Des résistances aux traitements commencent à apparaître…

    Depuis le début des années 90, il a été rapporté des cas de résistance aux dérivés de la pyréthrine. Cette résistance des poux aux dérivés de la pyréthrine a été confirmée dans de nombreux pays, qui ont été amenés à réintroduire le malathion s'avérant désormais plus efficace. Elle serait due à des mutations génétiques des poux. Depuis quelques temps, des cas de résistance au malathion ont également été rapportés. Certains poux présenteraient même une double résistance aux dérivés des pyréthrines et au malathion, obligeant à chercher des alternatives thérapeutiques.

    Idéalement, il faudrait connaître le niveau de résistance collectif afin de pouvoir proposer le traitement le plus adapté. Une étude est actuellement réalisée dans les écoles parisiennes, financée par la Société Française de Dermatologie, et par la Direction de l'action sanitaire et sociale de la mairie de Paris, en partenariat avec le laboratoire de parasitologie de l'hôpital Avicenne ainsi que le service d'épidémiologie de l'hôpital Bicêtre, afin d'étudier le niveau de résistance des poux à Paris.

    Les nouveaux traitements

    Alors que les produits traditionnels comme le malathion et les dérivés de la pyréthrine agissent sur le système nerveux des poux, les nouvelles molécules seraient toxiques sur leur système respiratoire et agiraient en les asphyxiant. Il s'agit de la diméticone à 4% ou 92% dont l'efficacité serait toutefois moindre que celle des produits classiques, de l'ordre de 70%.

    Ces nouveaux agents se présentent sous forme d'huile essentielle ou sous forme de gel. Ils sont à essayer, de préférence, en deuxième intention, lorsque les traitements classiques bien conduits ont échoué. Toutefois, en cas de résistance aux traitements classiques, une consultation chez le médecin est conseillée.

    Autre alternative : le bug-busting

    Le bug-busting consiste en un système de peignage régulier des cheveux humides afin d'enlever les poux. Deux essais ayant comparé cette technique aux produits insecticides traditionnels ont abouti à des résultats contradictoires. Dans l'un, le bug-busting fait mieux que l'insecticide, dans l'autre, il fait moins bien. Il s'agit donc d'une technique qui reste controversée.

    Dernière mise à jour : 24-06-2015