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    Résumé

    La dermatite atopique touche plus d'un nourrisson sur 10. Elle comporte une sècheresse de la peau et entraîne des lésions cutanées à type d'eczéma (rougeurs, démangeaisons, vésicules et croûtes) évoluant par poussées. Un terrain familial, dénommé « terrain atopique » est très souvent présent.

    Comprendre la Dermatite Atopique

    Une barrière cutanée anormale

    La dermatite atopique touche plus d'un nourrisson sur 10. Elle comporte une sècheresse de la peau et entraîne des lésions cutanées à type d'eczéma (rougeurs, démangeaisons, vésicules et croûtes) évoluant par poussées. Un terrain familial, dénommé « terrain atopique » est très souvent présent.

    La dermatite atopique

    Autrefois appelée eczéma constitutionnel, cette maladie est maintenant appelée dermatite atopique ou eczéma atopique.

    Une maladie fréquente

    Même s'il n'existe pas de chiffres très précis du nombre de patients souffrant en France de dermatite atopique, on estime que 10 à 15% des nourrissons sont touchés. Ce chiffre correspond, en fait, à l'extrapolation de données de pays européens de niveau économique comparable à la France. Dans certaines régions d'Europe, c'est jusqu'à 30% des nourrissons (entre un mois et deux ans) qui sont atteints par cette maladie. Ces chiffres sont en constante augmentation. Des différences existent entre les différents pays suivant le niveau socio-économique : la fréquence de la maladie augmentant avec l'amélioration du niveau de vie.

    Une maladie de l'enfant

    La dermatite atopique débute presque toujours chez le nourrisson ou l'enfant en bas âge. Elle commence généralement vers trois mois, mais parfois dès les premières semaines de la vie. Elle atteint alors le visage, de façon symétrique, avec une prédominance sur les joues et le menton.

    Chez le tout petit enfant, l'association de signes digestifs tels que diarrhée ou régurgitations a une dermatite atopique doit faire évoquer la possibilité d'une allergie alimentaire. Dans ce cas, le médecin peut solliciter l'avis d'un pédiatre pour mettre une exploration et une prise en charge spécifique.

    COMPRENDRE

    Hyper-réactivité immunitaire et anomalie de la perméabilité cutanée

    Les patients atopiques sont génétiquement prédisposés (terrain atopique familial) : leur système de défense immunitaire est très réactif et leur peau présente une anomalie de sa perméabilité.

    Les allergènes de l'environnement (pollens, poussières, savons…), normalement bien tolérés, vont alors pouvoir « pénétrer » plus profondément dans l'épiderme et stimuler le système de défense immunitaire (lymphocytes). Ce système très réactif va réagir de façon excessive à ce qu'il considère comme une agression et entraîner les signes cliniques de l'eczéma : démangeaisons, inflammation et suintement.

    La sècheresse de la peau des patients atopiques, son irritabilité et son hyper-réactivité s'expliquent par une diminution des graisses à la surface cutanée. D'autre part, la perméabilité anormale de la barrière cutanée est liée à une anomalie de la filaggrine. Cette molécule est très importante, car elle permet à la couche cornée, de s'organiser sous forme d'un filet ou d'un réseau très serré de filaments de kératine permettant ainsi la cohésion et l'imperméabilité de l'épiderme ce qui n'est plus le cas chez l'atopique.

    Les trois types de lésions de la dermatite atopique

    Les lésions de la dermatite atopique peuvent prendre trois formes qui vont coexister du fait de l'évolution de la maladie alternant poussées et rémissions.

    • Les poussées commencent le plus souvent par une simple rougeur de la peau qui démange. La démangeaison est parfois difficile à reconnaître chez le tout petit enfant, mais elle est souvent à l'origine de troubles du sommeil. L'apparition de petites surélévations nombreuses et palpables, responsables d'une rugosité de la peau, complète le tableau clinique.
    • Une phase suintante peut faire suite à cette rougeur. Les surélévations se transforment en vésicules, toutes petites bulles de liquide qui se voient à peine, puis se rompent et libèrent un liquide translucide à la surface de la peau : c'est le suintement.
    • Une phase croûteuse survient ensuite au cours de laquelle des croûtes se forment sur les vésicules qui se sont rompues lors de la phase suintante.

    Des localisations typiques

    La localisation des lésions est très particulière et elle dépend de l'âge. Chez le nourrisson, l'atteinte concerne essentiellement le visage. Ce sont les parties bombées du visage qui sont touchées, le front, les joues, le menton, en épargnant le centre de la face et le nez en particulier. La face externe des bras et les cuisses sont fréquemment touchées. Parfois, certains nourrissons ont une atteinte plus diffuse qui concerne la quasi-totalité de la surface corporelle.

    Chez l'enfant plus grand, les lésions se localisent préférentiellement au niveau du cou, des plis du coude, des poignets et de l'arrière des genoux.

    Chez l'adulte, si la dermatite atopique persiste, l'atteinte peut être généralisée. Mais ce sont souvent le cou et le visage seuls qui sont touchés par l'eczéma.

    Une évolution le plus souvent favorable

    La dermatite atopique évolue en alternant poussées et phases de rémission. Selon les enfants et sa gravité, elle peut durer de plusieurs mois à plusieurs années. Il n'y a pas d'âge prévisible de disparition de la dermatite atopique. Ce n'est pas à 2 ans, ni à 7 ans, ni à la puberté : la majorité des dermatites atopiques s'améliore puis disparaissent au cours de l'enfance. Un petit pourcentage d'entre elles peuvent persister à l'âge adulte sans que l'on sache pourquoi. Ce n'est en tout cas pas parce qu'elles ont été plus ou moins bien traitées qu'elles persistent.

    Chez l'enfant, d'autres manifestations atopiques peuvent s'associer ou apparaître au cours de sa vie : allergie alimentaire, souvent dès le plus jeune âge, asthme (un patient sur 4 ou 5 aura de l'asthme plus tard), rhume des foins, souvent autour de l'adolescence. Ces pathologies sont des manifestations du terrain atopique exprimant la susceptibilité de cette population à développer des maladies allergiques.

    Les complications infectieuses locales

    Les lésions de grattage de l'eczéma atopique peuvent êtres responsables de surinfection bactérienne, le plus souvent causée par le staphylocoque doré, un germe qui vit habituellement sur la peau. Cette infection est rare même si la peau de l'atopique est souvent colonisée par ce microbe. C'est en cas de lésions pustuleuses et de croûtes jaunâtres qu'on doit évoquer cette complication.

    La surinfection peut aussi être virale en particulier par le virus de l'herpès. Ce virus, très fréquent dans l'environnement familial, à la crèche ou à l'école, peut surinfecter les lésions d'eczéma. Cette surinfection est parfois grave. Une modification rapide de l'aspect des lésions avec de la fièvre, une altération de l'état général nécessitent un traitement d'urgence. La gravité potentielle de ces infections cutanées herpétiques justifie les conseils d'isolement de l'enfant d'un proche ayant un « bouton de fièvre » (manifestation habituelle de l'herpès).

    Les autres complications

    L'eczéma de contact : il faut l'évoquer devant une localisation inhabituelle et/ou une persistance, voire une aggravation de l'eczéma malgré un traitement bien conduit.

    Un retard de la croissance peut être lié à une dermatite atopique sévère ou à un régime trop sévère. Ces retards de croissance se corrigent quand la maladie est traitée efficacement.

    Quels sont les causes de la Dermatite Atopique ?

    Les deux grandes causes de la DA sont le terrain atopique et certains facteurs de l'environnement qui favorisent l'apparition des poussées.

    La dermatite atopique de l'enfant est directement liée à ce que les médecins appellent « le terrain atopique ». Le terme d'atopie regroupe sous un même vocable différentes maladies allergiques chroniques : la dermatite atopique, l'asthme, les rhino-conjonctivites saisonnières (« rhume des foins ») et les allergies alimentaires. Au cours de sa vie, un individu peut faire une ou plusieurs de ces manifestations, simultanément ou à des âges différents de la vie.

    Un risque d'atopie génétiquement transmis

    Si l'un des parents est atopique, le risque pour les enfants de l'être également est augmenté. 50% à 70% des patients souffrant de dermatite atopique ont un parent du premier degré (père, mère, frère, sœur) qui en est ou en a été lui même atteint. Ce risque est encore supérieur si les deux parents le sont. Il existe donc indiscutablement une composante génétique dans cette affection qui se traduit par une transmission familiale.

    L'atopie est la résultante d'anomalies transmises génétiquement à la fois immunologiques et cutanées. Des anomalies de structure de la peau, transmises par les gènes, permettent à certaines molécules de l'environnement d'entrer en contact avec les cellules de défense immunitaire de la peau. Ces cellules réagissent de façon excessive, l'organisme développant alors une réaction de type « allergique » dirigée contre ces allergènes de l'environnement.

    Les facteurs déclenchants

    Les poussées de dermatite atopique sont favorisées par le contact avec des irritants comme le savon, les détergents, les tissus rêches, certains aliments, la chaleur et la sueur. La sécheresse de l'air ambiant peut engendrer des démangeaisons et une poussée d'eczéma. Il est donc important d'éviter tout ce qui peut agresser la peau et d'éliminer ces substances de l'environnement ou au moins en contrôler les effets.

    Une pathologie en constante progression dans les pays développés

    La fréquence des maladies atopiques a très fortement augmenté au cours des dernières décennies dans les pays industrialisés ou à niveau socio-économique élevé.

    La théorie dite « hygiéniste » suggère que les changements profonds de mode de vie ont un impact important sur le fonctionnement de notre système immunitaire. Cette théorie oppose deux catégories de personnes : celles vivant en milieu rural dont le système immunitaire est stimulé par des antigènes nombreux et très variés et qui développent peu de manifestations atopiques, et celles vivant en milieu urbain dont le système immunitaire est soumis à peu d'antigènes différents mais en plus grande quantité et plus souvent et qui développent nettement plus de manifestations atopiques. L'une des explications possibles pourrait être une modification de l'équilibre du fonctionnement du système immunitaire.

    Les conseils en cas de Dermatite Atopique

    La dermatite atopique est une maladie dont le traitement s'inscrit dans la durée. En complément du traitement prescrit par le médecin, des mesures simples vont permettre d'en améliorer la prise en charge en augmentant l'efficacité du traitement et la qualité de vie des patients.

    Éviter et réduire l'effet des contacts irritants

    Il faut éviter d'agresser la peau atopique en limitant le contact direct avec la laine, les tissus rugueux ou les synthétiques. L'utilisation de tissus à fibre fine, de vêtements en coton ou en lin considérés comme moins irritants, est préférable. L'achat de lessives spéciales est inutile : une machine à laver le linge avec un bon programme de rinçage est une précaution suffisante.

    L'hygiène comme alliée

    Il faut couper régulièrement les ongles de l'enfant pour éviter les lésions de grattage et la surinfection des lésions cutanées. En cas de transpiration et en sortant des bains (baignoire, piscine et mer), il faut se rincer correctement et se sécher en tamponnant plutôt qu'en frottant. Cela permet d'éviter que la sueur ou d'autres produits irritants restent au contact de la peau.

    De l'importance de l'hydratation cutanée

    La dermatite atopique s'accompagne d'une sécheresse cutanée importante et il est fondamental d'hydrater régulièrement la peau avec des produits émollients qui l'aident à se protéger contre les agressions extérieures. L'usage de produits de toilette adaptés (pains surgras, syndets) est conseillé. Les savons trop détergents et parfumés, les bains moussants qui peuvent être irritants ou mal tolérés sont à éviter. L'ajout d'huile de bain est souvent pratiqué, même si son utilité n'est pas formellement prouvée.

    Les soins cutanés visant à corriger la sécheresse de la peau suffisent. Aucun régime reposant sur l'absorption d'huiles riches en acides gras insaturés de type oméga 6 ou oméga 3 ne s'est montrée inefficace dans le traitement de la dermatite atopique.

    Importance de l'allaitement

    L'allaitement maternel, en cas de terrain familial atopique, si les parents ont souffert –ou souffrent encore- d'asthme ou d'eczéma, est habituellement conseillé mais l'effet protecteur de l'allaitement sur la prévention de la dermatite atopique n'a pas été formellement démontré.

    Vaccins et œufs

    Seule une allergie à l'œuf avérée peut contre-indiquer certains vaccins tels que ceux contre la grippe ou la fièvre jaune. Un avis spécialisé peut alors être utile dans cette situation très particulière.

    Le suivi des dermocorticoïdes en pratique

    Il est utile d'évaluer régulièrement la quantité de dermocorticoïdes utilisée et pour cela le plus simple est de conserver les tubes après utilisation. Cela permet au médecin, lors de la consultation de renouvellement du traitement, de quantifier la dose de dermocorticoïdes utilisés pour équilibrer la maladie.

    Ces conseils simples et de bon sens peuvent changer, avec un peu d'organisation et peu d'efforts, la vie des patients souffrant d'eczéma ou de dermatite atopique

    Idées reçues, idées fausses

    « C'est une allergie au lait de vache » : c'est faux dans la plupart des cas !

    Une idée très répandue consiste à penser que l'eczéma est une forme d'allergie alimentaire et qu'il faut en rechercher l'allergène, le lait de vache étant l'un des premiers suspects. Cette idée est généralement fausse et hormis dans de très rares cas où il existe une association dermatite atopique-allergies alimentaires, l'alimentation et le lait ne jouent pas de rôle dans l'évolution de la maladie.

    « C'est une infection par le staphylocoque doré » : c'est faux dans la plupart des cas !

    L'aspect suintant des lésions de la dermatite atopique fait souvent redouter une surinfection. Il faut savoir que des bactéries, et le staphylocoque en particulier, sont présentes sur la peau normale sans provoquer d'infection. La présence de ces bactéries sur un prélèvement cutané n'est donc pas forcément synonyme d'infection.

    « L'eczéma guérit à 3 ans, à 7 ans ou à la puberté » : c'est faux, mais la dermatite atopique s'améliore dans la majorité des cas avec l'âge !

    Une idée couramment répandue est qu'il y aurait un âge précis de disparition de la maladie. Un premier faux espoir circule sur la possibilité de la fin des manifestations vers 2 ou 3 ans, ce qui n'est pas toujours vrai. La puberté, elle non plus, n'est pas obligatoirement le signe de l'arrêt de l'eczéma, même s'il est vrai que, globalement, il s'améliore avec les années et finit par disparaître dans la très grande majorité des cas. Mais il n'y a pas de règle, et certains patients atopiques peuvent souffrir d'eczéma jusqu'à l'âge adulte.

    « Guérir l'eczéma avec les corticoïdes fait sortir l'asthme » : c'est faux !

    Certains parents pensent que le traitement de la dermatite atopique par des corticoïdes pourrait déclencher un asthme. Cette idée est fausse.

    Il est vrai par contre que l'asthme est plus fréquent en cas de terrain atopique. Le risque de développer un asthme est 2 à 4 fois supérieur chez l'enfant atopique par rapport à l'enfant non atopique, ceci n'ayant aucune relation avec le traitement suivi pour l'eczéma.

    « Les crèmes corticoïdes sont dangereuses » : c'est faux, si on sait les utiliser !

    Le mot « corticoïdes » comporte pour les patients un certain nombre de représentations négatives à l'origine d'une corticophobie ou peur d'effets secondaires éventuels des corticoïdes. Même si cette peur est sans objet dans le traitement de la dermatite atopique, elle peut conduire certains parents à sous-utiliser le traitement prescrit. Il est donc important d'aborder clairement ce point avec son médecin et de lui faire part de ses craintes quant à l'utilisation des dermocorticoïdes.

    Soulager n'est pas guérir

    La dermatite atopique est une maladie chronique dont les traitements sont symptomatiques. Il faut donc apprendre à vivre avec la maladie et à la gérer dans la durée. Ceci repose sur l'apprentissage du bon usage des traitements des crises et des traitements de fond qui vont permettent de réduire la fréquence des crises.

    Les écoles de l'atopie

    Ce sont des centres d'éducation dédiés au traitement et à la prise en charge des patients atteints de dermatite atopique, organisés autour d'une équipe pluridisciplinaire (dermatologue, pédiatre, allergologue, psychologue, infirmières. Les objectifs de ces structures et la prise en charge globale sont détaillés sur le site de La Fondation Dermatite Atopique.

    La dermatite atopique : quels examens ?

    La dermatite atopique est une maladie dont la topographie, l'aspect et la chronologie des lésions ne laissent pas de place au doute. Le diagnostic est toujours fait par l'examen du médecin et l'interrogatoire. Le bilan allergologique peut parfois être utile.

    Un diagnostic simple

    Le diagnostic de dermatite atopique est avant tout clinique. Il se base sur l'âge de survenue, l'aspect et la localisation des lésions ainsi que la notion de terrain atopique familial. Les examens complémentaires ne sont pas nécessaires à la prise en charge efficace de la maladie.

    Le bilan allergologique n'est pas systématique et doit être réservé à des cas particuliers

    Le bilan allergologique n'est utile que dans certains cas restreints et en particulier lorsque l'état d'un enfant ne s'améliore pas malgré un traitement adapté et correctement suivi.

    Ces tests peuvent aussi se révéler utiles en cas de troubles de la croissance, ou si un enfant présente des signes évocateurs d'une allergie alimentaire (urticaire, œdème localisé), ou d'une allergie respiratoire (asthme ou rhinite).

    Les trois types de tests allergologiques

    • Les tests cutanés ou « pricks tests » : après désinfection cutanée, les allergènes testés, choisis en fonction de l'histoire de la maladie, de l'âge du patient, de son environnement et de ses habitudes alimentaires, sont déposés sous forme de gouttes sur la peau de l'avant-bras ou du dos. Une petite pointe fait une effraction indolore et superficielle de la peau pour mettre l'allergène au contact des cellules de défense de la peau. La réaction éventuelle, qui se manifeste par une papule, est comparée à un témoin négatif et positif. La lecture se fait 15 minutes plus tard. Le test est considéré négatif s'il n'y a ni papule, ni rougeur de la peau. Il est positif si une papule apparaît. Celle-ci est mesurée. Ces tests sont souvent suffisants pour affirmer la sensibilisation à un allergène, mais leur négativité ne permet pas pour autant d'exclure toute allergie.
    • Le dosage dans le sang de certaines immunoglobulines impliquées dans les mécanismes allergiques appelées IgE spécifiques. Ce dosage seul n'est pas suffisant pour affirmer la présence d'une allergie, mais il confirme habituellement les résultats des prick-tests. Il peut éviter de réaliser le troisième test : le test de provocation orale (voir ci-dessous).
    • Le test de provocation orale ou TPO permet de prouver la responsabilité d'un aliment en le faisant ingérer au patient. Ce test est réalisé en milieu médical pour intervenir rapidement en cas de manifestation allergique aiguë dont la prise en charge doit être rapide.

    Surveiller le poids et la taille

    Chez le nourrisson atteint de dermatite atopique, la surveillance des courbes de croissance est indispensable. Son ralentissement peut témoigner de la présence d'une allergie alimentaire associée, du retentissement de la dermatite sur la santé de l'enfant (sommeil, grattage, surinfection) et sa qualité de vie, et donc témoigner de la gravité de cette maladie.

    Le suivi est essentiellement clinique. Aucun examen complémentaire ne permet d'annoncer à l'avance la disparition ou l'espacement des poussées.

    Eczéma de contact

    Un eczéma de contact à une substance particulière, et non plus seulement aux allergènes de l'environnement, peut aggraver ou entretenir un eczéma atopique. Les tests de contact dits « épicutanés » ou « patch tests », sont réalisés chaque fois qu'une sensibilisation de contact est suspectée.

    Les traitements de la Dermatite Atopique

    CrèmesLe traitement de la dermatite atopique est symptomatique. Il ne vise pas à faire disparaître définitivement la maladie, mais à traiter les symptômes lors des poussées et à prévenir les récurrences par une prise en charge au long cours. Cette apparente simplicité souffre de l'image négative des dermocorticoïdes.

    Soulager les symptômes

    Le traitement des poussées repose sur l'utilisation de crèmes ou pommades à base de corticoïdes appelés dermocorticoïdes. Ils permettent de traiter les lésions lorsqu'elles apparaissent et sont arrêtés quand elles s'améliorent.

    La puissance des dermocorticoïdes prescrits par le médecin est variable d'un patient à l'autre. Elle est adaptée en fonction de l'intensité des lésions, de l'âge du patient et des zones du corps à traiter.

    Des effets secondaires surestimés par les familles

    Les dermocorticoïdes ont une mauvaise réputationqui tient au fait que beaucoup assimilent à tort leurs effets à ceux des corticoïdes pris par voie orale. Les effets secondaires indésirables souvent cités (fragilisation de la peau, infection, accoutumance, retentissement sur la croissance chez l'enfant…) sont en pratique très rarement observés. Ils n'apparaissent qu'à la suite d'un traitement trop intense et trop prolongé. Au contraire, dans la réalité, le traitement est souvent insuffisant du fait d'une sous-utilisation du produit prescrit, à cause justement de la crainte de ces effets secondaires. Cette crainte est à l'origine de nombreux échecs du traitement.

    Traiter vite et bien

    Il est souhaitable de traiter tôt et efficacement une poussée suintante qui commence, plutôt que d'attendre. En effet, le traitement local en réparant la couche cornée réduit plus vite la densité de microbes au niveau de la peau. Les risques de surinfection sont donc limités par cette restauration de la barrière cutanée.

    Pommades ou crèmes

    Les dermocorticoïdes existent sous 2 formes : les pommades ou les crèmes. Les pommades sont plutôt réservées aux peaux sèches ou épaisses alors que les crèmes sont plutôt destinées aux endroits suintants et aux plis.

    Une fois par jour, le soir

    L'application doit se faire une fois par jour, de préférence le soir au coucher ou après le bain, sur les zones présentant des lésions. En pratique, les médecins préfèrent prescrire des dermocorticoïdes suffisamment puissants sur des durées courtes. Le traitement doit être poursuivi jusqu'à disparition complète des lésions. Il n'est nécessaire ni de masser, ni de mettre une couche épaisse de produit. La peau, à la fin de cette application, doit être luisante et le produit ne doit plus se voir.

    Dès que les lésions ont disparu, il n'est plus utile d'appliquer le dermocorticoïde local, mais il faut prendre le relais avec une crème émolliente pour hydrater la peau. En cas de nouvelle poussée, les dermocorticoïdes doivent être repris de la même façon.

    Hydrater la peau

    La sécheresse de la peau est l'une des caractéristiques de la dermatite atopique. L'utilisation de crèmes émollientes ou hydratantes fait partie intégrante du traitement car elle permet de prévenir les poussées d'eczéma et l'irritation de la peau. Elles doivent être appliquées partout et tous les jours.

    Ces traitements hydratants permettent de restaurer la fonction de barrière de la peau. Il faut, si possible, appliquer la crème une à deux fois par jour après une douche rapide et un séchage par tamponnement avec une serviette douce. Ce traitement est quotidien et permanent et il représente le traitement de fond de la dermatite atopique. En cas de poussée, il doit être interrompu sur les zones les plus inflammatoires pour laisser la place aux dermocorticoïdes.

    Les immunomodulateurs locaux

    Les immunomodulateurs locaux (IML) sont des médicaments ayant une action spécifique sur le système immunitaire. Il existe, dans cette nouvelle classe, 2 médicaments, le pimécrolimus et le tacrolimus, mais un seul est actuellement commercialisé en France sous forme de pommade : le tacrolimus.

    Le tacrolimus pommade réduit efficacement et rapidement, dès la première semaine de traitement, les signes et symptômes de la dermatite atopique.

    Le tacrolimus à 0, 03% peut être utilisé dans la dermatite atopique modérée à sévère de l'enfant de plus de deux ans à raison de 2 applications par jour sur toute la surface à traiter, jusqu'à disparition des lésions. Il peut être utilisé en cure courte ou en traitement au long cours intermittent.

    Le tacrolimus à 0, 1% est utilisé principalement dans les atteintes faciales de l'adulte.

    La prescription du tacrolimus se fait sur ordonnance pour médicaments d'exception et est réservée aux dermatologues et aux pédiatres.

    En cas de surinfection cutanée, un traitement antibiotique est nécessaire avant d'instaurer le traitement. La présence d'une infection herpétique évolutive est une contre-indication transitoire aux IML.

    Le traitement est déconseillé en cas d'expositions solaires.

    Quelques cas de cancers (cancers cutanés, des cellules sanguines ou autres) ont été rapportés lors de la surveillance de ces médicaments. Néanmoins, aucune preuve directe de la responsabilité des IML n'a pu à ce jour être établie dans la survenue de ces cancers.

    Pas de contre-indication pour les vaccinations

    La dermatite atopique ne contre-indique en aucun cas les vaccinations. Le calendrier vaccinal reste le même pour l'enfant atopique. Pour des raisons pratiques, il est parfois justifié de retarder transitoirement une vaccination pour attendre la fin d'une forte poussée.

    Un intérêt limité des antihistaminiques

    Les médicaments antihistaminiques, indiqués dans certaines maladies allergiques, n'ont qu'un intérêt très limité dans la dermatite atopique. Ils ne doivent pas remplacer les dermocorticoïdes. Ils peuvent être utiles en cas de grattage important et d'insomnie. Pris le soir pendant quelques jours, ils permettent de calmer les démangeaisons en attendant que le traitement local soit efficace.

    Une place importante pour l'éducation thérapeutique

    Il est souvent difficile pour les parents de comprendre la maladie, d'accepter son caractère chronique et de bien utiliser les dermocorticoïdes. C'est là que l'éducation thérapeutique prend toute sa place. Elle se fait d'abord au cabinet du médecin traitant et du dermatologue qui vont expliquer à l'enfant et aux parents l'histoire de la dermatite atopique, comment reconnaître une poussée et la traiter. L'éducation thérapeutique peut parfois faire appel à des structures spécialisées, souvent en milieu hospitalier. C'est une approche nouvelle qui permet d'améliorer l'efficacité du traitement dans les formes sévères de la maladie.

    En savoir plus sur l'éducation thérapeutique dans le cadre de la dermatite atopique : Fondation Dermatite Atopique.

    Les bénéfices de la photothérapie

    Dans les cas sévères de dermatites atopiques, ou qui résistent au traitement de première intention bien conduit, on peut avoir recours à la photothérapie par les UVA ou les UVB (accéder au chapitre et à la vidéo sur la photothérapie).

    Une maladie sous surveillance

    La dermatite atopique est une maladie chronique et il faut donc voir régulièrement son médecin. La consultation permet d'évaluer les résultats, de vérifier si le traitement est bien compris et s'il est correctement réalisé. Cela permet également de calculer la quantité totale de dermocorticoïdes utilisée et de vérifier qu'il n'y a pas sous-utilisation ou à l'inverse (plus rarement) d'excès d'utilisation.

    Au début du traitement d'une dermatite atopique sévère, une consultation peut être nécessaire tous les quinze jours alors qu'une visite tous les six mois est suffisante quand la maladie concerne un grand enfant et que les parents ont parfaitement compris la prise en charge : elle vise à réévaluer régulièrement l'évolution des symptômes et leur réponse au traitement.

    Dernière mise à jour : 24-06-2015