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  • Les Pellicules
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    Résumé

    Les pellicules touchent une personne sur deux en France. Elles sont bénignes mais elles donnent un aspect inesthétique et négligé particulièrement « gênant » dans la relation aux autres, surtout dans une société où l'apparence tient une place non négligeable.

    Les causes des pellicules

    Les pellicules touchent une personne sur deux en France. Elles sont bénignes mais elles donnent un aspect inesthétique et négligé particulièrement « gênant » dans la relation aux autres, surtout dans une société où l'apparence tient une place non négligeable.


    Un cocktail mariant sébum, mycoses et inflammation du cuir chevelu

    Nous ne sommes pas tous égaux face aux pellicules. Pourquoi, alors que le champignon Malassezia colonise toutes nos têtes, certaines personnes développent-elles plus de pellicules que d'autres ?

    On considère que 4 facteurs concomitants favorisent le développement des pellicules :

    • la sécrétion de sébum
    • la présence du champignon Malassezia sur le cuir chevelu
    • la prédisposition génétique à faire une réaction inflammatoire
    • des facteurs externes variables selon le moment de la vie

    Le champignon Malassezia, un amateur de sécrétions graisseuses

    L'épiderme du cuir chevelu est recouvert d'un film lipidique (riche en graisse) appelé sébum dont le rôle est, entre autres, de le protéger contre le dessèchement. Le Malassezia est un champignon qualifié de lipophile : il se développe aisément dans des milieux gras. Le cuir chevelu, sans oublier le visage et le dos, où le sébum est sécrété en quantité particulièrement élevée crée donc un environnement favorable pour son développement. Ce champignon peut « digérer » les lipides présents dans le sébum et produire des acides gras particulièrement irritants pour la peau et le cuir chevelu. Produits en trop grande quantité, ils peuvent induire une inflammation à l'origine des pellicules.

    Pas tous égaux face aux pellicules : plusieurs facteurs impliqués

    Pour 50% des individus, sébum et Malassezia coexistent en bonne harmonie. Pour les 50% restants, un déséquilibre peut survenir. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Tout d'abord, tout le monde ne sécrète pas la même quantité de sébum. Certaines personnes en sécrètent une quantité suffisamment importante pour être propice au développement excessif de Malassezia et donc à la formation de pellicules.

    Par ailleurs, la quantité de sébum est variable au cours du temps, notamment selon les sécrétions hormonales. Enfin, d'autres facteurs peuvent favoriser l'apparition des pellicules : le stress, la fatigue, la pollution, le manque de soleil, certaines maladies (maladie de Parkinson), certains médicaments (les neuroleptiques). Leur lien avec le Malassezia ou la quantité de sébum n'est pas encore clairement établi.

    L'existence de tous ces facteurs explique pourquoi certains sujets peuvent avoir des pellicules à certains moments de la vie et pas à d'autres.

    Que sont les pellicules ?

    Un suspect bien identifié, le champignon Malassezia

    Les pellicules touchent une personne sur deux en France. Elles sont bénignes mais elles donnent un aspect inesthétique et négligé particulièrement « gênant » dans la relation aux autres, surtout dans une société où l'apparence tient une place non négligeable.

    Jamais avant la puberté

    Les pellicules apparaissent à l'adolescence au moment de la puberté lorsque débute la sécrétion de sébum (film lipidique protecteur produit par les glandes sébacées) responsable des « cheveux gras ». Cette affection chronique récidivante touche un adulte sur deux. Les hommes semblent plus fréquemment atteints que les femmes, sans doute sous l'effet des hormones mâles appelées androgènes. Les enfants en sont donc exemptés. Si toutefois on observe des pellicules à cet âge, cela peut être le signe d'une maladie sous-jacente comme un psoriasis ou une teigne nécessitant une consultation dans les plus brefs délais.

    Deux états pelliculaires selon la sévérité

    Les pellicules légères et discrètes : ce sont de petites squames blanchâtres correspondant à des amas de cellules mortes très volatiles qui tombent du cuir chevelu et viennent parsemer les vêtements.

    La dermite séborrhéique : il s'agit de pellicules associées à une forte inflammation du cuir chevelu induisant des rougeurs et des démangeaisons. Cette forme peut éventuellement évoluer vers ce que l'on appelle une « fausse teigne amiantacée », squames épaisses et dures qui peuvent étouffer le cuir chevelu jusqu'à entrainer une chute de cheveux toutefois réversible.

    Les pellicules : le champignon Malassezia en cause…

    Bien que la cause exacte de l'apparition des pellicules reste encore sujet à débats, son processus est quant à lui bien admis : il s'agit d'une accélération du renouvellement des cellules de l'épiderme du cuir chevelu associée à une desquamation anormale.

    Un cuir chevelu en bonne santé produit des cellules mortes tous les jours (jusqu'à 4 kg par an) sans qu'on s'en aperçoive. Ce renouvellement cellulaire s'établit selon un cycle régulier d'environ 28 jours. Durant ce processus, les cellules de l'épiderme ont le temps de finaliser correctement leur maturation, de se désolidariser progressivement les unes des autres et une fois arrivées à la surface, de se détacher une à une de façon invisible.

    Dans le cas de pellicules, le renouvellement des cellules s'accélère sous l'action d'une inflammation du cuir chevelu. On pense aujourd'hui qu'un champignon appelé Malassezia est la cause de cette inflammation.

    Présent naturellement sur le cuir chevelu, il peut proliférer anormalement dans certaines circonstances et provoquer une accélération du renouvellement cellulaire, qui ne s'effectue plus alors en 28 jours mais en 5 à 14 jours. Les cellules n'ont alors plus suffisamment de temps pour se détacher les unes des autres et arrivent à la surface du cuir chevelu non plus de façon individualisée mais par paquet. Les amas de cellules mortes deviennent visibles, ce sont les pellicules.

    Bien que le rôle exact du Malassezia dans le développement des pellicules ne soit pas totalement élucidé, plusieurs arguments sont en faveur d'une association étroite entre les deux :

    • plus l'état pelliculaire est sévère, plus on observe de Malassezia à la surface du cuir chevelu
    • tous les traitements actifs contre les Malassezia sont actifs sur les pellicules.
    Les pellicules : les examens

    Les pellicules sont très facilement identifiables. Le diagnostic repose donc exclusivement sur un examen clinique par le dermatologue et ne nécessite pas d'examen complémentaire.

    Le dermatologue : un diagnostic à l'œil sans examen complémentaire

    Le dermatologue identifie très aisément les pellicules par la présence de petites squames ou cellules mortes blanchâtres ou grisâtres à la surface du cuir chevelu qui sont très visibles sur des vêtements sombres.

    Il s'attachera à vérifier qu'il ne s'agit pas de gaines coulissantes, petits manchons coulissants autour du cheveu, blancs et mobiles, ni de lentes (œufs des poux de couleur grisâtre ou blanchâtre qui adhèrent au cheveu). Il peut utiliser pour cela un dermoscope, grosse loupe permettant de grossir 10 à 20 fois et utilisée couramment pour examiner les grains de beauté.

    La dermite séborrhéique est diagnostiquée par la présence de pellicules grasses et jaunâtres associées à une forte inflammation (rougeur) et à des démangeaisons du cuir chevelu. Cette affection peut parfois s'étendre au visage.

    Conseils en cas de pellicules

    De l'importance du respect rigoureux des consignes du médecin

    L'amélioration d'un état pelliculaire passe tout d'abord par le respect rigoureux de la prescription du dermatologue. En premier lieu, il faut bien suivre ces conseils en ce qui concerne la fréquence la plus adaptée des shampooings. Si un traitement local complémentaire est prescrit, l'application soigneuse du produit sur l'ensemble du cuir chevelu avec le respect des temps de pose et de la durée du traitement sont essentiels à l'efficacité du traitement local.

    Éviter l'application de produits irritants

    Les pellicules étant la conséquence d'une inflammation, il est important d'éviter l'aggravation de cet état et donc éviter l'application de colorations (qui sont le plus souvent à base d'ammoniac) ou de lotions traitantes telles que celles utilisées en cas de chute de cheveux.

    Rien ne sert d'attendre si le traitement n'est pas efficace

    En général, le dermatologue prescrit un traitement pour 6 mois. Si toutefois le traitement ne montre aucune efficacité après 1 mois d'utilisation, il ne faut pas hésiter à revenir plus tôt vers le dermatologue qui pourra alors l'adapter.

    Soigner n'est pas guérir

    Tous les facteurs qui provoquent l'apparition des pellicules ne peuvent être contrôlés par le traitement. C'est le cas du stress par exemple. C'est pourquoi, les pellicules ont tendance à récidiver. Il est donc important de bien comprendre comment utiliser son traitement et les shampoings prescrits par le dermatologue, afin de contrôler rapidement une poussée par le traitement intensif et de prévenir leur récidive par le traitement d'entretien. Cette phase d'entretien est aujourd'hui facilitée par la mise à disposition de shampooings offrant une galénique de mieux en mieux adaptée à un usage fréquent.

    Traitements anti-pelliculaires

    Des shampoings efficaces

    Qu'ils soient dirigés contre les pellicules ou contre la dermite séborrhéique, les traitements disponibles aujourd'hui sont efficaces à condition de les utiliser très régulièrement afin de limiter la prolifération des pellicules. Un élément essentiel à la réussite du traitement est donc le respect des conseils délivrés par le dermatologue qui expliquera comment adapter le traitement intensif à chacune des poussées de pellicules, puis comment retrouver son rythme « de croisière ».

    Alors que les traitements proposés il y a quelques années étaient peu adaptés en raison de leur texture et de leur odeur peu agréable, les traitements disponibles aujourd'hui bénéficient de plusieurs années de recherche et peuvent être utilisés plus spontanément comme un shampooing classique.

    Plusieurs traitements sont disponibles en fonction de la sévérité de l'état pelliculaire

    En cas d'état pelliculaire simple, un shampooing adapté bien utilisé, c'est-à-dire très régulièrement, peut suffire à éliminer les pellicules. En cas d'état pelliculaire plus sévère ou de dermite séborrhéique, des traitements topiques à appliquer sur le cuir chevelu sont nécessaires. Ils peuvent être sous forme de shampooings, de lotions ou de crèmes. Un point commun : ils nécessitent, pour être pleinement efficaces, une 1ère phase de traitement intensif (en général 4 semaines) et une 2nde phase d'entretien à plus long terme. Ainsi, après une période de stress par exemple, il est parfois nécessaire de reprendre un traitement intensif pendant une à deux semaines avant de pouvoir reprendre son rythme de « croisière ».

    Shampooings anti-pelliculaires, en cas d'état pelliculaire modéré à sévère

    En cas de pellicules persistantes, plusieurs shampooings anti-pelliculaires (non remboursés) sont disponibles sans ordonnance. Ils se différencient par les principes actifs qu'ils contiennent, zinc pyrithione, piroctone olamine, sulfure de sélénium, ou encore acide salicylique dont l'efficacité a été démontrée. Grâce à ces actifs, la plupart de ces shampooings ont une triple action : antifongique (action contre le champignon Malassezia), antiproliférative (action contre la multiplication excessive des cellules du cuir chevelu) et anti-inflammatoire (action contre les rougeurs et les démangeaisons du cuir chevelu).

    Le traitement « d'attaque » de la poussée pelliculaire consiste en 2 à 3 shampoings par semaine pendant 2 à 4 semaines en respectant un temps de pose de 3 à 5 min. Pour que ce traitement soit efficace sur le long terme, il doit être suivi d'une phase d'entretien consistant au maintien du shampooing anti-pelliculaire 1 fois par semaine ou 1 fois tous les 15 jours en alternance avec un shampooing classique. Ces traitements peuvent éventuellement avoir un effet desséchant (effet « paille »). Il faut alors diminuer la fréquence du shampoing traitant et le remplacer par un shampoing doux.

    Shampooings médicamenteux, en cas de dermite séborrhéique

    Pour la dermite séborrhéique, deux solutions existent. Il s'agit de shampooings dits « thérapeutiques » à base, soit de kétoconazole (à 2%) soit de cyclopirox olamine (à 1,5%). Ces deux traitements, prescrits par le dermatologue, sont remboursés à 35% par la Sécurité Sociale.

    A appliquer 2 à 3 fois par semaine pendant 4 semaines en laissant agir au moins 5 minutes, ils nécessitent tous deux un traitement d'entretien à raison d'une application par semaine ou toutes les 2 semaines en alternance avec les shampooings contenant zinc pyrithione, piroctone olamine, sulfure de sélénium, ou encore acide salicylique.

    Lotions hydroalcooliques, en cas de dermite séborrhéique sévère

    En cas de dermite plus sévère, le dermatologue peut envisager d'associer le shampooing médicamenteux à une lotion hydroalcoolique (remboursée par la Sécurité Sociale) à base de corticoïde ou bien à base de corticoïde et d'acide salicylique. Cette lotion est à appliquer le soir, 2 à 3 fois par semaine pendant les 2 premières semaines de traitement.

    Crèmes corticoïdes, en cas de dermite séborrhéique très inflammatoire

    La dermite séborrhéique peut être très inflammatoire. Dans ce cas, les lotions hydroalcooliques provoquent des picotements ou des brûlures. Des crèmes à base de corticoïdes sont alors recommandées car elles vont calmer l'inflammation et les démangeaisons. On les laisse agir toute la nuit et on les élimine par un shampoing adapté le matin. Elles sont remboursées par la Sécurité Sociale.

    Dernière mise à jour : 06-07-2017