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    Résumé

    Le psoriasis est lié à une inflammation chronique de la peau. Il survient chez des personnes génétiquement prédisposées, en général à la faveur d'un facteur physique ou psychologique favorisant.

    Qu'est-ce que le Psoriasis ?

    UN RENOUVELLEMENT CUTANÉ ACCÉLÉRÉ

    Le psoriasis est lié à une inflammation chronique de la peau. Il survient chez des personnes génétiquement prédisposées, en général à la faveur d'un facteur physique ou psychologique favorisant.

    Le psoriasis est une maladie fréquente puisqu'elle touche environ 2% de la population française, et ceci à tous les âges de la vie. S'il s'agit la plupart du temps d'une maladie bénigne, le psoriasis peut constituer un handicap difficile à vivre au quotidien et avoir un retentissement psychologique important.

    Le psoriasis est dû à une inflammation chronique de la peau, dont on ne connaît pas pour l'instant l'origine précise. Cette inflammation, attestée par la présence dans la peau de cellules sanguines du système immunitaire, lymphocytes entraîne un emballement de la prolifération des cellules de l'épiderme, les kératinocytes.

    Au lieu de se renouveler en 28 jours, les kératinocytes se renouvellent en 3 jours. Ce renouvellement accéléré de l'épiderme s'accompagne d'une anomalie des cellules qui n'ont pas le temps de bien finaliser leur maturation normale (voir infographie ci-dessus).

    DES FORMES DE SÉVÉRITÉ TRÈS VARIABLE

    Des gènes identifiés

    Le caractère souvent familial du psoriasis (30% des cas) a fait suspecter une prédisposition génétique et plusieurs gènes sont maintenant identifiés. Il n'est pas encore possible de dire aujourd'hui leur niveau exact de responsabilité et il faut probablement la conjonction de plusieurs anomalies génétiques pour exprimer la maladie. La maladie s'exprime donc par l'association d'un terrain génétique particulier et de facteurs environnementaux favorisants.

    Des facteurs favorisants

    Différents facteurs environnementaux peuvent favoriser l'expression du psoriasis chez des sujets génétiquement prédisposés. Parmi les facteurs favorisants connus, on retrouve :

    • Le stress, un choc émotionnel ou un traumatisme affectif ;
    • Certains médicaments comme les béta-bloquants, le lithium, ou certains antihypertenseurs ;
    • Le statut hormonal : certaines femmes ont une recrudescence de leurs lésions au moment des règles ;
    • Le soleil qui peut dans certains cas améliorer le psoriasis , peut dans d'autres cas, au contraire l'aggraver ;
    • Certains facteurs infectieux suspectés par un début de psoriasis chez l'enfant au décours d'un épisode rhinopharyngé par exemple, notamment au décours d'angines à streptocoques pour le psoriasis en gouttes.

    Si l'alcool et le tabac ne sont pas des facteurs favorisants à proprement parler, ils apparaissent par contre, comme étant nettement des facteurs aggravants et des facteurs de mauvaise réponse aux traitements.

    Le psoriasis peut prendre de très nombreuses formes. Certains patients ne souffrant que de lésions discrètes disparaissant spontanément, d'autres présentant des formes très étendues et handicapantes ; il peut aussi être associé à d'autres maladies. La plupart des psoriasis ont une évolution bénigne mais 20% des cas sont considérés comme des formes modérées à sévères.

    On ne sait pas aujourd'hui pourquoi certains malades vont présenter une forme minime et d'autres une forme très sévère.

    Les différentes formes de psoriasis

    Les formes classique

    Le psoriasis en plaque

    La lésion typique est une plaque érythémato-squameuse, c'est-à-dire une plaque rouge, bien limitée, arrondie ou ovalaire, recouverte de morceaux de peau blanchâtre qui se détachent (voir photo ci-dessus) . La partie de peau qui se détache (squame) peut être très épaisse. Lorsqu'on gratte ou que l'on décape par des traitements cette partie superficielle, ne subsiste qu'une rougeur de la peau.

    La taille des lésions est variable allant de simples lésions arrondies de petites taille psoriasis en gouttes à de véritables plaques étendues psoriasis en plaques. Le nombre de ces lésions est également variable. Elles sont habituellement nombreuses dans le psoriasis en gouttes, alors que dans le psoriasis en plaques, il peut y avoir une plaque isolée ou au contraire de multiples lésions.

    Les zones les plus fréquemment atteintes sont les zones exposées aux frottements : coudes et bord externe de l'avant-bras, genoux, région lombo-sacrée (bas du dos), cuir chevelu et ongles.

    Le psoriasis du cuir chevelu

    Le cuir chevelu peut être la seule localisation du psoriasis chez certaines personnes. A l'image de ce que l'on observe sur la peau, les lésions peuvent être bien délimitées, arrondies ou ovalaires, couvertes de petits lambeaux de peau qui desquament (pèlent) ou au contraire, recouvrir la totalité du cuir chevelu et former une véritable carapace : on parle alors de casque séborrhéique. Il n'y a pas de chute de cheveux.

    Le psoriasis des ongles ou psoriasis unguéal

    Les ongles, qui sont parfois touchés au cours d'un psoriasis commun, peuvent n'être que la seule localisation de la maladie chez certaines personnes. Ils peuvent présenter de légères déformations punctiformes à l'image d'un « dé à coudre » ou se décoller du doigt. Sous l'ongle qui peut perdre de sa transparence, la peau peut être très épaissie (hyperkératose sous-unguéale).

    Les formes plus rares

    Le psoriasis inversé ou psoriasis des plis

    Dans cette forme de psoriasis, la localisation des lésions est inversée : ce ne sont pas les zones de frottement qui sont atteintes, mais les plis comme le pli inter-fessier, les plis inguinaux, les creux axillaires (sous les bras), les plis sous-mammaires (sous le sein) ainsi que l'ombilic. Les lésions sont ici plus inflammatoires que squameuses.

    Le psoriasis des muqueuses

    Le psoriasis peut toucher les muqueuses. Les régions génitales peuvent être le siège de plaques rouges indolores ne desquamant pas.

    Le psoriasis palmo-plantaire

    La localisation des lésions au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds n'est pas habituelle dans le psoriasis commun. Il s'agit donc d'une forme particulière de psoriasis avec une peau en général très épaissie et fissuraire : on parle alors de kératodermie.

    Le psoriasis du visage

    Il s'agit d'une localisation heureusement rare du psoriasis.

    Les formes graves

    Les formes sévères peuvent être liées à la grande étendue des lésions, lorsqu'elles constituent un handicap pour la vie quotidienne, ou du fait d'une spécificité clinique (psoriasis érythrodermique, psoriasis pustuleux, rhumatisme psoriasique ou psoriasis arthropathique, psoriasis au cours de l'infection par le VIH).

    Elles sont souvent associées à d'autres maladies comme le diabète dit de type 2 (ou non dépendant de l'insuline), l'obésité ainsi qu'une élévation des graisses dans le sang (les lipides sanguins), en particulier le cholestérol et les triglycérides. Un état dépressif ou une dépression survient en outre dans 30 à 40% des psoriasis sévères.

    Le psoriasis érythrodermique

    Il s'agit d'un psoriasis généralisé atteignant plus de 90% de la peau. Il existe une desquamation abondante et la peau peut être mise à nu, donc être toute rouge (érythrodermie) en raison des traitements. Il s'agit d'une forme grave de psoriasis car elle peut se compliquer de surinfections, de dérèglement de la température corporelle et d'anomalies de l'équilibre ionique (anomalies hydro-électrolytiques). Une hospitalisation est nécessaire.

    Le psoriasis pustuleux

    Cette forme très particulière et heureusement rare de psoriasis se caractérise par des pustules jaunâtres localisées au niveau de la paume des mains ou de la plante des pieds ou généralisées à l'ensemble du corps. Il survient soit d'emblée, soit sur un psoriasis déjà connu. Dans les formes localisées aux mains et aux pieds, il existe un handicap fonctionnel souvent important, avec des difficultés à la marche et aux travaux manuels. Dans les formes généralisées, l'état général est altéré avec de la fièvre et souvent des atteintes articulaires. L'évolution est parfois grave, pouvant menacer le pronostic vital.

    Le rhumatisme psoriasique ou psoriasis arthropathique

    Dans 20% des cas de psoriasis, il existe une atteinte articulaire douloureuse. Celle-ci peut être isolée (monoarthrite), ne concerner que quelques articulations (oligoarthrite) ou au contraire, beaucoup d'articulations (polyarthrite). Il touche en particulier les articulations inter-phalangiennes distales. La colonne vertébrale peut également être atteinte, de même que les articulations sacro-iliaques.

    Le psoriasis au cours de l'infection par le VIH

    Le psoriasis au cours de l'infection par le VIH est souvent plus grave et réfractaire aux traitements conventionnels.

    Le psoriasis de l'enfant

    L'enfant peut être touché assez précocement, au cours de ses premières années de vie. On peut voir des psoriasis en gouttes au décours d'une angine à streptocoques. Les psoriasis en plaques ne sont pas exceptionnels.

    Les causes du Psoriasis

    UN RENOUVELLEMENT CUTANÉ ACCÉLÉRÉ

    Prédisposition familialeLe malade souffrant de psoriasis présente un terrain génétique particulier sur lequel des circonstances favorisantes vont déclencher des poussées de la maladie.

    Le psoriasis est dû à une inflammation chronique de la peau dont on ne connaît pas, pour l'instant l'origine, mais dont on sait qu'elle provoque un renouvellement accéléré de l'épiderme.

    Une maladie à prédisposition familiale

    Le psoriasis est une maladie chronique dont le caractère souvent familial du psoriasis (30% des cas) a fait suspecter une prédisposition génétique. Plusieurs gènes sont maintenant identifiés sans qu'il ne soit encore possible de dire aujourd'hui leur niveau exact de responsabilité. Il faut probablement la conjonction de plusieurs anomalies génétiques pour exprimer la maladie. La maladie s'exprime donc par l'association d'un terrain génétique particulier et de facteurs environnementaux favorisants.

    Des facteurs favorisants

    Différents facteurs environnementaux peuvent favoriser l'expression du psoriasis chez des sujets génétiquement prédisposés. Parmi ces facteurs, on retrouve :

    • Le stress, un choc émotionnel ou un traumatisme affectif ;
    • Certains médicaments comme les béta-bloquants, le lithium, ou certains antihypertenseurs ;
    • Le statut hormonal : certaines femmes ont une recrudescence de leurs lésions au moment des règles ;
    • Le soleil qui peut, dans certains cas ; améliorer le psoriasis, dans d'autres cas, au contraire l'aggraver ;
    • Certains facteurs infectieux suspectés par un début de psoriasis chez l'enfant au décours d'un épisode rhinopharyngé par exemple, en particulier les angines à streptocoques pour les psoriasis en gouttes.

    L'alcool et le tabac apparaissent comme des facteurs aggravants et des facteurs de mauvaise réponse aux traitements.

    Une maladie imprévisible

    L'évolution de la maladie est imprévisible. On peut présenter une poussée isolée de psoriasis et ne plus jamais en entendre parler ou ne présenter de nouvelles lésions que plusieurs années après. La plupart du temps, les symptômes réapparaissent à l'occasion d'un stress, d'un changement de vie, d'une période de fatigue ou d'une maladie associée.

    Dossier réalisé d'après des entretiens avec des dermatologues référents de la Société Française de Dermatologie par le Dr Dominique Triviaux, médecin-journaliste.

    Conseils en cas de Psoriasis

    APPRENDRE À VIVRE AVEC UN PSORIASIS

    SFDUn dialogue dans la durée avec son médecin, une identification des facteurs favorisants et aggravants, une bonne connaissance de la maladie, un contact avec d'autres personnes atteintes de la même affection cutanée font partie des meilleures armes pour apprendre à vivre avec un psoriasis.

    Un dialogue dans la durée

    Le psoriasis est une maladie chronique qui peut avoir des répercussions importantes sur la vie quotidienne. Certains de ces traitements sont vécus comme insuffisamment ou pas assez rapidement efficaces, d'autres sont vécus comme trop contraignants. Ils peuvent engendrer des frustrations dont il est important de parler avec son médecin.

    Le traitement du psoriasis s'inscrit dans la durée et il est très important de définir avec son médecin des objectifs de traitement commun, de parler un langage commun. Le psoriasis ne guérira pas en une seule consultation, il est donc important de créer une relation de confiance avec son médecin en lui exprimant clairement ce qu'on attend de son traitement, quelles lésions sont gênantes, lesquelles ne le sont pas, quels sont les problèmes rencontrés dans l'utilisation quotidienne des traitements…

    C'est au travers de ce dialogue que ce construira un « contrat thérapeutique » visant à définir un langage commun (quels objectifs, en combien de temps ?) et les différentes étapes possibles de suivi et de traitement.

    Il est par exemple important de parler des localisations génitales avec son médecin. Beaucoup de patients hésitent à en parler alors que des traitements locaux efficaces existent.

    Identifier les facteurs déclenchants et aggravants

    Ce dialogue permettra aussi de mieux identifier les facteurs favorisants propres à chacun (médicaments, frottements sur des zones à risque, stress…). En fonction de cette identification, on pourra les éviter, autant que faire se peut ou se faire aider à mieux gérer son stress, par exemple.

    La consommation excessive d'alcool et le tabagisme sont clairement des facteurs d'aggravation de la maladie. Il va donc sans dire qu'il est préférable d'en parler avec son médecin pour se faire aider sur ces deux points importants.

    Bien connaître ses médicaments

    Un traitement bien compris est un traitement bien pris. Il va donc falloir comprendre comment fonctionnent les médicaments prescrits et comment les utiliser au mieux en pratique sans hésiter à poser les questions nécessaires à son médecin.

    Certains des médicaments utilisés pour traiter le psoriasis peuvent avoir des effets secondaires généraux qui sont évités si le traitement fait l'objet du suivi approprié (prises de sang régulières par exemple). Il faut donc bien connaître le calendrier prévu des contrôles nécessaires.

    Par exemple, les traitements par rétinoïdes sont responsables de malformations fœtales graves et sont donc contre-indiqués chez la femme jeune sans une contraception efficace. Celui-ci doit être poursuivie jusqu'à 2 ans après l'arrêt des traitements.

    Une altération de la qualité de vie trop souvent sous-estimée

    L'altération de la qualité de vie des sujets souffrant de psoriasis est réelle et trop souvent sous-estimée par l'entourage et le corps médical. Plusieurs études ont en effet montré que l'altération de la qualité de vie au cours d'un psoriasis se rapprochait de celle observée au cours des cancers ou des infarctus. Il est donc très important de pouvoir en parler avec son médecin et ses proches.

    User du maquillage

    Loin d'être contre-indiqué, le maquillage, lorsqu'il est réalisé avec des produits de bonne qualité, est tout à fait recommandé.

    Le psoriasis n'est pas une maladie honteuse

    Les personnes souffrant de psoriasis sont souvent mal vues par les autres. Il ne s'agit pas d'une maladie ni contagieuse, ni honteuse. Elle survient sur un terrain prédestiné, génétiquement déterminé, et il est parfois plus simple de dire dans son environnement social que l'on souffre de psoriasis que de ne rien dire et de laisser le non-dit de l'imaginaire collectif.

    L'APLCP (Association pour la lutte contre le psoriasis).

    Le contact avec une association de patients peut être une véritable aide. La rencontre avec d'autres personnes atteintes de la même affection est en général source de réconfort et d'échanges fructueux. Dans le domaine du psoriasis, l'association pour la lutte contre le psoriasis peut être d'une grande aide au quotidien.

    Examens et Psoriasis

    UN DIAGNOSTIC CLINIQUE

    Un diagnostic cliniqueDans la grande majorité des cas, le psoriasis est diagnostiqué sur le simple aspect des lésions par un médecin expérimenté. La biopsie cutanée peut être utile dans les cas difficiles. Dans les formes sévères, il faut rechercher d'éventuelles pathologies associées.

    Le diagnostic de psoriasis est avant tout clinique, c'est-à-dire qu'il repose sur l'expérience du médecin qui examine les lésions. Dans les cas difficiles où les lésions cutanées sont atypiques, une biopsie cutanée peut être nécessaire. Réalisée au niveau des lésions érythémato-squameuses (plaques rouges recouvertes de peau blanchâtre qui pèlent), elle met en évidence un épaississement de l'épiderme avec des anomalies des cellules (kératinocytes), en particulier la persistance de leur noyau (parakératose) ainsi que la présence de cellules de l'inflammation (lymphocytes) au niveau de l'épiderme et du derme.

    Rechercher des pathologies associées

    Compte-tenu de la fréquence des maladies générales associées aux formes sévères de psoriasis, il peut être justifié de rechercher l'existence d'un diabète de type 2, dit non insulino-dépendant ou d'anomalies du bilan lipidique (graisses dans le sang), en particulier chez les patients obèses. Une prise de sang réalisée le matin à jeun est alors nécessaire afin de mettre en évidence d'éventuelles anomalies des taux de sucre (glycémie) ou de graisses (lipides) dans le sang, ou encore une anomalie du bilan hépatique.

    Traitement du Psoriasis

    DES TRAITEMENTS À GÉRER DANS LA DURÉE

    Le psoriasis est une maladie chronique pour laquelle, s'il n'existe pas de traitement permettant une guérison définitive, il existe de nombreuses options thérapeutiques efficaces sur les poussées. En fonction des formes et de l'évolution de la maladie, le médecin va utiliser ces différentes options dans le cadre d'une stratégie individualisée et partagée avec le malade.

    La prise en charge thérapeutique repose sur l'utilisation de traitements locaux dans les formes peu graves et peu invalidantes, pouvant être associés aux traitements généraux réservés aux formes plus sévères. Des phases de traitement d'attaque vont pouvoir alterner avec des phases d'entretien au cours desquelles le traitement est allégé.

    La prise en charge thérapeutique du psoriasis dépend de sa gravité, de sa localisation, de la surface touché et de son retentissement sur la qualité de vie évaluée par des échelles spécifiques.

    La sévérité d'un psoriasis est évaluée selon la surface corporelle atteinte (score de PASI Evaluation de l'efficacité des traitements) et/ou selon son retentissement sur la vie quotidienne(échelle de qualité de vie).

    Les traitements locaux

    Les traitements locaux sont utilisés seul dans les formes localisées et en association aux autres traitements dans les formes étendues. Ils sont représentés par les dermocorticoïdes et les analogues de la vitamine D3.

    • Les dermocorticoïdes. L'utilisation de corticoïdes par voie locale permet de lutter contre l'inflammation de la peau psoriasique. On utilise des pommades et des crèmes à base de corticoïdes dits forts sur les zones très épaisses et des corticoïdes d'indice plus faible sur le visage. Les pommades sont surtout utilisées sur les lésions sèches, les crèmes sont réservées aux plis et aux muqueuses, et les lotions au cuir chevelu. Ils sont en général utilisé en une application quotidienne et leur durée d'utilisation est limitée dans le temps.
      Les dermocorticoïdes peuvent également être administrés dans les psoriasis en plaques si ces dernières sont très limitées en surface et en nombre. Un nouveau shampoing contenant un dermocorticoïde fort est aussi maintenant disponible.
    • Les analogues de la vitamine D3. Ils agissent sur la multiplication et la maturation des kératinocytes. Dans les formes communes de psoriasis en plaques, l'application locale sur les lésions d'une pommade à base d'analogues de la vitamine D, est le traitement de premier choix. Calcipotriol et calcitriol sont appliqués deux fois par jour et le tacalcitol une fois par jour.
    • L'association analogues de la vitamine D3 (calcipotriol) – dermocorticoïdes. Il s'agit d'une association très efficace utilisée en une application quotidienne pendant le premier mois, puis sous la forme d'un traitement d'entretien à raison d'une application le week-end chaque semaine et ceci afin d'éviter les récidives.
    • Les autres traitements topiques.
    • Bains et produits hydratants. Les bains à base d'amidon de blé ou d'huile et les produits hydratants ont pour propriété de décaper les lésions, de calmer l'inflammation, d'assouplir et d'adoucir la peau et de calmer les démangeaisons.
    • Acide salicylique. L'acide salicylique est doté d'un effet kératolytique, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une substance capable de dissoudre la couche superficielle (ou cornée) de l'épiderme. Il est utilisé associé à un excipient gras (vaseline) pour décaper les lésions très squameuses, préalablement à l'application de tout autre traitement local ; sa concentration doit être limitée à 10%.
    • Tazarotène. Il s'agit d'un rétinoïde topique, c'est-à-dire d'application locale, qui peut être irritant ; il est contre-indiqué en cas de grossesse. Il est utilisé pour des psoriasis très localisés.

    LES TRAITEMENTS

    La photothérapie

    La photothérapie corporelle totale est utilisée dans des formes étendues (> 30% de la surface corporelle) et la photothérapie locale peut-être utilisée quand l'atteinte du psoriasis se limite aux mains et/ou aux pieds.

    Il en existe deux types, la puvathérapie et la photothérapie par UV B.

    La puvathérapie : elle consiste en une exposition du sujet aux UVA en cabine. Il est nécessaire de prendre deux heures avant la séance, un psoralène qui va augmenter l'efficacité du traitement (agent photosensibilisant soit en comprimé soit par voie locale). Le port de lunettes noires protectrices est indispensable pendant la séance et durant les 8 heures qui suivent. Il ne faut s'exposer au soleil après l'absorption du psoralène.

    La durée des séances est adaptée au type de peau. En règle générale, un traitement d'attaque est réalisé sur une période de 2 mois à raison de 3 séances par semaine. Il permet de « blanchir » les lésions, c'est-à-dire de les faire disparaître.

    La photothérapie par UVB : elle fait appel aux rayons ultra-violets plus proches de ceux du soleil. Aucune prise médicamenteuse préalable n'est nécessaire. L'efficacité est comparable à celle de la puvathérapie. Il faut également généralement un traitement d'attaque de 2 mois à raison de 3 séances par semaine. (accéder au chapitre et à la vidéo sur la photothérapie)

    Les traitements photothérapiques sont efficaces et souvent envisagés en première intention. En revanche, leur utilisation est limitée dans le temps du fait de l'augmentation du risque de cancers cutanés que font courir un trop grand nombre de séances.

    Les traitements généraux par voie orale

    Ils sont réservés à des formes sévères que ce soit par la surface cutanée atteinte et/ou le retentissement sur la vie quotidienne.

    Il existe quatre familles de médicaments :

    • Les rétinoïdes (dérivés de synthèse de la vitamine A : acitrétine). Ils sont administrés par voie orale à raison d'une prise quotidienne. Ils sont formellement contre-indiqués chez la femme jeune sans contraception efficace en raison de risques de malformations graves chez le fœtus. La contraception doit en outre être poursuivie deux ans après l'arrêt du traitement par rétinoïdes.
    • Le méthotrexate. Il s'agit d'un médicament antiprolifératif, c'est-à-dire qu'il empêche la multiplication des cellules. Il est utilisé dans le traitement de certains cancers, (notamment les lymphomes), de certains rhumatismes chroniques (notamment la polyarthrite rhumatoïde) et est également proposé dans le traitement du psoriasis. Il se prend une fois par semaine soit sous forme de comprimés, soit sous forme d'injections intramusculaires (dans la fesse) ou sous cutanée. Il s'agit d'un traitement au long cours que l'on adaptera en fonction de la réponse thérapeutique. Une surveillance régulière des enzymes du foie et des globules blancs pars prise de sang est nécessaire. Une radiographie pulmonaire est également préconisée avant la mise en route du traitement et éventuellement renouvelée en cas d'apparition de symptômes à type d'essoufflement.
    • La ciclosporine. C'est un médicament immunosuppresseur utilisé au cours des greffes afin d'éviter le phénomène de rejet de la greffe. Il a aussi fait preuve de son efficacité dans le psoriasis. C'est un médicament qui se prend tous les jours par voie orale, mais dont l'administration ne peut s'envisager au-delà d'un an ou deux au maximum, en raison des risques d'atteinte rénale. Sa prescription nécessite la surveillance de la pression artérielle et de la fonction rénale par une prise de sang (créatininémie) une fois par mois.
    • Les biothérapies. Cette nouvelle famille de médicaments intervient sur des étapes très spécifiques de l'inflammation. L'utilisation des biothérapies dans le psoriasis est réservée aux formes sévères n'ayant pas répondu ou ayant une contre indication à au moins deux autres traitements préalables dont la photothérapie, le méthotrexate et la ciclosporine. Il s'agit de traitements nouveaux et onéreux qui nécessitent la réalisation d'un certains nombres d'examens avant leur mise en route, en particulier une radiographie des poumons et une intradermo-réaction à la tuberculine pour éliminer l'existence d'une tuberculose latente, ainsi qu'une prise de sang afin d'éliminer une insuffisance rénale, une insuffisance hépatique (mauvais fonctionnement du foie), une hépatite ou une infection virale en cours.

    Des biothérapies peuvent êtres utilisés dans le traitement des psoriasis sévères :

    • Les anti-TNF α : l'infliximab qui s'administre sous forme de perfusions réalisées en milieu hospitalier, l'étanercept administré par voie sous cutanée une à deux fois par semaine pendant 6 mois et l'adalimumab administré par voie sous-cutanée toutes les deux semaines.
    • L'ustékinumab, anti-IL12/IL23 est une nouvelle biothérapie. C'est aussi un traitement injectable, efficace à raison de 4 injections sous-cutanées par an.

    L'évaluation de l'efficacité des traitements

    L'efficacité des traitements s'évalue à l'aide du score dit de PASI (pour Psoriasis Area and Severity Index) qui combine à la fois l'extension des lésions, c'est-à-dire la surface de peau atteinte ainsi que l'épaisseur, la rougeur et la desquamation de la peau. Ce score va de 0 à 72 et l'on considère que le psoriasis est sévère dès lors qu'il est supérieur à 12. En pratique courante, on utilise davantage le score PGA (Physicians Global Assessment) ou le BSA (Body Surface Assissement) qui tient compte de l'état global du patient.

    On parle d'échappement lorsque les lésions réapparaissent sous traitement et de rechute lorsque les lésions réapparaissent après avoir totalement disparu ; le rebond est le terme pour désigner la réapparation de lésions plus graves que ce qu'elles étaient avant le traitement.

    Prendre en charge d'éventuelles pathologies associées

    Les formes sévères de psoriasis pouvant être associées à d'autres pathologies comme le diabète, l'obésité ou une anomalie des lipides sanguins, il est alors nécessaire de prendre en charge de façon appropriée ces pathologies, en tenant compte des éventuelles interactions médicamenteuses avec les traitements du psoriasis.

    Un suivi régulier, tous les 3 mois au début

    Il est recommandé de voir son médecin régulièrement, tous les 3 mois au début de traitement afin de s'assurer de l'efficacité et de la bonne tolérance de ce dernier. Si le traitement au long cours est efficace et bien toléré, un suivi tous les 6 mois est envisageable. Ce rendez-vous régulier avec le médecin est l'occasion de faire le point sur la maladie et ses conséquences physiques, morales ou professionnelles éventuelles. Il permet de définir des objectifs conjoints d'évaluation de l'efficacité du traitement.

    Les traitements alternatifs

    Un soutien psychothérapique, ainsi que la pratique de cures thermales peuvent être utiles.

    La qualité de la relation médecin-patient

    Comme dans toute maladie chronique, il est indispensable que se noue une relation de confiance entre le médecin et son patient. Le traitement du psoriasis s'inscrit dans la durée et peut être à certains moments décourageants ; la consultation, l'écoute et le dialogue permettent souvent de trouver ces solutions concrètes pour en venir à bout.

    Dernière mise à jour : 01-10-2014