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dermato-info.fr, le site d'information de la société française de dermatologie

  • L'Acné
    Maladie du follicule pilosébacé

    Résumé

    L’acné touche environ 15 millions de personnes en France. C’est la première cause de consultation chez le dermatologue. En effet, les personnes atteintes souffrent beaucoup psychologiquement du fait de l’altération physique provoquée par la maladie.

    C’est une maladie du follicule pilosébacé (poil + glande sébacée). En effet, à la base de chaque poil se trouve une glande sébacée qui secrète du sébum. Or lorsque la glande sébacée est touchée par l’acné, elle est bouchée par un sébum devenu trop épais ou sécrété en trop grosse quantité. La maladie s’étend alors sur le visage, le torse, le dos et les avant-bras essentiellement.

    Il y a plusieurs sortes d’acné :

    • L’acné rétentionnelle caractérisée par une peau brillante, des pores dilatés et la présence de points noirs (comédons) et points blancs (microkystes).
    • L’acné inflammatoire qui correspond à une prolifération microbienne à l’intérieur de ces points noirs et points blancs. A ce stade, des papules et des pustules apparaissent voir même des nodules.
    • L’acné kystique engendrée par des lésions inflammatoires non traitées ou mal traitées qui ont entraîné une modification de la structure même de la peau et souvent des cicatrices.

    Les formes les plus graves étant l’acné conglobata et l’acné fulminans.

    L’acné touche majoritairement les adolescents mais les adultes peuvent également en souffrir. C’est le dos chez les hommes qui est atteint le plus souvent et le bas du visage chez la femme. Ces dernières souffrent en général, d’un excès d’hormones masculines. En effet les hormones sexuelles ont un rôle important dans le développement de l’acné. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi les adolescents sont les plus touchés.

    Afin de soigner son acné, il faut combiner une bonne hygiène de vie (éviter le soleil, le stress et le tabac) à un traitement dermatologique suivi de manière drastique.

    Le traitement sera local (gel ou lotion pour nettoyer la peau + traitement anti-acnéique local + crème hydratante pour compenser les effets desséchants du traitement), combiné (traitement local + antibiotiques ou hormones par voie orale) ou par isotrétinoïne avec un suivi biologique et psychologique indispensables.

    Comprendre l'acné

    Un microbe dans la peau, mais pas seulement

    Maladie du follicule pilosébacé, l'acné touche en France environ 15 millions de personnes : majoritairement des adolescents, mais aussi près de 20% des femmes adultes.

    Acné : la maladie la plus fréquente chez le dermatologue

    L'acné est la maladie à laquelle le dermatologue est le plus fréquemment confronté. L'acné touche environ 80% des adolescents (dont 15% avec une acné sévère) et près de 25% des adultes, en particulier des femmes. Il s'agit d'une maladie dite auto inflammatoire : elle associe des modifications du fonctionnement normal de la peau et une infection par une bactérie, le Propionibacterium acnes.

    Au-delà des boutons, l'acné est un vrai enjeu de santé publique

    L'acné est la maladie de la peau qui a les répercussions psychologiques les plus importantes chez les patients. Pourquoi ? Parce que l'acné modifie l'image corporelle des individus à des moments clés de la vie (l'adolescence, la femme jeune) et parce qu'elle atteint le visage. Elle interfère alors dans la relation avec les autres.

    POUR COMPRENDRE

    L'acné : une maladie du follicule pilo-sébacé

    L'acné est une maladie chronique qui touche les follicules pilo-sébacés, un ensemble constitué du poil et de la glande sébacée dans lequel chaque poil est associé à une glande qui sécrète le sébum, un fluide huileux dont la fonction normale est de protéger la peau et qui s'écoule en permanence là où le poil émerge de l'épiderme.

    Localisation de l'acné sur le corps

    Quand le follicule est touché par l'acné, le canal pilaire (qui permet au sébum de s'écouler le long de la base du poil pour aller recouvrir la peau) est bouché ou encombré par du sébum trop visqueux ou fabriqué en excès et par des cellules mortes de la peau. La maladie touche essentiellement le visage, mais peut aussi toucher le front, le dos, l'arrière du cou, l'avant du thorax et les avant-bras.

    Plusieurs types de lésions pour une même maladie : l'acné

    La maladie acnéique combine différents types de lésions qui sont composées, à des degrés plus ou moins importants, de rétention de sébum, d'inflammation ou d'infection du follicule pilosébacé.

    Les formes rétentionnelles dépendent de la nature de la peau et des hormones. Le passage vers les formes inflammatoires de la maladie est dû à la pullulation d'un microbe, normalement présent dans les glandes de la peau : le propionibacterium acnes.

    L'acné rétentionnelle : une accumulation simple de sébum

    Localisation de l'acné sur le visageLa séborrhée, littéralement l'écoulement de sébum, est souvent la première manifestation de l'acné. La peau du visage est alors brillante et les pores dilatés. Cette sécrétion de sébum a lieu dans les zones où se trouvent les glandes sébacées : essentiellement le visage, mais aussi la face antérieure du thorax et la partie centrale du dos. Cette modification de la texture de la peau concerne au début la partie centrale du visage (le front, la pointe du nez, les joues et le menton). Cet excès de sébum s'accompagne rapidement de très petits points noirs appelés micro-comédons. La présence de graisse ou acides gras libres dans le sébum constitue la nourriture idéale pour certaines bactéries qui vont alors pouvoir se développer dans les follicules pilo-sébacés et préparer, dès ce stade, la phase inflammatoire de l'acné.

    Acné : point noirLe point noir est appelé comédon ouvert (ou "ver de peau") car, lorsqu'on presse un point noir, un mélange de sébum et d'autres cellules qui forment la paroi du canal pilaire, les kératinocytes, en sort sous la forme d'un filament évoquant un ver (cette manœuvre est déconseillée, elle risque d'entraîner une surinfection). La coloration noire est due à l'oxydation des kératinocytes contenus dans le sébum. Le point noir mesure entre 1 et 3 mm de diamètre. Dès ce stade, les conditions sont réunies pour le développement d'une bactérie, habituellement présente dans le follicule, propionibacterium acnes, et le comédon qui n'est pas traité a vocation à évoluer vers la papule ou la pustule.

    Acné : point blancLe microkyste ou point blanc correspond à un follicule pilosébacé dont l'orifice du canal pilaire est recouvert de cellules de l'épiderme (la partie supérieure de la peau) qui l'obturent. L'accumulation de sébum et de kératine qui continuent d'être sécrétés par la glande sébacée entraînent un bombement induré et localisé de la peau centré par une zone pâle, d'où son appellation de point blanc. Là aussi, la prolifération microbienne (propionibacterium acnes) existe et fait le terrain de la phase suivante qui est inflammatoire.

    Acné : les lésions inflammatoires

    La phase inflammatoire commence dès qu'il y a assez de bactéries dans la glande sébacée pour entraîner une réponse de défense de l'organisme et une inflammation du follicule.

    Pustule acnéïqueLes papules sont des élévations de la peau, rouge, fermes et parfois douloureuses qui mesurent de un à quatre millimètres. Elles sont entourées d'une auréole inflammatoire. Elles peuvent apparaître spontanément à ce stade ou se développer sur un comédon préexistant. Elles expriment l'infection de la glande sébacée par un microbe, une bactérie spécifique de l'acné appelée propionibacterium acnes, présente habituellement dans le sébum. A ce stade, l'infection du follicule pilo-sébacée est superficielle mais elle peut évoluer vers le stade de pustule.

    Les pustules surmontent les papules, elles sont franchement inflammatoires contenant un liquide purulent jaunâtre. Il y a plusieurs microbes qui se développent sur le même site. Ce liquide purulent peut s'évacuer ou constituer des nodules en se rompant dans les couches profondes de la peau. Le nodule est le stade évolutif qui suit la pustule, avec progression de l'infection vers le derme et l'hypoderme. L'inflammation reste, elle, superficielle. (voir illustration ci-contre).

    Nodule acnéïqueLes nodules correspondent donc à une atteinte plus profonde de la peau et ont une évolution longue. Ce sont eux qui peuvent laisser des cicatrices et doivent parfois être fois évacués chirurgicalement.

    Acné : des lésions chroniques et des conséquences tardives

    Lorsque les lésions inflammatoires sont importantes et qu'elles persistent longtemps, elles peuvent entraîner des conséquences sur la structure même de la peau. C'est le cas dans certaines formes graves d'acné, mais aussi sur des lésions inflammatoires qui ont été manipulées ou mal soignées.

    Les kystes sont des comédons encapsulés, c'est-à-dire entourés d'une coque fibreuse qui ne permet plus le drainage de la glande sébacée vers l'extérieur. Ils peuvent persister indéfiniment. On trouve ce type de lésions principalement dans le dos et c'est cette forme d'acné, dite acné kystique qui laisse le plus souvent des cicatrices (voir illustration ci-dessus).

    Grêle acnéLes cicatrices sont la plus complication la plus redoutée de l'acné. La maladie touchant le visage, elle, peut y laisser des cicatrices définitives. Elles surviennent dans les formes où l'inflammation est profonde. Elles peuvent prendre l'aspect de « microcratères » ou à l'inverse, de cicatrices en relief qui correspondent à des modifications fibreuses de la peau. Dans les formes évoluées, le visage peut alors prendre un aspect « grêlé ».

    Une complication très rare de l'acné est appelée l'acné conglobata. Il s'agit d'une forme d'acné qui débute à l'adolescence mais qui s'étend progressivement au tronc, aux épaules, aux fesses et aux racines des membres. Parallèlement, des comédons de grande taille apparaissent et deviennent inflammatoires avec la formation de kystes qui peuvent fusionner et entraîner des cicatrices multiples.

    L'acné fulminans est une évolution grave de lésions préexistantes de l'acné qui touche essentiellement les hommes. Une poussée brutale s'accompagne de fièvre et parfois de douleurs dans les articulations, mais l'évolution en est toujours favorable.

    Acné : une maladie qui ne touche pas seulement les adolescents

    Si en termes de fréquence, l'acné concerne avant tout les adolescents, elle touche aussi un nombre croissant de femmes adultes. Chez l'adolescent, l'acné dure en moyenne 3 à 4 ans puis, le plus souvent, disparaît spontanément entre 18 et 20 ans. Chez la femme adulte, l'acné est un motif de plus en plus fréquent de consultation et l'on estime que 20% des femmes de 25 à 40 ans en souffrirait.

    La maladie est différente, les lésions sont souvent en faible nombre et les nodules prédominent, ils évoluent par poussées. La localisation aussi est différente, l'acné touche essentiellement le bas du visage et prédomine au niveau des mandibules. Dans ce cadre, l'acné doit avant tout faire rechercher des signes d'hyperandrogénisme (excès d'hormones masculines), à savoir l'excès de pilosité sur le corps, perte des cheveux, troubles des règles (arrêt ou irrégularité) et prise de poids. Si de tels signes sont présents, le médecin en recherchera la cause à l'aide du dosage d'hormones sexuelles dans le sang et parfois d'une échaographie des ovaires. Mais leur présence demeure rare. Le plus souvent l'acné n'est pas associée à des anomalies hormonales. Il est alors évoqué une hypersensibilité de leur peau aux hormones mâles circulantes. En l'absence d'explication claire par les examens de sang, cette acné de la femme adulte n'a pas d'explication connue à ce jour, même si le rôle des cosmétiques et du stress est évoqué, mais pas encore démontré.

    L'homme adulte n'est pas lui non plus épargné par l'acné mais, dans son cas, c'est le dos qui est le plus souvent atteint. Ceci explique sans doute qu'il y ait moins de plaintes de la part de ces derniers.

    Les causes de l'acné

    Bactérie de l'acnéGénétique, hormones, hygiène… les causes de l'acné sont multiples, mais partagent une constante, l'implication d'un germe, le propionibacterium acnes dont la pullulation est favorisée par la rétention du sébum.


    Acné et génétique

    La génétique joue un rôle dans l'acné. Il existe en effet des formes familiales et si, par exemple, deux parents sont atteints, l'acné de leur enfant sera plus difficile à traiter. Par ailleurs, il existe certaines populations, près du cercle polaire, ou dans des îles isolées d'Amérique du Sud, qui ne sont pas touchées par l'acné sans que l'on sache s'il s'agit d'une protection due à l'hérédité ou si leur mode de vie, particulièrement leur alimentation, ne permet pas à la maladie de se développer.

    Acné : les hormones et l'inflammation

    Ce qui est sûr, c'est que les hormones sexuelles jouent un rôle important dans l'acné. Pour exemple, l'adolescence est la période de la vie où les hormones sexuelles commencent à être sécrétées en quantité, ces hormones provoquent non seulement des changements corporels majeurs, comme l'apparition de la pilosité, des seins, la modification de la voix, mais stimulent également le développement des glandes sébacées et la production de sébum en quantité se traduisant par une hyper séborrhée (ce que l'on appelle la peau grasse).

    Sous la dépendance des androgènes (hormones mâles), cette sécrétion est maximale à l'adolescence et en particulier chez le garçon. Les ovaires et les glandes surrénales des femmes fabriquent aussi ces hormones mâles. Ceci explique que le traitement de l'acné chez les femmes requiert parfois l'emploi d'une contraception ou de médicaments ayant un effet sur les hormones sexuelles masculines.

    Acné : quand le sébum ne s'écoule plus

    Le second mécanisme en cause dans l'acné est l'obturation du canal par lequel s'écoule le sébum. Ce sont les cellules superficielles de la peau, appelées kératinocytes, qui prolifèrent excessivement et ont du mal à s'éliminer pour des raisons qui ne sont pas encore clairement élucidées.

    Les autres lésions sont la conséquence de la stagnation du sébum en milieu confiné. La tension qui s'installe à l'intérieur du follicule pilo-sébacé, la présence de graisses et la fermeture du canal, créent les conditions idéales au développement d'une bactérie présente habituellement, mais en petite quantité, au fond de la glande : le propionibacterium acnes. Cette bactérie est capable de se développer en l'absence d'oxygène, il est dit anaérobie. La bactérie se multiplie, sécrète des substances qui favorisent l'inflammation (rougeur, douleur, chaleur). C'est donc le propionibacterium acnes qui est, en grande partie, responsable de la phase inflammatoire de la maladie. La réaction à la présence de cette quantité anormale de bactéries peut entraîner la rupture du follicule inflammatoire dans la couche profonde de la peau.

    D'ailleurs, la production de sébum est la première étape d'un cercle vicieux qui auto-entretient la maladie : les composants gras du sébum (cire, squalènes, triglycérides) accélèrent directement le processus. Les triglycérides lorsqu'ils sont digérés par p. acnes, libèrent des acides gras libres qui, eux-mêmes favorisent l'inflammation. Les cires et squalènes, pour leur part, sont irritantes et stimulent l'apparition des comédons.

    Acné : de nouvelles pistes pour la recherche

    Le rôle des récepteurs aux androgènes sur les cellules des glandes sébacées est déjà connu et c'est vers d'autres récepteurs que s'orientent les recherches. Ces derniers sont également présents dans la glande sébacée et peuvent aussi stimuler la sécrétion de sébum. La recherche dans cette direction vise à développer de nouvelles molécules capables de bloquer les récepteurs en cause, diminuant ainsi la sécrétion de sébum.

    Une autre piste de recherche concerne l'étude des enzymes qui dégradent les androgènes et le cholestérol à l'intérieur même des cellules de la glande sébacée et de la peau. Le rôle sur la survenue de l'acné de ces deux molécules, proches dans leur structure chimique, est connu. Il est donc probable que si on arrive à influer sur leur fabrication ou leur dégradation, il sera possible de modifier le cours de la maladie.

    Par ailleurs, des équipes qui étudient le microbiome cutané (ensemble des germes qui colonisent ici la peau) ont mis en évidence plusieurs souches de propionibacterium acnes, dont certaines seraient plus pathogènes, ouvrant ainsi la voie à des thérapeutiques qui viseraient à favoriser les souches non pathogènes.

    Acné : le stress pour déclencheur

    L'implication du stress dans la survenue de l'acné semble corroborée par la présence en grand nombre de cellules nerveuses près de la glande sébacée. Ces cellules peuvent produire une substance, dite substance P, libérée sous l'effet du stress qui peut stimuler la production de sébum. Si les recherches permettent d'isoler un principe actif, inconnu à ce jour, capable de bloquer cette substance P, il est probable qu'il sera possible de diminuer la production du sébum et d'atténuer, ce faisant, l'impact de l'acné.

    Acné : des actions indirectes sur le microbe

    Il semble également intéressant d'approfondir les connaissances concernant l'immunité innée (celle dont on a hérité à la naissance). La présence de propionibacterium acnes stimule cette immunité. Les pistes récentes étudient en particulier des molécules chimiques capables de bloquer certains récepteurs présents à la surface des cellules de la peau appelés « toll like récepteurs » et responsables d'une inflammation locale importante lorsqu'ils sont stimulés par le propionibactérium acnes. La découverte d'une molécule capable d'empêcher toute interaction entre le microbe et ses récepteurs serait un nouvel espoir d'atténuer les effets de la maladie.

    Acné : les conseils

    Hygiène de vie, respect de l'ordonnance du médecin, protection solaire : des conseils simples pour vivre au mieux avec son acné. Quand la peau est fragilisée par le traitement, il faut savoir en prendre soin.

    Acné : traitement local et hygiène de vie

    L'acné s'améliore plus vite si on associe au traitement prescrit par son médecin une bonne hygiène de vie. Le tabac et le stress sont à éviter. Il faut également prendre soin de sa peau en utilisant des produits dermo-cosmétiques adaptés aux peaux acnéiques conseillés par le dermatologue.

    Il est aussi très important de suivre la prescription et les conseils du dermatologue. Même si cela semble évident, des études scientifiques ont montré que moins de la moitié des patients souffrant d'acné suivait correctement l'ordonnance de leur médecin ! Alors n'hésitez pas à parler à votre médecin des difficultés que vous pouvez rencontrer dans votre traitement. C'est la personne idéale pour vous aider.

    L'utilisation sur la peau de gommages et de masques est agressive pour la peau de manière générale. Il ne faut donc pas les utiliser pendant toute la durée du traitement, surtout lorsque la peau est particulièrement fragilisée par certains médicaments comme les rétinoïdes.

    Acné : éviter le soleil

    Lorsqu'on souffre d'acné, il est conseillé d'éviter l'exposition au soleil. L'amélioration immédiate qui peut en résulter dans un premier temps ne dure pas. Une période d'épaississement secondaire de la peau va ensuite aggraver les manifestations de l'acné . De plus, cela peut parfois faire pigmenter (brunir) les cicatrices. Enfin, la prise de certains médicaments (ex : cyclines) doit faire éviter le soleil.

    Acné : la nourriture innocentée

    Aucun travail scientifique sérieux ne démontre le rôle de l'alimentation dans le développement de l'acné.

    Existe-t-il un lien entre alimentation et acné ?

    • L'alimentation est souvent invoquée par les patients (chocolat, charcuterie ) comme facteur déclenchant d'une poussée d'acné, malgré l'opinion jusqu'alors contraire des médecins. Cependant, la discussion est de nouveau d'actualité depuis la publication de travaux montrant l'absence d'acné chez des populations « primitives » contrastant avec l'extrême fréquence de l'acné dans les pays dits « développés », plus de 17 millions d'Américains souffrant d'acné et 80 à 90% des adolescents étant atteints à des degrés divers.

    Ce qui semble acquis aujourd'hui concernant les liens acné-alimentation :

    • Les produits laitiers, et en particulier le lait écrémé, consommé en « quantité » aggrave l'acné des garçons et des filles consommateurs (2 à 3 fois/jour) par rapport à ceux qui n'en boivent qu'une fois par semaine. Les hormones contenues dans le lait pourraient être responsables, ainsi que certains composants du lait stimulant l'insuline et l'IGF-1(insuline growth factor) dont l'élévation est corrélée à l'acné.
    • Les aliments à index glycémique élevé semblent aussi favoriser l'acné. Leur absence dans l'alimentation des populations « primitives » pourrait expliquer l'absence d'acné au sein de ces populations. D'autre part, une étude a montré qu'un régime à faible teneur en hydrates de carbone diminuait la sévérité de l'acné, mais le rôle respectif de l'amaigrissement et de l'action de ce régime sur l'IGF-1 n'était pas tranché.
    • Rien n'est démontré actuellement pour le chocolat, les graisses saturées et le sel.

    Au total, l'alimentation joue certainement un rôle dans la survenue et/ou l'aggravation de l'acné. Il semble raisonnable actuellement de lutter contre le surpoids et le grignotage et de mettre en garde les patients contre les excès de lait et de sucres rapides. Par contre aucun régime alimentaire précis ne peut être conseillé.

    Ferdowsian HR, Levin S. Does diet really affect acne? Skin Therapy Lett. 2010 Mar; 15(3):1-2, 5
    Revuz J. Acné et alimentation. Ann Dermatol Vénéréol. 2010 :137 :S60-S61.

    Acné : les bonnes questions à poser à son médecin

    Le traitement d'une acné invalidante s'inscrit dans le temps, et il est important qu'une relation de qualité s'installe entre le malade et son médecin. Cette relation repose souvent sur les questions posées et les explications fournies lors de la consultation. Il est donc important de préparer sa consultation en notant les points qu'on souhaite aborder avec son médecin.

    Mieux le malade connaît sa maladie et ses traitements, plus il pourra être un partenaire actif dans son traitement, et plus celui-ci sera efficace.

    Les examens de l'acné

    Le simple examen cliniqueL'acné est facilement reconnaissable, car elle associe différentes lésions caractéristiques. Elle est diagnostiquée par l'examen clinique. Dans le suivi du traitement, des examens para cliniques peuvent être nécessaires.

    Acné : l'œil du dermatologue

    Le diagnostic d'acné est le plus souvent fait par le médecin sur un simple examen clinique. La présence de comédons (accumulations excessives de sébum) est caractéristique de l'acné et leur absence doit faire douter du diagnostic. Aucun examen complémentaire n'est généralement nécessaire dans l'exploration d'une acné juvénile.

    Chez la femme, un bilan hormonal pourra être demandé pour rechercher une cause éventuelle d'hypersécrétion d'hormones masculines, mais uniquement si des signes cliniques de virilisme sont associés (pilosité importante, perte des cheveux, troubles des règles ou une prise de poids). Le bilan consiste en un dosage sanguin de certaines hormones sexuelles et de leurs dérivés. Parfois, on le complète par une échographie des ovaires pour éliminer une anomalie de la morphologie de ces glandes. Par exemple, la présence de nombreuses poches liquidiennes est caractéristique d'une maladie dite des « ovaires polykystiques ». Ce type d'atteinte ovarienne peut entraîner et donc expliquer une acné tardive de la femme.

    Acné : des examens pour la sécurité du traitement par isotrétinoïne

    Certains traitements utilisés pour traiter l'acné ne peuvent pas être prescrits sans un contrôle rigoureux de paramètres biologiques précis (analyses biologiques, test de grossesse, …). C'est en particulier le cas de l'isotrétinoïne, lorsque le médicament est utilisé par voie orale.

    Avec un traitement à l'isotrétinoïne, le risque de malformation du fœtus est réel. Des examens sont donc nécessaires avant de débuter ces médicaments chez des femmes jeunes en âge d'avoir des enfants :

    • Un test de grossesse obligatoire. Il doit être réalisé dans les 3 jours avant chaque consultation. Il permettra au médecin de prescrire ou de renouveler le traitement par isotrétinoïne. Et ce traitement doit obligatoirement être associé à une contraception par voie orale (pilule contraceptive). Un dernier test de grossesse sera réalisé 5 semaines après la fin du traitement.
    • Une prise de sang (bilan biologique) qui permet de vérifier certains dosages (cholestérol, triglycérides et enzymes du foie, transaminases) doit aussi être réalisée régulièrement en cas de traitement par isotrétinoïne. Les dosages se font quand on commence, puis un mois plus tard, et tous les 3 mois, tout au long du traitement.

    L'isotrétinoïne ne peut pas être prescrite en cas de mauvais fonctionnement du foie (d'insuffisance hépatique). On doit donc doser régulièrement certaines enzymes qui sont caractéristiques d'un problème du foie : les transaminases, désignées par les acronymes SGPT (ou ALAT) et SGOT dans les résultats du bilan biologique.

    Les traitements de l'acné

    Degré de gravité de l'acnéL'acné est une maladie dont le traitement s'inscrit dans la durée : de 6 mois à plusieurs années. Toutes les formes d'acné peuvent être traitées et la motivation du malade à bien suivre son traitement est une composante très importante de leur réussite, d'autant que les résultats sont rarement visibles avant un à deux mois.

    Acné : un traitement sur-mesure, mais avec une adhésion et une observance du patient nécessaire

    Le dermatologue va adapter le traitement au cas par cas en fonction de plusieurs critères :

    • L'âge du patient et l'ancienneté de la maladie
    • La forme de l'acné et sa sévérité : le dermatologue se référera à l’échelle GEA (Global Acné Evaluation), qui décrit la sévérité de l’acné en grade 0 à 5)
    • Son impact psychologique et son retentissement sur la qualité de vie
    • Les traitements pour l'acné que le malade a déjà suivis.

    En fonction de ces éléments, le médecin va pouvoir proposer 3 niveaux de traitement :

    • Soit un traitement local
    • Soit un traitement combiné associant traitement local et traitement par voie générale
    • Soit un traitement par l'isotrétinoïne.

    Des Recommandations de Bonnes Pratiques ont été récemment adressées par l’HAS à l’ensemble des médecins pour optimiser le traitement de l’acné. Elles ne concernent pas les acnés dans le cadre de pathologie hormonale. [PDF}

    Par ailleurs, le dermatologue propose au cours de sa consultation, des soins visant à “purger” la peau, par incision notamment des microkystes et comédons.

    Il a été démontré qu’il est important de maintenir un traitement d’entretien quand l’acné est stabilisée.

    Acné : le traitement local

    Celui-ci va associer une hygiène cutanée (reposant sur une toilette avec un gel ou un pain dermatologique sans savon) et l'application régulière d'un traitement anti-acnéique local. Il s'agit d'un gel, d'une crème ou d'une lotion contenant l'un des 2 principes actifs efficaces dans le traitement de l'acné : le peroxyde de benzoyde, les rétinoïdes locaux. Il existe un 3° principe actif, un antibiotique local dont la place a été revue avec les nouvelles recommandations. En effet son activité a été prouvée d’efficacité minime et il a été constaté la survenue de souches résistantes due à l’utilisation de ces antibiotiques locaux, à risque pour notre écosystème. Il sera donc utiliser de façon exceptionnelle et non prolongée.

    En règle générale, le traitement sera appliqué le soir au coucher et sera suivi le matin de l'application d'une crème hydratante. En effet ces traitements peuvent éventuellement avoir des effets dessechants ou irritants, qui seront compensés par la crème hydratante adaptée (qui sera non comédogène, tout comme la cosmétologie, type crème teintée, fond de teint…). La fréquence d'application du traitement dépendra du principe utilisé, de la forme de l'acné et de la tolérance locale de l'application. A ne pas oublier : l'efficacité d'un traitement local ne pourra pas être jugée avant au moins 2 mois d'un traitement scrupuleusement suivi. Et s'il est efficace, il devra souvent être poursuivi jusqu'à ce que la maladie disparaisse.

    Acné : le traitement combiné

    Il s'agit de l'association d'un traitement par voie locale à un traitement par voie orale utilisant soit le zinc, soit les cyclines associés ou non à une hormonothérapie (pilule efficace sur l'acné) chez la jeune fille ou la femme. Compte tenu des dernières informations sur les risques thrombo-emboliques, le choix de l’oestroprogestatif (pilule) chez une femme acnéique ayant besoin d’une contraception s’est positionné sur une pilule contenant du lévonorgestrel, en première intention et en cas d’échec à 6 mois, du norgestimate.

    Acné : le traitement par isotrétinoïne

    Lorsque l'acné est sévère, on la traite par voie orale avec l'isotrétinoïne, un traitement efficace mais qui demande un suivi médical rigoureux par un dermatologue. Actuellement ce traitement peut être proposé en première intention lors d’acné très sévère (grade 5) et en seconde intention pour une acné sévère (grade 4) mais contrairement aux anciennes recommandations, il ne sera pas nécessaire d’attendre la fin de période de 3 mois d’épreuve par cyclines en cas de risque de cicatrices importantes ou de récidive rapide.

    Acné et femmes enceintes ou allaitantes

    Le CRAT (Centre de Référence des Agents Tératogènes) informe des molécules pouvant être utilisées chez ces femmes.

    Si le traitement est nécessaire, les molécules suivantes peuvent être utilisées :

    • le péroxyde de benzoyle en topique quelque soit le terme
    • le zinc à partir du 2° trimestre, en faisant attention s’il existe un autre complément ”polyvitaminé”
    • l’érythromycine orale en cas de nécessité réelle.

    Les cicatrices

    Leurs prises en charge dépend du type de cicatrice, de la stabilité de l’acné, de la date de fin du traitement par isotrétinoine, de la couleur de peau et sera discutée au cas par cas entre le dermatologue et son patient.

    Dernière mise à jour : 06-07-2017