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  • Bien utiliser les cosmétiques
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    Résumé

    Si les cosmétiques modernes ont des vraies propriétés bénéfiques pour la peau et les cheveux, ils n'ont pas de fonction thérapeutique validée : ils ne soignent pas et ne guérissent pas les maladies.

    Bien utiliser les cosmétiques

    Les cosmétiques ne sont pas des médicaments.

    Si les cosmétiques modernes ont des vraies propriétés bénéfiques pour la peau et les cheveux, ils n'ont pas de fonction thérapeutique validée : ils ne soignent pas et ne guérissent pas les maladies.

    Les cosmétiques (du grec cosmos = parure) existent depuis la nuit des temps. Dans la haute antiquité, en Egypte ou en Inde, les femmes et les hommes se sont toujours préoccupés des soins de la peau et des cheveux. La définition moderne des cosmétiques en est aujourd'hui précise : « Il s'agit de toute substance que l'on met sur la peau, les ongles, les cheveux dans l'objectif de les mettre en bon état ou de cacher une infirmité ou une odeur. Ils peuvent aussi avoir une fonction sociale, comme pour les déodorants.

    Une cosmétologie moderne

    Une crème à usage cosmétique possède un principe actif ainsi qu'un excipient. Le principe actif est l'élément qui va agir sur la peau, les ongles ou les cheveux (hydrater ou protéger du soleil…). L'excipient, lui, va favoriser la sensation de bien-être ou permettre au principe actif d'agir en le faisant pénétrer dans l'épiderme.

    Dans tous les cas, les principes actifs utilisés dans la cosmétologie ne bénéficient pas d'autorisation de mise sur le marché (AMM) à la différence des médicaments. Leurs effets n'ont souvent pas été comparés à un placebo dans des études cliniques et ils ne font pas toujours l'objet de publications scientifiques reconnues.

    Si certaines publicités laissent croire que du collagène, de l'acide hyaluronique ou d'autres produits de comblement contenus dans les cosmétiques peuvent pénétrer dans la peau et avoir une action thérapeutique, il faut savoir que seules les très petites molécules peuvent pénétrer dans l'épiderme. Les grosses molécules de structure complexe, comme le collagène ou les autres protéines du derme, ne peuvent en aucun cas traverser la couche cornée de l'épiderme et exercer une action thérapeutique.

    En revanche, des molécules beaucoup plus petites, comme la caféine, peuvent pénétrer plus profondément dans le derme. Ainsi, certaines crèmes lipolytiques dites "anti-cellulite" pourraient avoir une action très légère, mais réelle, sur les graisses sous-cutanées puisque la caféine arrive à pénétrer au-delà de la couche superficielle et peut atteindre l'hypoderme où elle peut contribuer à agir sur les lipides qui s'y trouvent.

    Pour certaines crèmes contenant des actifs reconnus, leurs propriétés sont à la limite du cosmétique et de la thérapeutique. Des émollients, par exemple, peuvent ainsi avoir une action anti-inflammatoire locale et offrir un réel effet thérapeutique. Des produits à base de vitamine C ou E pourraient avoir des effets antioxydants qui contribuent à la prévention du vieillissement cutané.

    Hydrater et protéger, des fonctions fondamentales

    Ces 50 dernières années, l'utilisation des savons a été multipliée par 10 dans les pays riches. Si ce progrès a été majeur en termes d'hygiène et de prévention de la transmission des maladies infectieuses, il s'est fait au détriment de l'hydratation cutanée. En effet, au fur et à mesure du vieillissement, la peau a de plus en plus de mal à rester hydratée et à reconstruire son film hydrolipidique après avoir été nettoyée. C'est pourquoi beaucoup de personnes ressentent le besoin d'utiliser des produits d'hydratation cutanée afin de limiter la sécheresse de la peau associée à l'utilisation des savons.

    En ce qui concerne la photoprotection, les crèmes solaires modernes sont un apport important à côté des mesures d'évitement du soleil dans la prévention du vieillissement et des cancers cutanés. Plus efficaces et plus faciles à utiliser du fait des progrès en galénique, elles permettent de proposer à chacun un outil de protection efficace contre les effets des rayons ultraviolets (cf. rubrique "la peau et le soleil").

    Lequel est bon pour moi ?

    Il est difficile de donner des avis généraux sur le choix des produits cosmétiques, car beaucoup d'éléments irrationnels entrent en jeu (luxe, rêve, publicité…). Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'ils doivent être adaptés à la peau de chacun et que certaines peaux ne supportent pas les parfums ou certains composants utilisés en cosmétologie.

    Le prix d'un cosmétique n'est pas forcément un critère de choix, même si un produit plus cher donne une perception à l'acheteur de meilleure qualité et de luxe. C'est bien une part de rêve que l'on achète en payant cher une crème dans une très belle présentation. Il n'est pas certain que la différence de prix soit toujours en rapport avec une différence objective d'efficacité entre un produit d'entrée de gamme et un autre de luxe, clamant des propriétés similaires.

    Si les cosmétiques "bio" sont très à la mode ces derniers mois, ils ne sont pas non plus la garantie d'une meilleure efficacité. Les labels « Bio » ou « Ecocert » assurent qu'au moins 95% des ingrédients sont d'origine naturelle, que ce sont des matières premières agréées et contrôlées par les organismes officiels. Mais les 5% restants peuvent donc être d'origine chimique. Les scientifiques ont moins de recul sur ces produits et une peau sensible peut réagir aux actifs naturels, surtout s'ils sont très concentrés. Dans un premier temps, il vaut mieux choisir des produits sans huiles essentielles et tester le produit sur une petite zone avant de l'appliquer. C'est d'ailleurs un conseil applicable à tous les produits cosmétiques : tester sa tolérance d'abord sur une petite zone non visible avant de l'essayer plus largement.

    Pour les nourrissons et les enfants en général, il est recommandé d'utiliser les produits les plus simples, sans parfum ajouté et sans protéines. Les petits de moins de 2 ans ont une grande surface cutanée plus perméable aux produits appliqués sur leur peau qui peuvent, dans certains cas, entraîner des effets généraux. Ils sont particulièrement sensibles à l'application de produits sur la peau, et il est recommandé d'éviter chez eux l'application de produits à visée non dermatologique et non adaptés à l'enfant.

    Des ingrédients à bien choisir

    Pour éviter les mauvaises surprises, il est recommandé, chez les personnes dont la peau est très réactive ou aux antécédents d'allergie de contact cutané, d'éviter un certain nombre d'ingrédients, à commencer par les parfums qui peuvent être à l'origine d'allergies. Chez ces personnes, la prudence est recommandée concernant les protéines et, en particulier, les produits à base de protéines végétales (son, avoine…) qui peuvent parfois être allergisantes. Il est important aussi d'éviter des produits dans la composition desquels on trouve des détergents comme du sodium lauryl sulfate. Les détergents peuvent altérer la barrière naturelle de la peau et peuvent irriter les cuirs chevelus ou les peaux fragiles, particulièrement chez les patients atteints d'eczéma atopique.

    Une surveillance organisée

    Tous les produits cosmétiques mis sur le marché en France obéissent aux recommandations de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) pour être vendus au grand public. Suivant ses recommandations, les fabricants doivent compléter un dossier dans lequel sont décrits les tests qui ont été réalisés pour ce produit, le nombre de personnes testées, le nombre d'effets indésirables mis en évidence. Une fois le cosmétique mis sur le marché, l'Afssaps exerce une cosmétovigilance en répertoriant tous les effets indésirables qui lui sont rapportés par les professionnels de santé (pharmaciens, médecins, infirmières…).

    Les tests sur les animaux sont de plus en plus rares dans l'industrie des cosmétiques et une directive européenne interdira à partir de 2009 la commercialisation en Europe des produits testés sur les animaux (sauf pour les tests sur la toxicité des doses répétées et la toxicité pour la reproduction, car aucun procédé de substitution n'a été approuvé).

    Que faire en cas d'allergie ?

    Plaques rouges, irruption cutanée, démangeaisons… La peau peut réagir plus ou moins brutalement à un ingrédient cosmétique, principe actif ou excipient, et ces désagréments semblent en augmentation du fait de l'utilisation de plus en plus importante des cosmétiques et de l'apparition permanente de nouvelles molécules.

    En cas d'allergie, il faut passer la peau sous l'eau et la nettoyer avec un savon très doux pour éliminer le produit. Puis l'hydrater pour apaiser. Il faut surtout éviter de réappliquer le produit suspect. Si la réaction ne disparaît pas, il est recommandé de demander conseil à son médecin traitant, habilité à donner un traitement symptomatique et à orienter le patient vers un dermatologue ou un dermato-allergologue, s'il estime que c'est nécessaire. Ceci, afin de réaliser des tests pour connaître le composant exact du produit à l'origine de la réaction et de définir le mécanisme de celle-ci.

    S'il considère que la réaction cutanée est liée à l'utilisation d'un produit, le médecin déclarera cet effet indésirable à l'Afssaps.

    Dernière mise à jour : 24-06-2015