Ce site utilise des témoins de connexion (cookies) × en savoir +

dermato-info.fr, le site d'information de la société française de dermatologie

  • Les hémangiomes
    Dermato-info.fr

    Résumé

    Les hémangiomes

    Les hémangiomes, qu'est-ce-que c'est ?

    Les hémangiomes sont les plus fréquents des angiomes

    Les hémangiomes infantiles, ou « angiomes tubéreux » ou « angiomes fraise », sont présents chez 5 à 10% des nourrissons. Ils apparaissent le plus souvent après la naissance dans les premières semaines de vie. Ils sont plus fréquents chez les filles et chez les nourrissons de petits poids de naissance, on retrouve souvent la notion de complications pendant la grossesse comme une grossesse multiple (augmentation de fréquence chez les jumeaux), une hypertension artérielle ou un décollement placentaire.

    Les 3 types cliniques d'hémangiomes

    On distingue les hémangiomes de forme superficielle qui sont de couleur rouge vif et bien limités à surface lisse ou grenue, les hémangiomes sous-cutanés qui se présentent comme des tuméfactions saillantes de tonalité bleutée et de consistance ferme et élastique. Enfin, les formes mixtes, associent une composante superficielle en regard d'un hémangiome sous cutané.

    La taille d'un hémangiome varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres, parfois tout un membre est atteint ou une grande partie du visage. Certains enfants peuvent avoir plusieurs hémangiomes.

    Une évolution en 3 phases :

    croissance, stabilisation et régression spontanée dans la majorité des cas

    Initialement souvent très discret, l'hémangiome va tout d'abord augmenter de volume. Cette phase de croissance de l'hémangiome est plus ou moins longue, pouvant aller de quelques semaines à 5 ou 6 mois, voire 1 an dans certains cas graves ; puis l'hémangiome va se stabiliser et son évolution naturelle est habituellement la régression spontanée. L'hémangiome va progressivement pâlir, puis devenir moins ferme. A l'âge de 5-6 ans, une disparition complète est notée dans 70% des cas, mais il persiste souvent un aspect de peau flétrie en regard de la lésion. Dans 30% des cas, il persiste des séquelles très visibles pour lesquelles un traitement (laser et/ou chirurgie) est possible.

    Traiter un hémangiome ?

    Aucun traitement n'est nécessaire pour la plupart des hémangiomes

    La plupart des hémangiomes ne nécessitent aucun traitement car ils vont régresser spontanément. En revanche, certains peuvent se compliquer et une consultation spécialisée auprès d'un dermato-pédiatre est alors nécessaire par exemple :

    • si l'hémangiome s'ulcère, ce qui est douloureux pour l'enfant ou en cas de formation de croûtes en surface
    • si l'hémangiome prend un volume important lors de sa phase de croissance et qu'il se situe, par exemple, sur le nez, une lèvre ou à proximité d'un œil avec risque de déformation, de compression ou de gêne visuelle. En fonction de l'hémangiome et de l'âge de l'enfant, différents traitements peuvent être proposés, comme la cortisone, les bétabloquants, le laser ou la chirurgie.

    Les bêtabloquants et les hémangiomes

    Dans 80% des cas les hémangiomes du nourrisson ne sont pas traités car ils sont bénins et régressent spontanément. Mais, parfois l'hémangiome est volumineux et se complique, et votre médecin peut vous proposer un traitement. Actuellement, beaucoup d'équipes médicales donnent des bétabloquants en première intention dans ces formes compliquées, et en particulier du propranolol.

    La forme orale de propranolol doit être réservée aux hémangiomes compliqués, la mise en route du traitement se fait le plus souvent à l'hôpital car le sirop de propranolol réservé aux nourrissons ne peut être obtenu que dans les pharmacies hospitalières par ce que l'on appelle une demande d'ATU (autorisation temporaire d'utilisation) auprès de l'AFSSAPS. Il est également souhaitable que l'équipe médicale soit expérimentée dans le domaine des hémangiomes. La dose utilisée est de 2 à 3 mg/kg/j, l'effet est très rapide en quelques heures l'hémangiome se ramollit, puis il va ensuite régresser doucement en 3 à 4 mois le plus souvent (au lieu de 3 ou 4 ans si on le laissait évoluer spontanément). Il est recommandé d'instituer le traitement le plus tôt possible pour éviter les déformations dues à l'hémangiome, et on doit le continuer jusqu'à la fin de la phase de croissance de l'hémangiome (environ jusqu'à l'âge de 8-9 mois pour les hémangiomes de taille moyenne et plutôt l'âge d'1 an pour les hémangiomes de grande taille). Le traitement est bien toléré par les petits enfants, il faut bien sur s'assurer qu'il n'y a pas de contre-indication aux bétabloquants par un examen cardiologique, ensuite on surveille le pouls et la tension à chaque visite chez le médecin. Parfois les enfants ont le bout des doigts un peu froid et sont un peu agités dans leur sommeil en raison de cauchemars. Il est possible également que le traitement révèle une tendance à l'asthme (sifflements bronchiques, en particulier lors d'une bronchiolite), dans ce cas il vaut mieux arrêter le traitement et ne le reprendre qu'après avis médical. Les bétabloquants peuvent favoriser les hypoglycémies (baisse de sucre dans le sang), il faut veiller à ce que l'enfant mange suffisamment et à heures fixes.

    Il est également possible que votre dermatologue vous propose de participer à une étude, ces études sont indispensables pour valider l'utilité de ce traitement et son mode d'utilisation chez l'enfant. Plusieurs études sont en cours, avec le sirop de propranolol, et aussi avec une forme en gel à appliquer sur la peau. En effet on essaie de plus en plus de faire des traitements locaux pour les petits hémangiomes afin de limiter le risque d'effets secondaires de la prise orale du médicament.

    Dernière mise à jour : 24-06-2015