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  • L'Alopécie
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    Résumé

    Perdre ses cheveux n'a pas la même signification chez un homme, une femme, un adulte ou un enfant, et selon que l'on perd tous ses cheveux ou seulement quelques plaques. 

    Qu'est ce que l'Alopécie ?

    Tout dépend du terrain

    Perdre ses cheveux n'a pas la même signification chez un homme, une femme, un adulte ou un enfant, et selon que l'on perd tous ses cheveux ou seulement quelques plaques.

    Un phénomène « enraciné » dans l'histoire du monde

    L'alopécie et la lutte contre la chute des cheveux datent de la nuit des temps. Les preuves les plus anciennes remontent à l'époque des Egyptiens qui avaient déjà mis au point des potions dont le but était de maintenir les cheveux en place sur la tête. La chevelure a, en effet, une connotation incontestable de séduction chez la femme, mais aussi chez l'homme. Elle est un symbole de force comme le suggère le texte de l'Ancien Testament qui décrit la perte de la force du colosse Sanson lorsqu'on lui tond la tête. Pour les Mérovingiens, une chevelure fournie est synonyme de virilité. Tous ces qualificatifs n'ont, bien sûr, aucun fondement médical. La meilleure preuve c'est que, concernant la virilité, le contraire a également été évoqué, puisque certaines rumeurs ont laissé penser que les hommes chauves sont les plus virils, en raison d'une quantité d'hormones masculines supérieure à la normale.

    Alopécie et renard : quel rapport ?

    Alopécie est un terme compliqué qui vient du grec « alopex » signifiant « renard ». C'est en référence à la chute abondante de la fourrure de ces animaux, chaque printemps, lorsque le soleil reprend ses droits. Les anciens ont donc choisi ce vocable pour désigner la perte des cheveux. En fait, l'alopécie, appelée également calvitie, correspond au fait qu'il y ait moins de cheveux sur la tête. Le terme de calvitie correspond plus volontiers aux chutes de cheveux héréditaires : les hommes chauves de père en fils. Les alopécies, elles correspondent à un concept plus large, puisqu'elles qu'elles décrivent également la perte des cheveux diffuse, en plaque ou chez la femme, bref la perte des cheveux quelle qu'en soit la cause.

    Les alopécies androgénétiques masculines

    La calvitie chez l'homme

    C'est une évolution très banale et fréquente de la vie normale du cheveu. La calvitie, ou alopécie androgénétique, qui n'est pas une maladie, débute après la puberté, le plus souvent avant quarante ans. Elle touche environ 15% des hommes à l'âge de 20 ans, 30% à 30 ans et un sur deux à cinquante ans. La perte des cheveux est d'autant moins bien vécue qu'elle commence tôt. Quand l'alopécie androgénétique est sévère, elle apparaît juste après la puberté, parfois chez des enfants de 12 ou 13 ans. Les formes moins sévères apparaissent plutôt à partir de la trentaine et évoluent régulièrement avec l'âge.

    Sous dépendance hormonale

    La calvitie dépend de certaines hormones mâles (les androgènes), d'où le nom scientifique d'alopécie androgénétique. Il n'y a jamais de calvitie chez les eunuques ou les castras d'opéra : pas d'androgènes, pas de calvitie. Les hormones mâles jouent un rôle clé dans le mécanisme de ce type de perte des cheveux, ce qui explique également que la calvitie masculine ne débute qu'après la puberté.

    Une hormone qui se transforme

    La testostérone est en cause dans la calvitie mais indirectement. Cette hormone doit être transformée en dihydrotestostérone (DHT) par une enzyme, la 5 alpha réductase, pour devenir active et provoquer la chute des cheveux. La DHT va emballer le processus de fabrication des cheveux qui vont se renouveler de plus en plus vite. Au bout de 25 cycles, le follicule s'épuise et les cheveux deviennent de plus en plus fins, jusqu'à devenir un fin duvet clair sans aucun pouvoir couvrant.

    alpécie hormonalePuis, le follicule meurt et disparaît. C'est contre cette transformation hormonale que sont dirigés certains médicaments en empêchant la transformation de la testostérone en DHT.

    Le facteur génétique

    Dans « androgénétique », il y a aussi le terme « génétique ». On retrouve, en effet, très souvent des problèmes de chute de cheveux chez l'un des parents ou l'un des grands-parents. Mais ce n'est pas systématique car la transmission par les chromosomes peut sauter une ou deux générations. Parfois, une partie des gènes nécessaires est amenée par la mère et une autre partie par le père, alors qu'aucun des deux ne présente de chute des cheveux.

    Les alopécies diffuses de la femme

    Une chute normale

    De façon naturelle, les cheveux des femmes ne tombent pas régulièrement et de la même façon tout au long de l'année. Il existe des variations saisonnières, et des chutes plus importantes sont observées au printemps et surtout en automne.

    Au cours de la grossesse une chute de cheveux est possible pendant la première moitié alors que la seconde moitié de la grossesse protège la femme enceinte contre la chute naturelle des cheveux. Une chute réactionnelle plus ou moins importante s'observe systématiquement à partir de la sixième semaine qui suit l'accouchement ou un peu plus tard si la femme allaite.

    Certaines pilules contraceptives peuvent aggraver les chutes de cheveux, et d'autres peuvent, au contraire, les ralentir. L'arrêt, ou la reprise de la pilule peuvent également modifier la croissance naturelle des cheveux.

    Une femme sur cinq

    L'alopécie androgénétique féminine diffuse est très fréquente. Elle concerne environ 20% des femmes à l'âge de 40 ans. Elle entraîne un préjudice esthétique très variable en fonction de son intensité. Comme il existe plusieurs mécanismes possibles de chute de cheveux diffuse chez la femme, une consultation médicale est indispensable pour en établir la cause.

    Le dermatologue incontournable

    L'interrogatoire et l'examen physique par le médecin sont indispensables pour déterminer précisément la cause de l'alopécie diffuse de la femme. Une fois toutes les causes possibles éliminées, on considère qu'il s'agit d'une alopécie androgénétique d'origine familiale, un peu comme chez l'homme. On parle alors de calvitie féminine banale. Cette alopécie n'apparaît jamais avant la puberté.

    Le mécanisme d'apparition de cette alopécie chez la femme est plus mystérieux que chez l'homme. Les hormones jouent un rôle moins important que chez l'homme et les médicaments anti androgènes ne sont pas toujours efficaces. Le minoxidil en lotion est alors le traitement de référence.

    Les chutes de cheveux en plaques

    Contrairement aux alopécies diffuses, les alopécies en plaques entraînent une disparition des cheveux sur des zones limitées du cuir chevelu. Selon l'aspect des plaques et celui des cheveux, il peut s'agir de teigne, de pelade, d'alopécie de traction ou de trichotillomanie.

    La teigne

    Schéma de teigneL'association de plaques d'alopécie à des squames (pellicules), à des cheveux cassés courts, à des pustules ou à des croûtes doit avant tout faire penser à la teigne, qui est une atteinte des cheveux par des champignons microscopiques. Ils se développent sur le cheveu ou à l'intérieur de celui-ci, suivant le type de champignon. Cela fragilise le cheveu qui devient cassant sur la zone limitée du cuir chevelu qui est parasité par le champignon.

    Les cheveux fragiles d'abord

    Après un contact direct avec une personne présentant elle-même une teigne, la maladie se développe plus facilement si le cuir chevelu est fragilisé ou s'il existe des microtraumatismes. Les peignes, brosses, tondeuses familiales et autres instruments en contact avec les cheveux peuvent transmettre la teigne. La chute des cheveux se fait progressivement. La teigne est une maladie contagieuse. Il faut donc repérer rapidement le champignon responsable, faire des prélèvements dans la famille et traiter tous les proches contaminés et porteurs du champignon en même temps que le patient atteint.

    Schéma de kerionCertaines teignes sont très inflammatoires. La teigne est alors en relief, suintante, suppurée. On appelle cela un kérion. Un kérion peut entraîner des cicatrices et des chutes de cheveux définitives.

    Il arrive qu'il y ait des surinfections suite à un grattage intempestif. Cela se traduit par de l'impétigo, des ganglions…

    Pelage ou trichotillomanie ?

    Quand les plaques d'alopécie sont lisses (cuir chevelu à nu, sans cheveux, ni croûte, ni pustule), il y deux causes à évoquer : la pelade ou la trichotillomanie.

    S'arracher les cheveux

    La trichotillomanie correspond à un tic d'arrachage. Le patient, souvent un enfant, enroule ses cheveux dans ses doigts en tirant dessus jusqu'à se les arracher. Il peut faire ce mouvement répétitif inconsciemment, dans la journée, mais aussi pendant son sommeil, sans vraiment s'en rendre compte. On retrouve alors le matin, des cheveux cassés net sur l'oreiller.

    En examinant le pourtour de la zone dégarnie, on peut noter la présence de cheveux cassés de taille variable. La trichotillomanie apparaît souvent suite à un choc psychologique ou à une situation de conflit. C'est une pathologie qui évolue par poussées. Lorsque l'enfant l'évoque spontanément, le pronostic est plutôt favorable. S'il s'arrache les cheveux en cachette et cherche à dissimuler son habitude, à l'entourage, il y a probablement une cause psychiatrique sous-jacente qui complique le tableau et rend la guérison plus aléatoire. La guérison des trichotillomanies chez l'adulte est beaucoup plus difficile et repose sur la mise en place d'une thérapie comportementale et parfois d'un traitement antidépresseur.

    Les chutes de cheveux en plaques :la pelade

    Quand on attaque ses propres cheveux

    La pelade est une maladie auto-immune. Cela signifie que le système immunitaire de l'individu va diriger une réaction contre ses propres cheveux. Cependant, la racine du cheveu n'est jamais complètement détruite, ce qui explique que les cheveux repoussent toujours, une fois la pelade terminée (sauf dans le cas de certaines pelades totales ou universelles). Il existe aussi une prédisposition génétique à la pelade.

    Près de 2 pelades sur 3, touchant moins de 40% de la surface du cuir chevelu, repoussent totalement en 6 mois et 15 à 25% des pelades décalvantes évoluant depuis plus d'un an repoussent spontanément ou sous placebo. Le délai de la repousse est variable, et le but des traitements est d'accélérer la guérison.

    Des formes différentes

    La pelade évolue par poussées, avec des périodes de chute des cheveux et des périodes de repousse. Les localisations sont variables selon le type de pelade. Lorsqu'elle se présente sous forme de plaques multiples, sans systématisation particulière on parle de pelade en plaques.

    Dans la pelade ophiasique, la localisation de début est spécifiquement au niveau de la nuque et elle progresse vers l'arrière des oreilles. Elle est souvent plus difficile à traiter que la pelade en plaques.

    Les pelades décalvantes totales touchent la totalité du cuir chevelu et les pelades universelles intéressent l'intégralité des poils du corps, y compris pubis et aisselles, cils et sourcils.

    Quand le moral est atteint

    Il est important de rassurer les familles qui culpabilisent souvent lorsqu'une pelade touche des membres de la fratrie. Le stress a longtemps été accusé à tort. Mais aucune preuve scientifique n'a pu étayer cette hypothèse. Cette maladie est difficile à supporter et un soutien psychologique est souvent le bienvenu. Il permet d'aider les patients à vivre avec la pelade ou à en supporter les conséquences. C'est au cours de ces consultations que l'enfant, en particulier, pourra évoquer sa relation avec les autres ou son vécu en milieu scolaire.
    Une association existe en France, comme dans la plupart des pays actuellement. Elle se donne pour objectifs d'informer patients et médecins et de recueillir des fonds pour aider la recherche : Alopecia Areata Association (AAA) (Complexe médical du Lycée, 36, route d'Eaunes, 31600 Muret).

    Quand les médicaments font tomber les cheveux

    La chute de cheveux n'est pas systématique au cours de toutes les chimiothérapies, cela dépend des produits utilisés. Lorsqu'il existe une chute de cheveux celle-ci débute environ 4 à 6 semaines après la première cure de chimiothérapie. Aucun médicament préventif ne peut empêcher cette chute. La chimiothérapie détruit les cellules cancéreuses qui se multiplient rapidement, mais elle détruit également, transitoirement, les cellules des racines de cheveux qui se multiplient également très vite. Au cours de certaines chimiothérapies, le port d'un casque réfrigérant peut limiter les chutes de cheveux, mais ces casques sont parfois difficiles à supporter.

    Après la chimiothérapie la repousse est systématique.

    Quelles sont les causes de l'Alopécie ?

    Alopécie féminineSi la cause de la calvitie de l'homme est quasiment univoque, la perte des cheveux diffuse de la femme peut avoir de nombreuses raisons très différentes les unes des autres.

    L'Alopécie Androgénétique

    Il n'y a pas de cause externe à cette forme d'alopécie qui associe des facteurs génétiques et hormonaux ( voir Comprendre /alopécie androgénétique ) impliqués dans le développement de cette forme très fréquente d'alopécie masculine.

    Le stress peut avoir un rôle mineur (de l'ordre de 10%) dans l'intensité ou la date de début de la perte des cheveux.

    L'Alopécie diffuse chez la femme

    Des causes multiples

    Un manque de fer, fréquent chez la femme, peut être responsable d'une alopécie diffuse. Il est lié à des règles abondantes, à des grossesses multiples ou parfois à un régime inadapté, pauvre en fer. Plus rarement, il est la conséquence d'un saignement digestif ou gynécologique qui pourra justifier des examens plus approfondis.

    Un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde (fonctionnement trop intense de la glande – hyperthyroïdie - ou le contraire – hypothyroïdie), lui aussi, peut provoquer une perte de cheveux diffuse.

    Certaines maladies comportant une sécrétion trop importante d'hormones mâles ou hyper-androgénie, auront le même résultat sur la chevelure. Cela peut être dû à des maladies ovariennes comme l'ovaire « polykystique » ou même, exceptionnellement à certains cancers.

    Des médicaments en cause

    On peut voir également des chutes diffuses d'origine médicamenteuse. Elles peuvent être consécutives à la prise de certaines pilules mal adaptées. Parfois, les traitements par des médicaments à base d'androgènes sont responsables de ce type d'alopécie. C'est également le cas chez des sportives qui utilisent des anabolisants pour développer leur masse musculaire. Certains traitements permettant de soigner l'épilepsie, l'hypertension ou des problèmes de cholestérol peuvent avoir le même effet.

    La teigne

    Causée par un champignon, la contamination peut être inter humaine. Après un contact direct avec une personne atteinte de teigne, la maladie se développe d'autant plus facilement que le cheveu est fragile. Les peignes, brosses, tondeuses familiales et autres instruments en contact avec les cheveux peuvent transmettre la teigne. La tondeuse associe le traumatisme local et la contamination de proximité, elle permet donc au champignon de s'implanter plus facilement.

    Parfois, la contamination provient d'un animal à pelage (le plus souvent le chat, parfois le chien, certains rats de compagnie, lapin nains ou autres animaux plus exotiques comme le chinchilla) lui-même infesté par un champignon. On parle alors de teignes d'origine animale. Même le hérisson peut être contaminateur.

    Les alopécies de traction et les alopécies cosmétiques

    La chaleur peut être un facteur aggravant d'alopécie. Il est ainsi déconseillé d'utiliser un sèche-cheveux très chaud tenu trop près de la tête, ou de faire des permanentes régulièrement sous un casque chauffant. La chaleur peut entraîner une évaporation trop rapide d'eau et la formation de bulles dans les cheveux qui cassent alors facilement. Les colorations, les défrisages ou les tractions importantes sur les racines peuvent également aggraver sur la chute des cheveux.

    Les conseils en cas d'Alopécie

    Simplicité rime parfois avec efficacité

    Certains gestes très simples permettent, sinon d'arrêter la chute des cheveux, au moins de vivre plus confortablement avec sa calvitie ou d'en ralentir la progression.

    Contrairement à ce que l'on croit habituellement, il ne faut pas hésiter à se laver les cheveux dès qu'ils sont un peu sales. Le shampoing donne du gonflant à la chevelure et permet de gagner du volume, ce qui masque les déficits capillaires. Il ne faut pas se priver de ce geste simple, car il n'est pas néfaste pour l'évolution de la calvitie.

    Attention au soleil

    Un des risques associés à la chute des cheveux, ce sont les cancers de la peau du cuir chevelu. Cette zone cutanée n'est plus protégée par la chevelure, et si on n'y prend pas garde, l'exposition solaire peut favoriser certains cancers cutanés. Quand on est chauve, il faut donc se protéger efficacement du rayonnement solaire. On doit utiliser des écrans solaires, en pulvérisateur, par exemple, ou bien utiliser un chapeau ou une casquette.

    Idées reçues

    La calvitie n'est due ni au port du casque, ni à celui de la casquette. Elle n'est pas liée non plus au nombre, ni au type de shampoing. Si on a les cheveux gras ou sales, c'est important de les laver à chaque fois qu'on en a besoin. De la même façon, il n'y a pas de shampoing réellement antichute, même si cela est indiqué sur l'étiquette. Contrairement à ce qu'indique une croyance populaire, il n'est pas utile de se faire couper les cheveux par une nuit de pleine lune, ça ne les fait pas repousser plus drus !

    Les cheveux, ce n'est pas comme le gazon : ça ne sert à rien de les raser à la tondeuse ou au rasoir mécanique dans l'espoir de les faire repousser plus forts. Cette technique n'a pas fait ses preuves.

    Même si c'est plutôt agréable de se faire masser la tête, les massages sont inutiles pour prévenir la chute des cheveux et ne stimulent pas la pousse.

    A l'époque où certaines théories vasculaires ont circulé, des conseils fantaisistes ont pu avoir une certaine audience : il s'agissait de faire le poirier (tête en bas, pieds en l'air) tous les jours pour favoriser les apports sanguins au niveau du cuir chevelu. Là encore, cette position de yoga n'a pas fait ses preuves.

    Une théorie ancienne stipulait que la chute des cheveux était due à une certaine sclérose du cuir chevelu, qui « collait au crâne ». On a pu proposer alors des massages de type « palpé/roulé » de la peau du crâne dans le but de décoller le cuir chevelu et faire repousser les cheveux. Il existe même des machines ou des spécialistes de ces massages particuliers qui n'ont pourtant jamais pu faire la moindre preuve d'un début d'efficacité.

    Toute traction importante sur les cheveux gêne la circulation sanguine au niveau des racines et peut entraîner une alopécie dite de traction. C'est le cas lorsque que l'on fait des nattes très tendues que l'on voit fréquemment dans les coiffures africaines ou antillaises. Cela entraîne une alopécie caractéristique avec des pertes de cheveux sur l'avant ou sur les côtés de la tête. Autre cause de traction : les barrettes ou les élastiques. Il faut éviter de les poser trop serrés et surtout de les mettre toujours au même endroit.

    Les Alopécies féminines diffuses

    Pour améliorer l'aspect des cheveux en attendant que le traitement fasse effet, il faut éviter la coiffure avec la raie au milieu. On peut se coiffer plutôt en arrière que sur les côtés en les retenant avec une pince sur le sommet de la tête (sans tirer sur les racines bien sûr). Il existe des poudres camouflantes que l'on peut saupoudrer sur le cuir chevelu et qui partent au lavage.

    La Teigne

    En cas de teigne, il est important de désinfecter les bonnets et autres couvre-chefs, les brosses à cheveux ainsi que les tondeuses si elles existent. Lors de la mise en route du traitement, il faut que le médecin examine l'ensemble de la famille ainsi que les contacts réguliers (école, travail). Lorsqu'il s'agit d'une teigne transmise par un animal, l'examen des animaux de l'entourage doit être fait par un vétérinaire qui mettra en route un traitement adapté en cas de besoin.

    Les bonnes questions au médecin

    Plus que des questions, il est des renseignements qu'il est utile d'indiquer à son dermatologue pour qu'il puisse adapter au mieux le traitement et faire le diagnostic le plus juste.
    On doit lui décrire aussi précisément que possible le type de shampoing que l'on utilise, la fréquence des lavages de cheveux, des décolorations et des défrisages, le type de produits conditionneurs (avant ou après shampoing) par exemple. La description de son type de coiffure est également importante.

    En cas de teigne, il est très utile de signaler si on a voyagé dans un pays exotique ou si c'est le cas d'un proche, qui pourra avoir rapporté un champignon de ses voyages, souvent en Afrique ou dans les Caraïbes. Cela permettra au dermatologue d'orienter sa recherche, car les champignons ne sont pas les mêmes, selon le continent dont ils proviennent.
    Il est également important d'essayer de se souvenir et de noter la date d'apparition de la première tonsure.

    Quand on présente un pelade, il peut être intéressant de signaler à son médecin s'il y a des circonstances susceptibles de déclencher les poussées, des cas dans la famille ou d'autres maladies auto-immunes.

    Quels examens pour l'Alopécie ?

    Observation optique ou microscopique

    Classification américaine de l'alopécie androgénétiquePour mieux comprendre le mécanisme de la chute des cheveux, il est parfois utile d'en sacrifier quelques-uns pour les examiner attentivement au microscope. C'est le trichogramme, examen clé pour identifier certaines causes d'alopécie.

    L'Alopécie Androgénétique

    Un premier examen simple consiste à comparer l'aspect général de la calvitie à une classification visuelle, dite de Hamilton modifiée par Norwood (voir illustration ci-dessus) . Cela permet de déterminer les formes qui peuvent bénéficier d'un traitement et celles qui sont trop avancées pour qu'un médicament soit efficace.

    Quelques cheveux pour la bonne cause

    En cas de doute sur la réalité d'une alopécie, il est possible de réaliser un trichogramme.

    Il consiste à arracher quelques cheveux dans deux ou trois localisations stratégiques du cuir chevelu. Cela permet d'examiner la racine des cheveux prélevés et d'en mesurer le diamètre, de quantifier l'importance de la chute, d'affirmer le caractère pathologique ou non de cette calvitie et de porter un diagnostic dans les cas difficiles. Il est possible également de prédire si la chute à venir dans les 3 prochains mois sera importante ou non.

    Un trichogramme normal chez l'homme correspond à la formule suivante:

    phase de pousse repos du cheveux phase de chute

    • 85% de cheveux en phase de pousse (anagène)
    • 1% de cheveux en repos (catagène)
    • 14% de cheveux en phase de chute (télogène)

    On mesure ensuite le diamètre des cheveux prélevés. Si les diamètres sont très hétérogènes, avec présence de gros cheveux et de petits cheveux fins (plus de 20 à 30%), le pronostic de la calvitie est mauvais et elle a toutes les chances de s'aggraver.

    Pas de shampoing

    Le trichogramme se pratique sur un cuir chevelu non lavé depuis 3 à 4 jours. On prélève les cheveux à l'aide d'une pince particulière par traction brusque et rapide, dans le sens de la pousse des cheveux et en les attrapant à 1 cm au dessus de l'émergence. Les cheveux ainsi prélevés sont coupés juste en dessous de la marque de la pince. Une fois prélevés, ces cheveux sont fixés sur une lame porte-objet et sont examinés, soit au microscope, soit au lecteur de microfilm.

    Les Alopécies diffuses féminines

    Au moindre doute, un bilan sanguin permet de vérifier l'état de la glande thyroïde, de doser le fer et d'estimer les réserves en fer. Le dosage des hormones masculines est rarement utile, uniquement en présence de signes de virilisation : acné persistante, pilosité excessive, troubles des règles… Le trichogramme, là aussi, permet de poser le diagnostic d'alopécie féminine bénigne et d'en affiner le pronostic. Il permet de rassurer certaines femmes inquiètes d'une chute de cheveux normale et physiologique.

    La Teigne

    Teigne champignonsEn cas de suspicion de teigne, il faut réaliser un prélèvement mycologique (à la recherche de champignons microscopiques). Il s'agit pour le dermatologue de gratter les squames avec une petite curette et de recueillir également quelques cheveux à l'aide d'une pince à épiler. L'examen de ces prélèvements, directement sous le microscope, permet de repérer les éventuels champignons. On met également cheveux et squames dans un milieu de culture pour favoriser la pousse des champignons et les repérer plus facilement lors d'un examen ultérieur sous le microscope. La pousse peut nécessiter 3 semaines. Cette recherche de champignon peut se faire dans un laboratoire de biologie médicale.

    La Pelade

    Le diagnostic est essentiellement clinique. La recherche systématique d'auto anticorps n'est pas utile. En cas de doute, le médecin pourra demander un bilan thyroïdien ou d'autres examens spécifiques.

    L'Alopécie, quels traitements ?

    Un arsenal complet

    Alopécie masculineAfin de traiter efficacement une alopécie, il faut tout d'abord en déterminer la ou les causes et poser un diagnostic. L'arsenal thérapeutique dont dispose ensuite le dermatologue, allant des traitements médicaux aux greffes capilllaires, est suffisamment vaste pour apporter une réponse satisfaisante à la grande majorité des alopécies.

    La calvitie masculine ou l'Alopécie Androgénétique Masculine

    Il existe deux médicaments actifs contre la calvitie ou alopécie androgénétique masculine. Ce sont les dermatologues qui s'occupent spécifiquement des problèmes d'alopécie et qui sont habilités à les prescrire. Ces deux médicaments diffèrent par leurs voies d'administration, leurs avantages et leurs inconvénients.

    A - Le minoxidil

    Le minoxidil est utilisé chez l'homme sous forme de lotion à 5%. On en applique un millilitre matin et soir. Ce traitement, non remboursé par la Sécurité sociale (environ 15 euros par mois), permet des repousses dans un tiers des cas, une stabilisation avec arrêt de la chute dans un tiers de cas. Dans le tiers restant, le traitement n'est pas très actif.

    Un résultat en quelques mois

    Il faut au minimum 3 à 4 mois d'application avant de pouvoir se prononcer sur l'efficacité du traitement. Il est possible d'assiste à une perte de cheveux modérée pendant les 4 à 6 premières semaines de traitement. Ceci correspond à l'élimination des cheveux déjà morts qui sont remplacés par ceux qui repoussent, plus sains et plus épais.

    L'application bi-quotidienne est contraignante et la motivation du patient est primordiale. En fait, il faut utiliser ce traitement tant que l'on est motivé pour garder ses cheveux.

    B – Le finastéride

    Ce traitement est administré sous la forme d'un comprimé dosé à un milligramme de finastéride par jour. Ceci représente un coût d'environ 50 euros par mois qui ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. Dans 80% des cas, le traitement permet un maintien de la chevelure, et, dans 40% des cas, on peut même obtenir une petite repousse des cheveux.

    Juger au troisième mois de traitement

    L'efficacité du finastéride sur la chute des cheveux sera évaluée après 3 mois de traitement et son action sur la repousse à la fin du sixième mois. L'efficacité est maximale au bout d'un an de prise quotidienne. Elle s'interrompt si le traitement est arrêté. Il faut donc le poursuivre aussi longtemps que la calvitie reste un problème.

    Quelques effets indésirables

    Dans 1 à 2% des cas, le désir sexuel peut diminuer et parfois s'accompagner d'une diminution de l'érection. Ces effets secondaires sont réversibles 2 fois sur trois, même si le traitement est poursuivi. Mais une fois sur trois, elles nécessitent l'arrêt du finastéride pour obtenir un retour à la normale dans les 15 jours, ce qui correspond au temps d'élimination du produit. Ce type d'effets secondaires concerne habituellement des sujets de plus de 40 ans.
    Exceptionnellement, peuvent survenir des douleurs de la glande mammaire parfois associées à un gonflement de la poitrine. Les allergies sont très rares.

    Interdit chez la femme

    Ce médicament est interdit chez la femme, car il est à la fois inefficace et responsable d'anomalies de formation du fœtus en cas de grossesse. C'est pour cela, également, que les hommes traités par ce médicament ne doivent pas donner leur sang, qui pourrait alors être transfusé à une femme enceinte.

    Pas pour les sportifs professionnels

    Ce traitement fait partie des produits masquants pour les sportifs qui voudraient se doper aux anabolisants. Il est donc strictement interdit pour les sportifs de haut niveau participant à des compétitions officielles. Il faut savoir que ce produit reste dans le sang pendant 15 jours et qu'il est détectable dans le cadre du dépistage du dopage.

    Quel que soit le traitement médicamenteux choisi, il est conseillé de revoir le dermatologue au bout de trois mois pour faire une première estimation de l'efficacité du traitement. Ensuite, une fois tous les six mois, puis tous les ans suffit.

    C - Les compléments capillaires

    En plus des traitements médicaux, ou en association avec eux, il est possible d'utiliser des compléments capillaires, (perruques complètes, volumateurs ou compléments partiels). Les compléments partiels sont fabriqués sur mesure, ils peuvent être collés sur des zones de crâne chauve, ou fixés à l'aide de petits peignes ou de microclips. Cela permet de donner un aspect tout à fait naturel dans le cadre de calvities étendues.

    D - La chirurgie au service de la calvitie

    Les micro greffes sont à réserver aux calvities stabilisées. Il faudra les éviter chez les patients trop jeunes dont la calvitie est encore évolutive

    Le chirurgien anesthésie une zone horizontale au niveau de la nuque, pour découper une petite bandelette de cuir chevelu horizontale à l'arrière du crâne entre les deux oreilles. L'épaisseur du prélèvement est de quelques millimètres pour être sûr de bien prélever les racines des cheveux. La zone prélevée est recousue avec un surjet ou des agrafes et la bandelette obtenue est ensuite découpée en tout petits fragments qui comprennent de 1 à 5 cheveux.

    Savez-vous planter les cheveux ?

    Ces petits greffons avec cheveux et racines sont insérés dans des fentes qui sont réalisées par le chirurgien au niveau des zones de calvitie. Les cheveux qui sont transférés gardent leur mémoire génétique. Or, à l'arrière du crâne, les cheveux sont programmés pour persister toute la vie. Une fois installés sur le haut de la tête, ils vont vivre leur vie de cheveux : ils poussent, tombent, repoussent, retombent et ainsi de suite. Il est évidemment possible de les couper quand ils poussent. Ce sont des cheveux réellement vivants. Les techniques actuelles permettent d'obtenir un aspect naturel : finis les champs de poireaux disgracieux, que l'on pouvait voir lors des balbutiements de cette chirurgie !

    Savoir attendre

    Il faut éviter de faire des greffes de cheveux trop tôt lors de l'évolution de l'alopécie androgénétique. C'est exceptionnel de le faire avant 25 ans et le chirurgien doit être capable d'estimer jusqu'où doit évoluer la calvitie pour établir un plan de traitement raisonnable. On est souvent obligé de refaire des greffes une dizaine d'années après la première chirurgie pour compléter la calvitie qui s'est étendue. Par ailleurs, il est hautement préférable d'associer un traitement médical à la chirurgie, dans le but de protéger et de maintenir tous les cheveux qui sont autour de ceux qui ont été greffés.

    Les calvities féminines ou Alopécies Androgénétiques féminines

    Le traitement sera très différent selon que la calvitie est isolée ou non. Si la calvitie est associée à des cheveux gras, à de l'acné, à une pilosité trop importante (poils au menton, de la moustache, entre les seins ou autour du nombril), ou encore à des règles irrégulières, cela signifie qu'il existe une sensibilité hormonale excessive. Le traitement repose alors sur un traitement antiandrogène associé à du minoxidil local.

    Combattre les hormones

    Le traitement antiandrogène est basé sur l'utilisation de l'acétate de cyprotérone (Androcur®) en association soit à un œstrogène naturel (en comprimé, gel ou timbre), soit à une pilule (Diane 35® ou génériques, Jasmine® ou Jasminelle®).

    En cas d'alopécie diffuse isolée, le traitement sera constitué de minoxidil à 2% à la dose de 1 millilitre matin et soir. Cette concentration donnant les mêmes résultats que le 5% chez l'homme, sans induire d'hypertrichose excessive.

    Apporter du fer

    En cas de carence en fer, il est utile de compléter l'alimentation avec des aliments riches en fer. On en trouve particulièrement dans la viande, surtout sous forme d'abats comme le cœur, le foie… et aussi dans le jaune d'œuf. S'il est vrai que certains légumes comme les lentilles, les haricots verts, la salade et les épinards sont une bonne source de fer, il faut savoir que l'absorption en est moins importante.

    Evaluer le traitement

    Le traitement est évalué tout d'abord sur les impressions de la patiente qui estime elle-même si elle perd plus ou moins de cheveux qu'avant le traitement. Le dermatologue réalise également le « test à la traction ». Il s'agit d'un examen simple qui consiste à tirer une trentaine de cheveux entre deux doigts. Normalement, seuls un ou deux cheveux doivent se détacher. S'il en vient plus, c'est que la chute est excessive. Ce test est pratiqué généralement en début de traitement puis 3 à 6 mois plus tard.

    La prise de photos standardisées est un autre moyen de surveillance. Les photos sont faites la tête penchée en avant, les cheveux sont séparés par une raie au milieu.

    La teigne

    Dans tous les cas, le traitement de la teigne repose sur l'association d'un traitement local et d'un traitement général.

    Tuer les champignons

    Le traitement général, pris par voie orale, est basé sur un médicament actif contre les champignons, la griséofulvine, à la posologie de 1g par jour chez l'adulte et d'au moins 20 mg par kilo de poids, chez l'enfant, en deux prises, si possible au cours de repas riches en graisses.
    Un traitement de 6 semaines est le plus souvent suffisant. Son action est limitée à une famille de champignons microscopiques appelés dermatophytes. Il est obligatoirement utilisé sous contrôle médical strict, car il ne doit être prescrit ni en cas de grossesse, ni de maladie du foie. Certains anticoagulants ne font pas bon ménage avec ce médicament.

    Couper court

    Le traitement local consiste à supprimer les cheveux atteints. Il suffit de couper court, avec des ciseaux, les cheveux sur la zone atteinte et un peu autour. On applique ensuite, quotidiennement, des lotions antimycosiques pendant les quatre premières semaines du traitement général.

    Un suivi attentif

    Un prélèvement mycologique sera effectué à 2 puis à 6 semaines de traitement afin d'en évaluer l'efficacité.

    Deux cas particuliers

    En cas de kérion qui est une complication inflammatoire de la teigne (voir chapitre comprendre), on associe au traitement médical, une épilation soigneuse de la zone concernée. Si les lésions sont surinfectées, un traitement par un antibiotique adapté pendant une semaine viendra en complément des médicaments contre la teigne.

    La pelade

    Aucun médicament ne fonctionne dans 100% des cas. Un dermocorticoïde puissant sera proposé en première intention, en application locale (lotion, crème, gel) ou parfois en injections locales mensuelles. Si la pelade est récente et d'évolution rapide, il est possible de proposer des perfusions de corticoïdes en milieu hospitalier pendant une durée de 3 jours. Cela permet parfois de bloquer l'évolution de la pelade.

    Abstention thérapeutique

    Compte tenu du taux élevé de repousses spontanées, il est parfois préférable de ne rien faire, en cas de petites plaques par exemple, susceptibles de repousser spontanément. C'est le cas également si le patient n'en fait pas la demande. Le plus souvent il s'agit de plaques corporelles masquées par les vêtements, ou de localisations dans la barbe ou sur les ongles.

    La pelade décalvante totale de l'enfant est extrêmement difficile à traiter, et malheureusement parfois, on est certain que les cheveux ne repousseront plus si la pelade est ancienne avec un cuir chevelu lisse sans orifice de follicule pileux.

    Prothèses capillaires

    Les compléments capillaires, comme les perruques complètes sont remboursées à hauteur de 65% des 100 euros du tarif de la Sécurité sociale (c'est le prix des perruques les plus simples). Pour une perruque de qualité, il faut compter entre 300 et 500 euros. Certaines femmes utilisent également volontiers des faux cils collés.

    Pas de régime efficace

    Certains compléments alimentaires sont proposés en pharmacie. Ils sont réputés favoriser la repousse des cheveux. Ils sont en réalité peu efficaces dans les calvities véritables même s'ils peuvent dans certains cas limiter les chutes de cheveux saisonnières.

    Préférer les shampoings doux

    Les shampoings doux à usage fréquent sont préférable en cas de chute des cheveux. Il n'y a pas de fréquence obligatoire pour se laver les cheveux : 2 à 3 fois par semaine en moyenne, mais il est possible de les laver tous les jours si on le désire.

    Dernière mise à jour : 24-06-2015