Ce site utilise des témoins de connexion (cookies) × en savoir +

dermato-info.fr, le site d'information de la société française de dermatologie

UNE MALADIE

  • UNE MALADIE
  • UN CONSEIL
  • UNE ASSO
  • UN MÉDECIN
  • La Gale
    Dermato-info.fr

    Résumé

    La gale humaine est une affection contagieuse qui se transmet par contact humain direct. Elle est due à un parasite qui pénètre la couche superficielle de la peau. Contrairement à certaines idées reçues, elle touche toutes les tranches d'âge, toutes les populations et tous les milieux socio-économiques. On estime qu'environ 300 millions de personnes sont concernées dans le monde.

    Qu'est ce que la Gale ?

    UN PARASITE CONTAGIEUX

    Une maladie qui peut toucher tout le monde…

    La gale humaine est une affection contagieuse qui se transmet par contact humain direct. Elle est due à un parasite qui pénètre la couche superficielle de la peau. Contrairement à certaines idées reçues, elle touche toutes les tranches d'âge, toutes les populations et tous les milieux socio-économiques. On estime qu'environ 300 millions de personnes sont concernées dans le monde.

    Sarcopte scabieiLa gale humaine ou gale sarcoptique, est due à la contamination de la peau par un acarien, c'est-à-dire un parasite de petite taille, appelé Sarcoptes scabiei hominis. Il s'agit d'une maladie contagieuse qui se transmet généralement par des contacts humains directs, intimes et prolongés comme il en existe au sein d'un couple ou d'une famille. Du fait de la possible contamination sexuelle, la gale est aussi considérée comme une infection sexuellement transmissible.

    Elle touche tous les âges, toutes les ethnies et toutes les catégories sociales, contrairement à certaines idées faussement répandues. Elle peut survenir également sous forme d'épidémie au sein de collectivités médicalisées, de foyers pour personnes âgées, chez des sujets aux moyens de défense diminués (immunodéprimés) ou encore dans des milieux sociaux défavorisés dès lors qu'il existe une forte promiscuité. La réaction de l'organisme à la présence de l'acarien dans la peau et à ses déjections explique l'ensemble des symptômes.

    Outre la forme typique, il existe différents tableaux cliniques possibles, comme la gale du nourrisson, la gale des « gens propres », la gale profuse, la gale hyperkératosique et les formes compliquées. Il faut enfin souligner l'existence d'une gale animale qui peut être transmise à l'homme, mais dont l'homme constitue une impasse parasitaire, c'est-à-dire qu'il ne peut la transmettre à son tour à un autre homme. Il peut en revanche présenter des symptômes à type de démangeaisons et de lésions de grattage.

    POUR COMPRENDRE

    La gale typique

    C'est la forme la plus fréquente. Elle se caractérise par l'existence de démangeaisons (prurit) à recrudescence nocturne et par des lésions cutanées non spécifiques dues au grattage ou à la réaction immunitaire de l'organisme et des lésions spécifiques plus rares qui permettent d'affirmer le diagnostic.

    La topographie des lésions de grattage est particulièrement évocatrice quand elles se situent au niveau des espaces interdigitaux (entre les doigts), sur la face antérieure des poignets, sur les coudes et les emmanchures antérieures, autour de l'ombilic, sur les fesses, sur la face interne des cuisses, sur les organes génitaux externes chez l'homme et au niveau du mamelon et de l'aréole mammaire chez la femme.

    Bien que plus rares, les lésions spécifiques sont à rechercher systématiquement car elles permettent de poser le diagnostic. Il s'agit :

    Sarcoptes scabieivésicule perléenodules scabieux de la gale

    • Des sillons scabieux mesurant quelques millimètres, correspondant aux galeries que creuse l'acarien dans la couche cornée de l'épiderme. Ils se situent habituellement entre les doigts et sur la face antérieure des poignets.
    • Des vésicules perlées où siège l'acarien qui a pondu ses œufs et qui se situent à l'extrémité des sillons.
    • Des nodules scabieux qui se présentent sous la forme de tuméfactions rouges ou violacées siégeant surtout au niveau des organes génitaux externes de l'homme. Ils sont d'origine immunoallergique et peuvent persister plusieurs semaines, malgré un traitement efficace. Cette gale est faiblement contagieuse et il existe peu de parasites dans la peau (une dizaine d'acariens tout au plus).

    La gale du nourrisson

    gale du nourrissonChez le tout petit enfant, la gale peut revêtir un aspect trompeur avec, en particulier, une atteinte du visage, des nodules scabieux péri-axillaires et des vésiculo-pustules palmo-plantaires.

    La gale des « gens propres »

    Son diagnostic est souvent difficile en raison de la rareté des lésions. Il faut y penser devant un prurit diffus persistant.

    La gale profuse

    gale profuseLa gale profuse se caractérise par une extension des lésions à l'ensemble de l'organisme. On retrouve ainsi des lésions cutanées dans le dos. Elle est souvent liée à un diagnostic tardif, à des traitements inadaptés ou à la présence d'un terrain immunitaire défavorable (VIH).

    La gale hyperkératosique

    Elle survient dans un contexte particulier d'immunodépression ou chez des sujets âgés vivant en collectivité. Tout le corps est atteint y compris le visage, le cuir chevelu, les ongles. Il existe une érythrodermie avec des lésions hyperkératosiques . Beaucoup moins fréquente que la gale typique, il s'agit d'une gale extrêmement contagieuse avec des milliers, voire des millions de parasites dans la peau. Parfois, la gale hyperkératosique est limitée à un segment de peau.

    Les gales compliquées

    Les lésions peuvent être surinfectées, en particulier par du staphylocoque. On parle alors d'impétiginisation des lésions.

    Un eczéma peut également survenir secondairement à la gale par intolérance à son traitement.

    Quelles sont les causes de la Gale ?

    À l'origine de la gale, un acarien : Sarcoptes scabiei hominis

    microscopeConsidérée comme une infection sexuellement transmissible, la gale humaine se contracte à l'occasion de contacts humains directs. La symptomatologie est liée à la présence d'un acarien, Sarcoptes scabiei hominis, qui pénètre et contamine la couche superficielle de la peau.

    Seule la femelle est pathogène et donc responsable des lésions. Après avoir été fécondée, elle pénètre sous la couche cornée de l'épiderme, y creuse des galeries où elle pond ses œufs. Ces galeries sont parfois visibles à la surface de la peau (sillons scabieux) de même que l'endroit où loge l'acarien (vésicule perlée). La présence de ces lésions spécifiques permet le diagnostic de la maladie. Les lésions non spécifiques sont soit des lésions de grattage, soit des lésions papuleuses à type d'urticaire dues à la réaction immunitaire de l'organisme déclenchée par l'antigène de l'acarien.

    La mobilité de l'acarien à la surface de la peau est bonne, de l'ordre de plusieurs centimètres par heure, pour des températures de 25°C à 30°C. Il perd en revanche sa mobilité pour des températures inférieures à 20°C et meurt en 12 à 24 heures. De même, il est tué très rapidement dès lors que la température dépasse les 55°C. La période d'incubation est de 3 semaines, mais est plus courte en cas de réinfestation. Le cycle parasitaire, c'est-à-dire l'éclosion des œufs et la maturation de l'acarien adulte est de 20 jours. Dans la gale commune, la population parasitaire est habituellement peu importante, de l'ordre de 10 femelles. Elle est considérablement plus élevée, de l'ordre de quelques milliers à millions de parasites, en cas de gale hyperkératosique.

    La contamination nécessite des contacts humains intimes

    La gale humaine classique est faiblement contagieuse. Sa transmission nécessite en effet des contacts humains directs, intimes et prolongés tels qu'on les rencontre au sein d'un couple ou d'une famille. Elle est à ce titre considérée comme une infection sexuellement transmissible. La transmission indirecte par les vêtements ou la literie est plus rare sauf dans les formes hyperkératosiques.

    La gale animale

    Il existe également une gale animale liée à d'autres Sarcoptes scabiei dont il existe plusieurs types : gale du chien, gale du mouton… Elles peuvent se transmettre à l'homme qui représente une impasse parasitaire, c'est-à-dire qu'il ne peut pas la transmettre à un autre humain.

    La Gale : quels conseils suivre ?

    Respecter rigoureusement les consignes du médecin pour éradiquer le parasite

    sillons scabieuxL'éradication de la gale passe à la fois par le respect rigoureux de la prescription thérapeutique, une abstinence sexuelle pendant le traitement et par le lavage du linge à 60°C après chaque application ou prise médicamenteuse.

    Si un traitement local est prescrit, l'application soigneuse du produit sur l'ensemble du corps, y compris le cuir chevelu, avec le respect des temps de pause, est essentielle à l'efficacité du traitement local, tandis que les deux prises médicamenteuses à 15 jours d'intervalle sont indispensables à l'efficacité du traitement oral.

    Eviter les rapports sexuels pendant le traitement

    Afin de ne pas se recontaminer ou de ne pas recontaminer son partenaire sexuel ou son conjoint, il est recommandé d'éviter les rapports sexuels jusqu'à la fin du traitement.

    Traiter la literie et laver les vêtements à 60°C

    Afin d'éviter tout risque de recontamination, il est impératif de laver le linge porté au cours de la dernière semaine à 60°C après chaque prise du traitement.

    Gale et examens

    Un diagnostic clinique avant tout

    SFDSi le diagnostic de gale peut être suspecté devant la topographie évocatrice des lésions de grattage, les lésions spécifiques sont à rechercher systématiquement. La plupart du temps, elles suffisent à affirmer le diagnostic, mais la confirmation diagnostique par un prélèvement parasitologique mettant en évidence l'acarien ou ses œufs est souhaitable.

    Le diagnostic de la gale est avant tout clinique. Il repose à la fois sur l'interrogatoire, la notion d'un contact contaminant et sur la coexistence de lésions cutanées non spécifiques comme les lésions de grattage dont la localisation est très évocatrice (espaces interdigitaux, face antérieure des poignets, coudes et emmanchures antérieures, ombilic, fesses, face interne des cuisses, organes génitaux externes chez l'homme, mamelon et aréole mammaire chez la femme), et des lésions spécifiques comme les sillons scabieux, les vésicules perlées ou les nodules scabieux qui permettent d'affirmer le diagnostic. L'examen dermoscopique peut être utile, (accéder au chapitre et à la vidéo sur l'imagerie cutanée) permettant parfois de visualiser le sarcopte au fond d'un sillon. Dans la mesure du possible, il est souhaitable de confirmer le diagnostic par un prélèvement parasitologique réalisé au niveau des lésions.

    Un prélèvement parasitologique réalisé par un spécialiste

    Le dermatologue ou le parasitologue gratte les lésions (sillons et vésicules perlées) et le prélèvement est examiné au microscope après avoir été étalé sur une lamelle. La visualisation du parasite et/ou de ses œufs apporte la certitude diagnostique. Il s'agit d'un examen très spécifique mais moyennement sensible. En d'autres termes, la mise en évidence de l'acarien apporte la certitude diagnostique, mais l'absence de parasite ne permet pas d'écarter le diagnostic. La multiplication des prélèvements augmente la sensibilité de l'examen. De même, la sensibilité du prélèvement peut être augmentée par un repérage au dermoscope.

    Penser à rechercher d'autres infections sexuellement transmissibles

    La gale humaine étant considérée comme une infection sexuellement transmissible, il est légitime de penser à rechercher d'autres infections sexuellement transmissibles devant la découverte d'une gale chez un adulte.

    Traitement contre la Gale

    Être sûr du diagnostic avant de traiter

    Traiter la galeLe diagnostic doit avoir été établi avec certitude avant toute prise en charge thérapeutique. Il repose avant tout sur l'examen clinique. Dans les formes typiques, ce diagnostic est fait par un médecin sur la découverte du signe typique du sillon chez un sujet qui se gratte. Dans les formes douteuses, il est préférable d'avoir recours à un examen par un spécialiste et de réaliser, dans la mesure du possible, un examen parasitologique. La négativité du prélèvement n'exclue pas le diagnostic de gale.

    Le traitement de la gale nécessite à la fois le traitement du sujet atteint mais également le traitement de son entourage. Il est donc indispensable de s'assurer du diagnostic. En cas de doute diagnostique, il est préférable d'adresser le patient à un spécialiste et/ou de réaliser, dans la mesure du possible, un examen parasitologique des lésions à la recherche du parasite et de ses œufs.

    Une fois le diagnostic certain, deux stratégies thérapeutiques sont possibles, l'une par voie locale, l'autre par voie générale.

    Le traitement local fait appel au benzoate de benzyle qui reste le produit de référence. Les protocoles sont assez variables, aucun d'entre eux n'ayant montré sa supériorité par rapport à un autre. Classiquement, on badigeonne à l'aide de compresses ou d'un pinceau l'ensemble du corps y compris le cuir chevelu, à l'exception du visage. Le produit est appliqué, soit une fois et gardé 24 h avant d'être lavé, soit deux fois à 10 minutes d'intervalle et gardé 24 h avant d'être lavé, soit deux fois à 24 h d'intervalle. L'entourage du patient (conjoint, partenaires sexuels et enfants) doivent être traités de la même façon (même s'ils ne se grattent pas) avec des durées d'application du produit toutefois plus courtes pour les enfants et pour les nourrissons.

    L'autre produit local pouvant être proposé est un pyréthrinoïde de synthèse, l'esdépalléthrine. Quel que soit le protocole de soins locaux, il est important de bien respecter la prescription médicale.

    Le traitement par voie orale est l'ivemectine administré en deux prises à 14 jours d'intervalle (200 µg/kg), le matin à jeun. Le produit n'est efficace que sur les acariens matures, mais pas sur les œufs. Une deuxième prise 14 jours plus tard est donc nécessaire afin d'éradiquer tous les parasites. Il est contre-indiqué chez l'enfant de poids < 15 kg.

    Si dans la gale commune, l'une ou l'autre des stratégies peut être envisagée, dans la gale compliquée, il est souvent nécessaire d'associer au traitement local un traitement par voie générale.

    Laver les vêtements et la literie à 60°C

    Une fois le traitement administré, les vêtements portés au cours de la dernière semaine et la literie doivent être lavés à 60°C.

    Les nodules scabieux peuvent persister longtemps malgré un traitement efficace

    La gale commune peut s'accompagner de nodules scabieux, sorte de tuméfactions rouges violacées, qui sont secondaires à une réaction immunitaire de l'organisme. Ces nodules peuvent persister plusieurs semaines malgré un traitement efficace et être associés à un prurit persistant. Selon les cas, un traitement par pommade corticoïde, crème hydratante, traitements kératolytiques et médications antiprurigineuses est proposé.

    Dernière mise à jour : 01-10-2014