
Le soleil induit sur notre organisme des effets bénéfiques et nocifs. Au-delà des ses effets positifs sur le moral, le soleil est avant tout la cause principale du vieillissement prématuré de la peau et des cancers cutanés.
C'est au début du 20ème siècle que les scientifiques ont commencé à s'intéresser aux bienfaits de la lumière pour traiter certaines maladies. Ainsi, en 1903, Niels Finsen, un chercheur danois, a reçu le prix Nobel de médecine pour l'utilisation de la thérapie ultraviolette dans le traitement du lupus. À partir des années 60, les médecins commencent à se rendre compte de l'importance du nombre de cas de cancers de la peau dans les professions très exposées au soleil, tels les marins et les agriculteurs. On parle même d'épidémie chez ces travailleurs très exposés malgré eux. C'est depuis cette époque que les dermatologues parlent des dangers des coups de soleil, des rayons UVA et B, et de la nécessité de la photoprotection.
Aux Etats-Unis, un cancer de la peau est diagnostiqué chaque année chez près d'un million de personnes et les prévisions annoncent qu'un Américain sur 5 sera touché par cette maladie au cours de sa vie. Dans d'autres pays très ensoleillés, comme l'Australie, où le taux de cancer de la peau est parmi les plus élevés au monde, les instances de sécurité sanitaire ont mis en place des actions de prévention très importantes, telles que l'utilisation de maillots de bain réalisés dans des tissus spéciaux, « sun-proof », pour protéger les enfants au maximum.
Dans de nombreux pays, les médecins sont « partis en guerre » contre les instituts de bronzage qui peuvent provoquer les mêmes méfaits que l'excès de soleil. L'utilisation régulière des cabines UV contribue en effet à la très forte augmentation de fréquence des cancers cutanés observée dans les pays développés.
Les mécanismes d'action des rayonnements ultraviolets (UV) sur la peau sont aujourd'hui bien connus. Les rayons du soleil sont composés de particules énergétiques : les photons ; ils ont différentes longueurs d'onde, et parmi eux, les rayons invisibles ultraviolets (UVA, UVB) et infrarouges peuvent plus ou moins pénétrer dans la peau.
Les UVB sont arrêtés dans l'épiderme en majorité et seuls 10% atteignent les couches profondes de la peau. Les UVA en revanche pénètrent directement dans les couches plus profondes de la peau, le derme. Les autres rayonnements de type infrarouge peuvent atteindre des couches encore plus profondes. Par conséquent, les UVB font des dégâts épidermiques, tandis que les UVA entraînent aussi des modifications dermiques.
Lorsque les UVB entrent dans les cellules, ils sont absorbés par différentes molécules présentes dans celles-ci. Concrètement, soit la cellule meurt car sa membrane a été atteinte, soit une partie de l'ADN est modifiée, conduisant ensuite à des mutations plus ou moins importantes de la cellule. Ces mutations peuvent conduire à long terme à la formation d'une cellule cancéreuse qui se multipliera et formera une tumeur du type carcinome ou mélanome.
Les UVA agissent un peu différemment. Ils provoquent l'activation des radicaux libres dans les cellules profondes de la peau. Ces radicaux libres sont toxiques et vont à leur tour attaquer l'ADN, modifier le fonctionnement de la cellule ou la tuer.
Il est à noter que chez les individus roux, la majorité des pigments de la peau sont de la phéomélanine. Ils sont rouges et ne protègent pas du soleil.
Les individus à peau foncée ont, quant à eux, une très grande majorité d'eumélanine, un pigment brun qui protège très efficacement contre les UV.
La couleur de la peau, des yeux et des cheveux permettent de définir différents types de peau par rapport à sa réaction au soleil. Ceci détermine 6 phototypes :
En France, les phototypes 2 et 3 sont majoritaires, c'est-à-dire que la plupart des sujets ont une relative fragilité vis-à-vis du soleil.
Les UVB sont les responsables des coups de soleil, et les UVA le plus souvent en cause dans les allergies solaires.
L'excès d'exposition aux UVA et UVB est la principale cause d'un vieillissement cutané prématuré et d'induction de cancer cutané. Il apparaît donc capital de se protéger des excès solaires durant toute la vie pour limiter ces risques.
Du fait de la prise de certains médicaments, le soleil peut entraîner des réactions appelées suivant le mécanisme en cause, phototoxicité ou photoallergie.
La photosensibilisation médicamenteuse peut se manifester de deux façons :
Lorsque l'on prend des médicaments et qu'une manifestation cutanée anormale paraît provoquée par le soleil, il faut bien évidemment arrêter toute exposition au soleil et consulter rapidement son médecin traitant pour en identifier le médicament responsable et prendre cette manifestation en charge.
Il existe plusieurs allergies au soleil, appelées lucites. La plus fréquente est la « lucite estivale bénigne », qui touche une femme sur 10 entre 17 et 40 ans, soit près de 900 000 personnes chaque année.
Elle se développe sous l'influence des UVA et se manifeste sous la forme d'une éruption de petits boutons qui démangent. Cette allergie est plus visible sur le décolleté, le haut du dos, les avant-bras et les jambes, soit les endroits les plus exposés au soleil. Elle peut diminuer ou au contraire s'aggraver d'année en année.
En cas de poussée, le médecin peut être conduit à prescrire des antihistaminiques oraux et une crème à base de corticoïdes. Lorsque cette lucite est importante, il peut aussi être conduit à prescrire un traitement préventif oral (antipaludéens ou caroténoïdes) et dans tous les cas, des produits solaires de forte protection (50 ).
Beaucoup plus rares, elles touchent surtout les enfants et peuvent être des lucites hivernales bénignes, des porphyries cutanées, une hydrose vacciniforme... Il peut également s'agir d'une allergie à certains composants des crèmes solaires qui provoquent des rougeurs ou des démangeaisons sur les lieux d'application de la crème et après exposition au soleil. Il est indispensable d'en parler à son dermatologue pour qu'il conseille à l'enfant une crème adaptée à son type de peau.
Si la majorité des Français connaissent les méfaits du soleil, les mesures de protection qu'ils utilisent ne sont souvent pas suffisantes. Les produits de protection solaire sont très efficaces, mais nécessitent d'être appliqués très régulièrement et à bonne dose.
Une crème solaire est composée d'un mélange de filtres chimiques (fabriqués par des laboratoires) invisibles et de poudre minérale (titane et de zinc) qui donnent un aspect un peu opaque. Les crèmes solaires permettent surtout de protéger contre les UVB, leur efficacité sur les UVA est plus modérée.
L'indice de protection, appelé SPF pour Sun Protection Factor (facteur de protection solaire), indique la quantité de soleil qu'il faudrait recevoir pour attraper un coup de soleil après avoir appliqué la crème. Par exemple, une crème solaire de coefficient 30 indique que l'application de la crème multiplie par 30 la dose d'UVB nécessaire pour provoquer un coup de soleil.
Cet indice matérialise l'efficacité de la protection, mais il faut savoir que les tests permettant de déterminer ce coefficient sont effectués en laboratoire sur la base de l'application d'une couche épaisse de 2 mg de crème par cm2 de peau (pour obtenir cette dose, il faut étaler un volume de crème équivalent à celui d'une balle de ping-pong pour protéger un adulte). En règle générale, la quantité de crème appliquée sur la peau est d'environ 1 à 0,7 mg/cm2 et donc, dans la pratique, l'indice réel est divisé par 2 ou par 3 et une crème d'indice SPF 30 devient donc équivalente à une crème d'indice 10 utilisée à la dose de 2 mg/cm2.
L'appellation « écran total » n'est plus autorisée en France, car aucune crème ne protège complètement contre le soleil. Les crèmes à indices très élevés qui revendiquaient ce terme incitaient en fait les utilisateurs, qui pensaient être entièrement protégés, à rester trop longtemps au soleil. C'est pourquoi on ne retrouve plus que des protections SPF 50 désormais en Europe, et toute application doit être renouvelée régulièrement (toutes les deux heures).
Aux Etats-Unis, les méthodes de validation de photoprotection et la liste des filtres autorisés sont différentes ; on y trouve donc des crèmes à indices supérieurs à 70, sans qu'elles ne protègent aussi efficacement que des crèmes d'indice 50 européennes.
Dès les premiers rayons du printemps, et jusqu'à ce que l'intensité des rayons UV diminue à l'automne, la protection solaire est vivement conseillée. Les bulletins météorologiques donnent désormais l'indice sur une échelle de 1 à 12. À partir de 5, la protection solaire est recommandée.
Toute application de protection solaire doit être renouvelée régulièrement, toutes les 2 heures environ, en cas d'exposition continue. Par ailleurs, beaucoup de crèmes solaires promettent une résistance à l'eau, mais pourtant, selon les dernières données de l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), l'efficacité de protection solaire de toutes les crèmes est diminuée de 90% après 30 minutes d'activité physique. Il est donc primordial d'appliquer à nouveau de la crème régulièrement entre les baignades ou après une activité physique.
Les rayons ultraviolets agissent sur les cellules de la peau et brisent les chaînes d'ADN qui sont en permanence réparées par des enzymes. Mais ce mécanisme peut vite être débordé en cas d'exposition prolongée. Par conséquent, si les cellules de la couche basale, qui assurent le renouvellement cutané, sont atteintes, la production de mélanine, de collagène et d'élastine diminue : c'est l'élastose solaire. La peau devient sèche et moins élastique, elle se pigmente de petites taches, les rides sont plus marquées... Les excès de soleil accélèrent donc très nettement le vieillissement de la peau.
Ces changements ne sont pas uniquement esthétiques, car le vieillissement cutané prématuré favorise les allergies et diminue les sensations du toucher. Il arrive aussi que la peau soit plus sensible à certains médicaments en réagissant violemment, avec une vitesse de cicatrisation moins bonne. Les seules mesures efficaces sont préventives. Elles reposent sur l'adoption d'un mode de vie équilibré évitant les excès, tant en ce qui concerne le soleil que l'alimentation.
La peau hâlée toute l'année, c'est le rêve de certaines personnes qui se sentent mieux dans leur corps dès que leur peau est un peu plus foncée. C'est pour répondre à ce « marché » que les cabines de bronzage se sont multipliées. En 1994, on estime que 6.4% de la population française s'exposait aux UV artificiels selon une étude de l'EORTC, l'Organisation européenne pour la recherche et les traitements du cancer. Cette pratique est à l'origine d'un chiffre d'affaires global estimé à 148 millions d'euros pour cette industrie.
Ces appareils sont des sortes de boîtes rectangulaires dans lesquelles on peut s'allonger pour bronzer quelques minutes. Des lampes de chaque côté diffusent des rayons UV. Les lampes utilisées pour le bronzage sont des lampes à décharge : les rayonnements, UV et visibles, sont émis par action d'une décharge électrique au sein d'un gaz. On distingue les lampes à « basse pression » et les lampes à « haute pression ». Les lampes basse pression émettent un rayonnement dont le spectre s'étale principalement dans l'UVA et le visible. Les lampes haute pression comprennent un filtre qui permet de sélectionner les longueurs d'ondes émises ; si le filtre est défectueux, le rayonnement peut contenir une proportion importante d'UVB et d'UVC, particulièrement dangereux pour la santé.
La Direction générale de la santé déconseille fortement l'exposition aux UV à des fins esthétiques
Les autobronzants sont des cosmétiques permettant d'obtenir un aspect bronzé, sans les méfaits du soleil. Ces crèmes et fluides agissent par un phénomène chimique et colorent les cellules mortes à la surface de la peau et ne sont pas dangereux. En revanche, ils peuvent êtres révélateurs de points noirs sur le visage. En effet, les points noirs sont des accumulations de cellules mortes, qui se colorent d'avantage après l'application d'un autobronzant. Ces cosmétiques n'agissent en aucun cas sur la production de mélanine et ne sont pas des protections solaires (sauf quand ils sont associés à une protection UV).
90% des Français savent que le soleil est dangereux pour la santé. 70% des femmes ont modifié leur comportement ces dix dernières années, et protègent principalement leurs enfants. Les hommes sont un peu moins bons élèves… Voici la liste des bons comportements à adopter sous le soleil.
Le soleil induit sur notre organisme des effets bénéfiques et nocifs. Au-delà des ses effets positifs sur le moral, le soleil est avant tout la cause principale du vieillissement prématuré de la peau et des cancers cutanés.
Article paru le 08-08-2008 · 20221 vue(s).
Comité de rédaction de la SFD
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